Arctique : le retard capacitaire de l’OTAN face à l’accélération russo-chinoise
- cirmafrance
- 19 déc. 2025
- 2 min de lecture
Un rapport du Center for European Policy Analysis (CEPA), publié début décembre 2025, affirme que la Russie et la Chine prennent l’avantage sur l’OTAN dans le développement de capacités militaires adaptées à l’Arctique, notamment les drones. Le rapport juge l’acquisition de drones “arctiques” au sein de l’OTAN fragmentée, lente et peu audacieuse. Il avance que la production annuelle russe de drones dépasserait 1,5 million d’unités, avec des appuis extérieurs (dont Chine et Iran), et cite des évaluations norvégiennes anticipant une forte croissance de ces moyens.

Le rapport CEPA (High Stakes in the High North: Harnessing Uncrewed Capabilities for Arctic Defense and Security), décrit un déficit capacitaire occidental dans l’Arctique, plus précisément, des achats dispersés entre alliés, une priorité donnée à des systèmes conçus pour des climats tempérés, et une difficulté à passer rapidement du test à la mise en service. Il met en avant la dynamique russe : montée en puissance des systèmes sans équipage, structuration des dispositifs de contrôle et de déploiement, et bénéfices tirés de partenariats ou chaînes d’approvisionnement extérieures pour accélérer la production et la diffusion des drones.
Plusieurs puissances, dont la France, recentralisent la stratégique de l’Arctique. Ce territoire est stratégique, tant pour les pays limitrophes, que pour les observateurs : ouverture saisonnière accrue, importance des routes et des approches nord-atlantiques, et valeur militaire du “High North” pour la surveillance, la dissuasion et la protection d’infrastructures critiques. D'autant plus que cette alerte recoupe des constats déjà relayés dans des enquêtes internationales, comme l'usage de drones “classiques” qui perdent rapidement en performance au froid (batteries, givre, météo), ce qui impose des choix technologiques et logistiques spécifiques, et donc une planification industrielle dédiée. Dans ce contexte, la coordination OTAN et les politiques nationales d’équipement deviennent un facteur déterminant du tempo capacitaire.
Toutefois, deux limites structurantes ressortent. D’abord, la comparaison “OTAN vs Russie/Chine” est délicate, puisque l’Alliance, qui cherche à s'étendre en Arctique, dépend surtout des membres du conseil de l'Arctique ; de même que les chiffres de production présentés dans le rapport (ex. “1,5 million”) agrègent souvent des catégories hétérogènes (drones tactiques, FPV, ISR, etc.) et restent difficiles à vérifier indépendamment, ce qui impose prudence dans l’interprétation. Ensuite, la supériorité en volume ne se traduit pas mécaniquement en avantage, puisque l’environnement extrême punit l’endurance, la logistique, la qualité des capteurs, la résistance au brouillage et la capacité à opérer en réseau.




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