Décryptage : le G7 d'Evian déjà sous pressions américaines
- cirmafrance
- 8 janv.
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L’appel téléphonique entre le secrétaire d’État américain Marco Rubio et les ministres des Affaires étrangères du G7 s’inscrit dans une logique de coordination politique classique entre grandes puissances occidentales. Les échanges ont porté sur des dossiers sécuritaires et géopolitiques immédiats : opérations antidrogue menées par les États-Unis dans les Caraïbes, situation au Venezuela avec la question de Nicolás Maduro et d’une transition du pouvoir, ainsi que le soutien aux négociations visant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Ce cadre illustre le rôle du G7 comme espace de concertation rapide entre alliés partageant des intérêts et des positions largement convergentes.

Club restreint de puissances industrialisées, il demeure centré sur le monde occidental et peine à incarner une gouvernance véritablement représentative dans un système international devenu multipolaire. S’il conserve une forte valeur politique et symbolique, sa capacité à traiter seul des crises systémiques globales apparaît de plus en plus contrainte, notamment face au poids croissant des économies émergentes. Pour autant, cet échange met aussi en lumière les limites structurelles du G7, sous la présidence de la France. N'oublions pas que les Etats-Unis, den décembre dernier, ont amorcé une vague de désinformation et d'ingérence, notamment dans l'Hexagone.
C’est dans ce contexte que le G20 prend une importance stratégique accrue, puisque les américains en ont la présidence cette année. Regroupant des États qui représentent environ 85 % de la production économique mondiale et près des deux tiers de la population de la planète, le G20 dispose d’une assise économique et démographique sans équivalent. La présidence américaine du G20 en 2026 renforce la position de Washington comme un acteur centrale pour peser sur l’agenda mondial, tout en dialoguant directement avec les grandes puissances émergentes comme la Chine, l’Inde ou le Brésil. Contrairement au G7, le G20 permet aux États-Unis de projeter leur leadership dans un cadre plus inclusif, mieux adapté aux rapports de force contemporains... Sans oublier l'épisode malheureux infligé par Donald Trump, au Canada, lors du G7 de 2025.
Dans cette perspective, le G20 est susceptible d’éclipser le G7 non par substitution, mais par déplacement du centre de gravité de la gouvernance mondiale. Le G7 reste un outil de cohésion politique entre alliés, tandis que le G20 s’impose progressivement comme le forum incontournable pour répondre aux crises globales. Dans un monde fragmenté, marqué par la guerre en Ukraine, les tensions économiques et les défis climatiques, la capacité à agréger les acteurs majeurs du système international devient décisive.




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