Décryptage : l'Inde et le Triangle de Weimar réunis à Paris
- cirmafrance
- 8 janv.
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La réunion élargie du Triangle de Weimar et de l'Inde à Paris s’inscrit dans une séquence diplomatique autour de la guerre en Ukraine, juste après une réunion de la coalition des volontaires. En associant à leurs échanges le ministre indien des Affaires extérieures, Subrahmanyam Jaishankar, les chefs de la diplomatie polonaise, française et allemande signalent leur volonté d’élargir le cadre européen classique à des partenaires extra-européens, capables d’influer sur les équilibres internationaux.

Sur le fond, les discussions ont confirmé la centralité du dossier ukrainien. Les ministres Radosław Sikorski, Jean-Noël Barrot et Johann Wadephul ont insisté sur la nécessité pour l’Europe de rester pleinement engagée dans l’élaboration de solutions de paix, en coordination étroite avec l’administration américaine. Mais le message est clair, surtout après l'épisode vénézuélien : toute issue diplomatique doit s’inscrire dans le respect du droit international et ne peut être dissociée d’un rapport de force maintenu face à Moscou.
Sur le terrain des sanctions, le ton reste ferme. Chaque ministre estime que les attaques répétées contre les populations civiles ukrainiennes justifient une nouvelle série de mesures restrictives, ciblant en priorité les secteurs de l’énergie et de la finance. La lutte contre la flotte russe, en particulier les navires impliqués dans le contournement des sanctions, est présentée comme une priorité stratégique pour tarir les capacités économiques et logistiques de Moscou. L’implication de l’Inde constitue toutefois le point le plus stratégique de cette réunion. En abordant la perspective d’un renforcement du partenariat Union européenne–Inde dans les domaines de la sécurité et de la défense, les Européens cherchent à rapprocher New Delhi de leurs positions sur l’Ukraine. La question sensible des importations indiennes de pétrole russe est explicitement mise sur la table, avec l’objectif de réduire les ressources financières permettant à la Russie de poursuivre sa guerre.
Enfin, les échanges ont également porté sur le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Inde. Au-delà de la dimension commerciale, cet ALE est présenté comme un levier politique : renforcer l’interdépendance économique afin de consolider un partenariat stratégique durable. Le rappel par Varsovie que l’Union européenne demeure le premier partenaire commercial de l’Inde vise à souligner le poids réel de Bruxelles face à Moscou et Pékin.




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