Berlin se tourne vers le Maghreb pour sécuriser énergie et croissance
Une revue de presse par Martin Prouvost
Le ministre allemand des Affaires étrangères s’est rendu dans les deux pays accompagné d’une délégation économique. Le ministère allemand présente cette initiative comme un moyen d’accroître les échanges commerciaux et les investissements, mais également de renforcer la coopération méditerranéenne face aux bouleversements géopolitiques. Le ministre Wadephul rencontrait pour la quatrième fois depuis son entrée en fonction ses homologues tunisien et algérien.

La Tunisie constitue un partenaire économique particulièrement intéressant pour Berlin. L’Allemagne est son troisième marché d’exportation et les échanges bilatéraux ont atteint un niveau record en 2025. Lors de la visite, plusieurs accords et projets représentant plus de 100 millions d’euros ont été signés dans les domaines de la transition énergétique et environnementale, de la numérisation, de la formation professionnelle, de l’emploi, des PME et de la gestion de l’eau. Quant à l’Algérie, elle représente l’enjeu stratégique le plus important. Berlin souhaite diversifier ses approvisionnements énergétiques et considère Alger comme un partenaire essentiel pour le gaz, mais également pour le développement futur de l’hydrogène vert. Le ministre Wadephul a explicitement évoqué la possibilité de contrats gaziers de long terme pour contribuer au remplissage des réserves allemandes.
L’enjeu est également européen et l'Allemagne se place comme l'interlocuteur privilégié, au détriment de la France. En développant ses relations avec Alger et Tunis, l’Allemagne entend participer davantage à la sécurisation du flanc sud de l’Union européenne. Après la dépendance énergétique à la Russie, Berlin semble donc chercher à construire un réseau de partenariats plus diversifié, du Maghreb à la Méditerranée.



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