Arctique : la préparation sanitaire face aux urgences, un enjeu de sécurité humaine sous-estimé
- cirmafrance
- 19 déc. 2025
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Le Conseil de l’Arctique, via son groupe de travail EPPR, a lancé un projet consacré au renforcement de la préparation sanitaire en Arctique. Mené par Helse Nord et la Croix-Rouge norvégienne. Ce programme analyse les risques sanitaires liés aux situations d’urgence dans la région. Le projet a abouti à la publication d’un rapport mettant en avant le rôle de la société civile et des bénévoles locaux.
« La préparation sanitaire dans l’Arctique implique de faire face à des risques importants dans un environnement exigeant. Aucun acteur ne peut y parvenir seul », a déclaré Siri Hatlen, présidente de la Croix-Rouge norvégienne. « Les autorités, les services de santé et les organisations de bénévoles doivent planifier, se former et intervenir ensemble. En unissant nos efforts, nous pouvons bâtir des communautés plus sûres pour les populations arctiques. »

Le projet « Renforcement de la préparation sanitaire dans l’Arctique » répond à l’accumulation de pressions climatiques, démographiques et économiques (peut-être militaire) qui fragilisent les systèmes de santé arctiques. Conduit dans le cadre du groupe EPPR du Conseil de l’Arctique, il associe autorités sanitaires régionales et acteurs humanitaires internationaux. L’étude a évalué les risques pesant sur la vie et la santé humaines lors d’urgences (accidents, catastrophes naturelles, crises sanitaires) et cartographié les mécanismes existants de coopération entre services publics de santé et ressources de la société civile. Le rapport final propose des pistes pour structurer ces coopérations à l’échelle circumpolaire.
La sécurisation et l'accessibilité humaine en Arctique est vitale, face aux enjeux environnementaux et géopolitiques. Elle rejoint les travaux internationaux sur la résilience des systèmes de santé face au changement climatique, ainsi que les priorités du Conseil de l’Arctique en matière de développement durable et de protection des populations autochtones. Ce projet fait également écho aux cadres onusiens sur la réduction des risques de catastrophe et à l’accent mis, depuis la pandémie de Covid-19, sur la préparation sanitaire transfrontalière.
Si le projet met justement en avant le rôle des bénévoles et des réseaux locaux, il ne résout pas les contraintes structurelles des systèmes de santé arctiques, notamment le manque de personnel qualifié, les coûts logistiques et la dépendance aux financements nationaux. Le cadre du Conseil de l’Arctique, fondé sur la coopération volontaire, limite par ailleurs la mise en œuvre contraignante des recommandations. À moyen terme, l’efficacité de cette approche dépendra de la capacité des États arctiques à traduire ces constats en investissements durables et en politiques de santé intégrées, au-delà des seuls projets pilotes.




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