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Décryptage : Emmanuel Macron en Chine, entre déficit abyssal, guerre en Ukraine et ligne de crête européenne

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 3 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Emmanuel Macron entame ce mercredi sa quatrième visite d’État en Chine, pour un déplacement de trois jours placé sous le signe d’une double urgence : corriger un déséquilibre commercial jugé « insoutenable » et peser, une nouvelle fois, sur la position chinoise vis-à-vis de la guerre en Ukraine. Selon l’Élysée, la priorité affichée est claire : « rééquilibrer » les échanges avec Pékin, alors que le déficit commercial français avec la Chine frôle les 50 milliards d’euros par an et a doublé en dix ans, au point de représenter à lui seul près de la moitié du déficit extérieur global de la France.



Une visite de courtoisie dont la France ne peut pas faire l’économie

Le cœur de la mission, selon la présidence française, est de réduire un déséquilibre devenu intenable. Les échanges bilatéraux ont atteint un niveau historique, mais les importations en provenance de Chine, à savoir, véhicules électriques, matériaux solaires, électronique, biens manufacturés, écrasent largement les exportations françaises. Les groupes comme Airbus, Safran, EDF ou L’Oréal constituent des exceptions, mais ne compensent pas l’ampleur du déficit.


Cette visite intervient alors que l’Union européenne a durci son approche vis-à-vis de Pékin. De nombreuses enquêtes anti-subventions ont été ouvertes sur les véhicules électriques chinois, Bruxelles réfléchit à renforcer les exigences de contenus locaux pour les technologies critiques, et plusieurs États membres plaident pour une baisse rapide des dépendances stratégiques à la Chine.


Dans ce contexte, Emmanuel Macron ne parle pas seulement pour la France, mais il cherche à représenter la ligne européenne émergente, faite de fermeté commerciale, de défense de la souveraineté industrielle et de volonté de renégociation des conditions d’accès au marché chinois. Paris cherchera à obtenir davantage d’ouverture dans les secteurs agroalimentaires, énergétiques, aéronautiques et culturels, et à encourager des investissements chinois en France qui créent de l’emploi plutôt qu’ils n’accentuent les déséquilibres.


L’Ukraine au cœur d’un dialogue stratégique difficile

La question ukrainienne constitue l’autre pilier du déplacement. Lors de sa précédente visite en 2023, Emmanuel Macron avait tenté de convaincre Xi Jinping d’influer sur la position de la Russie. Deux ans plus tard, les résultats restent limités. La Chine maintient une neutralité de façade, refuse de condamner l’invasion, fournit des composants duals essentiels à l’industrie de défense russe et renforce son partenariat stratégique avec Moscou.


Emmanuel Macron arrive en Chine dans un moment délicat, puisque les États-Unis ne parviennent pas à obtenir d'avancées diplomatiques en échangeant directement avec Vladimir Poutine, tandis que Kiev a réaffirmé à Paris qu’aucun plan de paix n’était acceptable sans prise en compte de sa souveraineté territoriale. Dans ce contexte, la France veut au minimum obtenir de la Chine qu’elle se garde de franchir certaines lignes rouges, comme les livraisons d’armes, et qu’elle s’implique dans la préparation d’un cadre politique pour l’après-guerre.


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