Décryptage : les Quatre grands (E4) dénoncent la flambée de violences de colons en Cisjordanie
- cirmafrance
- 28 nov. 2025
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Les ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et du Royaume-Uni (le « groupe E4 ») ont publié une déclaration commune condamnant la hausse massive des violences de colons israéliens contre les civils palestiniens en Cisjordanie. Ils avertissent que ces attaques menacent directement la stabilité du territoire et risquent de compromettre la mise en œuvre du plan pour Gaza en 20 points ainsi que toute perspective de paix durable. Leur message vise explicitement le gouvernement israélien, sommé de passer des paroles aux actes pour protéger les Palestiniens des territoires occupés.

Cette prise de position intervient dans un contexte chiffré, documenté et sans précédent : selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), 264 attaques ont été recensées pour le seul mois d’octobre 2025, soit le plus haut niveau mensuel depuis le début du comptage en 2006, avec en moyenne huit incidents par jour impliquant des blessés, des destructions de biens ou les deux. Cette explosion de la violence coïncide avec la période de la récolte des olives, moment crucial pour l’économie palestinienne, au cours duquel de nombreux témoignages font état de paysans agressés, d’arbres arrachés et de villages menacés, au point que certaines ONG parlent désormais de stratégie de déplacement forcé.
Les Européens s’inquiètent car ces attaques sapent toute tentative de stabiliser la Cisjordanie alors qu’un effort diplomatique est en cours autour du « plan pour Gaza en 20 points », porté depuis Washington.
Le groupe E4 vise directement la responsabilité de l’État d’Israël. Dans leur déclaration, les quatre ministres rappellent que le gouvernement israélien a l’obligation, en vertu du droit international, de protéger la population civile palestinienne dans les territoires occupés. Ils notent que le président Isaac Herzog, le Premier ministre Benyamin Netanyahou et plusieurs hauts responsables ont récemment condamné publiquement certaines attaques particulièrement choquantes – par exemple celles menées contre des villages comme Beit Lid, Deir Sharaf ou des mosquées en Cisjordanie –, mais que ces condamnations restent largement symboliques tant que les auteurs de ces violences ne sont pas systématiquement poursuivis et condamnés.
En arrière-plan, les chiffres soulignent l’ampleur du phénomène. Depuis le début de l’année 2025, l’ONU recense environ 1 500 attaques, soit à elles seules près de 15 % de tous les incidents enregistrés depuis 2006. Parallèlement, les organisations internationales rappellent que plus de 500 000 colons israéliens vivent aujourd’hui en Cisjordanie, dans des implantations jugées illégales au regard du droit international par la grande majorité de la communauté internationale – une position que conteste Israël.




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