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Syrie : tensions avec les forces kurdes, résurgence de l’État islamique, l’Europe en première ligne

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • il y a 6 jours
  • 2 min de lecture

L’actualité syrienne récente rappelle brutalement que, malgré la fin officielle de la guerre civile, la stabilisation du pays reste largement inachevée. Entre la poursuite des opérations militaires contre Daesh, la résurgence de tensions armées à Alep et l’intensification des initiatives diplomatiques européennes, la Syrie demeure un espace de crises imbriquées, où se superposent lutte antiterroriste, recomposition politique interne et rivalités régionales. Cette séquence met en lumière les fragilités persistantes de l’ordre post-conflit syrien et les limites des mécanismes actuels de désescalade.



D'abord, Le France et le Royaume-Uni ont mené, le 3 janvier, un raid aérien coordonné contre une position de l’organisation terroriste Daesh dans la province de Homs, ciblant un complexe souterrain de stockage d’armes et d’explosifs. Cette opération s’inscrit dans la continuité de l’Opération Chammal (participation française) et de l’engagement britannique au sein de la coalition internationale contre Daesh, visant à empêcher toute recomposition ou résurgence de cellules terroristes après la défaite territoriale du groupe en 2019. Même si l’organisation n’a plus de « califat » territorial, elle demeure active dans plusieurs régions du pays et au Moyen-Orient.


Puis, À Alep, la reprise des combats entre les forces du gouvernement syrien et des combattants kurdes ont déstabilisé les efforts de paix. Cheikh Maqsoud et Achrafiyeh, majoritairement peuplés de Kurdes, échappaient à l’autorité directe du pouvoir central depuis 2012, sur la base d’arrangements sécuritaires hérités du conflit. La tentative récente d’imposer un redéploiement ou une évacuation des forces kurdes a provoqué une escalade armée, rapidement contenue par l’annonce d’un cessez-le-feu destiné à éviter un embrasement urbain durable. Ces violences, les plus graves enregistrées à Alep entre le gouvernement central et les Kurdes. Les affrontements ont entraîné un déplacement massif de population, contraignant des dizaines de milliers de civils à fuir les zones de combat. Les Nations Unies estiment à au moins 30 000 le nombre de familles déplacées. Un cessez-le-feu annoncé tôt vendredi matin tient en milieu de matinée, selon les correspondants de l’Agence France-Presse (AFP). La France a salué l’instauration du cessez-le-feu et appelé l’ensemble des parties à le respecter strictement afin de protéger les civils et de préserver une stabilité déjà fragile. Paris affirme agir en coordination avec les États-Unis pour encourager la désescalade.


Parallèlement, les dirigeants de l’Union européenne, Ursula von der Leyen et António Costa, en déplacement à Damas ce vendredi 9 janvier 2026, ont apporté un soutien politique, économique et financier au gouvernement syrien de transition, avec un plan d’aide pour la reconstruction du pays. Au-delà du volet sécuritaire, l’UE vise une stabilité durable qui inclut la restauration des services essentiels, l’aide humanitaire et, à moyen terme, le retour des réfugiés syriens installés en Europe.

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