De la colonisation à la diplomatie culturelle : l’usage du français à Madagascar
- Félana Couthois
- 15 août
- 23 min de lecture
Chaque année au mois de mars, de nombreux pays célèbrent la francophonie, un espace linguistique et culturel rassemblant aujourd’hui plusieurs centaines de millions de locuteurs à travers le monde. Pourtant, derrière cette apparente communauté, la diffusion du français s’inscrit dans des trajectoires historiques marquées par des tensions, des réappropriations et des enjeux de pouvoir. À Madagascar, la langue française occupe une place paradoxale. Héritée de la colonisation, elle est à la fois le symbole d’une domination passée et un outil central de l’intégration internationale. Depuis les indépendances du XXe, dans les espaces colonisés de l’empire français, les vestiges de la colonisation sont encore visibles, en particulier avec la présence accrue de la langue française qui, après maintes résistances et transformations, finit par devenir un réel levier de coopération internationale entre Etats et se regroupe dans l’Organisation Internationale de la Francophonie.

En effet, la francophonie désigne à la fois une communauté linguistique et un ensemble d’institutions politiques organisées autour de la langue française. Elle est notamment structurée par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui rassemble plus de quatre-vingts États et gouvernements engagés dans des programmes de coopération culturelle, éducative et diplomatique. L’usage de la langue en est un élément structurant. Cependant, dans de nombreuses régions d’Afrique et de l’océan Indien, la diffusion du français ne peut être dissociée de l’histoire coloniale. Introduite dans les territoires colonisés entre le XVIe et le XXᵉ siècle, la langue française a longtemps été un instrument d’administration et de pouvoir. Le cas de Madagascar n’est pas une exception et il est intéressant d’observer tous les enjeux que cristallisent la langue française dans ce territoire.
Située dans l’océan Indien, Madagascar est un État insulaire au large de la côte sud-est de l’Afrique. Elle est considérée, aujourd’hui, comme la quatrième plus grande île du monde après le Groenland, la Nouvelle-Guinée et Bornéo. Ancienne colonie française entre 1643 et 1825, puis protectorat français entre 1896 et 1960, l’île a connu plusieurs transformations dans sa relation à la langue française : son introduction dans le cadre colonial, son maintien après l’indépendance, sa contestation lors des mobilisations politiques et son maintien dans les relations diplomatiques contemporaines. L’histoire de la francophonie à Madagascar révèle alors les tensions et les recompositions qui caractérisent les héritages linguistiques de la colonisation.

I — Madagascar, des circulations anciennes à l’imposition du français : genèse d’un espace francophone.
A — Madagascar dans les sources et les circulations de l’océan Indien : entre incertitudes, représentations et intégrations historiques.
Avant d’aborder l’histoire linguistique de Madagascar, il convient de replacer l’île dans des temporalités géographiques et historiques longues. Les premières mentions écrites remontent à la Méditerranée antique, notamment dans le Périple de la mer Érythrée (Ier siècle avant notre ère) ainsi que chez Ptolémée, Marcien d’Héraclée et Étienne de Byzance. Ces auteurs évoquent une île nommée Ménouthias, dont l’identification demeure incertaine — Zanzibar, Pemba ou Madagascar — révélant les limites des savoirs antiques sur l’océan Indien.
Au XIIIe siècle, Marco Polo mentionne dans son Livre des merveilles une île nommée « Madeigascar », qu’il décrit comme riche et peuplée d’Arabes. Les recherches actuelles montrent qu’il s’agit probablement d’une confusion avec Mogadiscio. Toutefois, ce récit joue un rôle décisif dans la diffusion du toponyme, repris par les cartographes européens à partir du XVe siècle, malgré des représentations encore approximatives.
Parallèlement, Madagascar est plus solidement intégrée aux savoirs géographiques arabes. La carte de Al-Idrisi (Tabula Rogeriana, 1154) mentionne l’île sous diverses appellations — « Chezbezat », puis « gésira al komor » ou « gésira malais » — le terme “malais” renvoyant à la présence de populations austronésiennes. Les évolutions linguistiques de ces termes participent à l’émergence progressive du nom « Madagascar » dans les sources européennes.
Loin d’être un espace « découvert », l’île est peuplée dès le début du premier millénaire par des populations austronésiennes, désignées dans la tradition orale malgache comme les Ntaolo (de tau-ulu - les « hommes premiers »), auxquelles s’ajoutent des apports africains, arabes et persans. Ces populations structurent l’espace malgache, notamment entre Vezo (qui vont s'installer sur les côtes) et Vazimba (qui vont s'installer dans les régions forestières de l’intérieur), et intègrent l’île à des réseaux d’échanges reliant les Comores, l’Inde et les mondes swahili et arabes dès le Moyen Âge.
À partir de la fin du XVe siècle, après le passage de Bartolomeu Dias au cap de Bonne-Espérance en 1488, Madagascar s’inscrit dans les routes maritimes européennes vers l’Asie. Des installations ponctuelles apparaissent dès le XVIe siècle, notamment autour de Fort-Dauphin (à la pointe sud de l’île), sans pour autant aboutir à une implantation durable. Les tentatives françaises du XVIIe siècle, malgré la fondation de Fort-Dauphin en 1643 sous l’impulsion de Richelieu, et de la compagnie commerciale La société d’Orient, échouent face aux contraintes sanitaires, aux résistances locales et aux difficultés d’adaptation. Ces circulations anciennes soulignent ainsi que Madagascar s’inscrit dans des dynamiques globales bien avant la domination coloniale européenne.
B — Un espace linguistique pluriel : cohabitations et concurrences (1817–1895)
Au début du XIXe siècle, Madagascar devient un espace de rivalités impériales, où se déploient des logiques de concurrence linguistique. Afin de contrer l’influence française, les Britanniques signent en 1817 un traité avec Radama Ier (1810 - 1828), le reconnaissant comme souverain de l’île, ce qui lui permet d’étendre son autorité dans la continuité de l’œuvre d’Andrianampoinimerina. (1)
Dans ce contexte, l’action missionnaire joue un rôle central. Les missionnaires de la London Missionary Society s’implantent dès 1820 et développent un réseau scolaire structurant, réactivé à partir des années 1860, en parallèle des missions catholiques. Ces institutions, encouragées sous Radama II (1861 - 1863) et tolérées par Rasoherina (1863 - 1868), connaissent une expansion rapide, notamment après la conversion de la reine Ranavalona II (1868-1883) au protestantisme en 1869, qui favorise le développement massif des écoles protestantes.
Dans cet espace éducatif, plusieurs langues coexistent : l’anglais, associé aux missions protestantes, le français, utilisé dans les missions catholiques, et le malgache, largement mobilisé comme langue d’enseignement dans les écoles protestantes. Cette pluralité linguistique reste toutefois spatialement concentrée en Imerina (dans la région nord du centre de Madagascar), cœur du pouvoir royal, limitant sa diffusion à l’ensemble de l’île. Malgré une exception pour Fianarantsoa (à 410 km de Tananarive) où la mission catholique et les missions protestantes ont établi des établissements importants.
Cette situation produit une élite partiellement familiarisée avec les langues européennes. Ainsi, lorsque la France occupe Toamasina (Tamatave) en 1883 puis Mahajanga (2), elle rencontre des interlocuteurs déjà formés à ces langues. Le traité de 1885 (perçu comme un “traité d’amitié” par les Merina) marque une étape décisive : en imposant un protectorat, la France amorce une prise de contrôle progressive mais néanmoins violente, incarnée par l’installation du général Joseph Gallieni à Tananarive de 1896 à 1905. Malgré l’opposition du Premier ministre Rainilaiarivony (1864 - 1895), ce processus aboutit à l’intervention militaire de 1895 et à la chute du pouvoir merina avec les exils de la dernière reine : Ranavalona III (1883 - 1897) et du Premier ministre Rainilaiarivony.
Pour terminer, il est important de rappeler que la conquête coloniale de Madagascar ne peut pas être interprétée comme une simple passivité des populations malgaches face aux Français. Elle intervient au contraire dans un contexte de profonde crise interne du royaume, marqué par la décomposition de l’ordre politique, la contestation de l’oligarchie de Rainilaiarivony et l’effondrement progressif de l’armée royale, déjà minée par les divisions, la corruption et l’inefficacité stratégique. Dans ce vide de pouvoir, la prise de Tananarive en 1895 révèle autant la faiblesse du pouvoir central que l’efficacité militaire française. Mais cette domination ne se fait pas sans résistances (3) : de multiples soulèvements éclatent, notamment les mouvements Menalamba (4) qui expriment un rejet à la fois du pouvoir colonial naissant, des élites merina et des transformations religieuses et sociales imposées. Ces révoltes, profondément ancrées dans la défense des traditions et des équilibres locaux, montrent une forte capacité d’action populaire, même si elles restent fragmentées, parfois contradictoires et incapables de s’unifier à l’échelle de l’île. Ainsi, loin d’être passif, le monde malgache est traversé par des formes multiples de résistance, mais leur dispersion et leurs tensions internes empêchent la formation d’un front cohérent face à la colonisation.
C — De la cohabitation à la domination : le français langue de pouvoir (1895–1947)
À partir de la conquête coloniale, le français s’impose progressivement comme langue de pouvoir. Le général Gallieni fait de l’école un instrument central de francisation et d’unification (5), visant à former une élite administrative subalterne maîtrisant la langue du colonisateur. Cette politique s’accompagne d’une diffusion du français dans les sphères administratives, judiciaires et éducatives, tandis que le malgache demeure la langue des pratiques quotidiennes.

Ce processus instaure une hiérarchisation linguistique caractéristique des sociétés coloniales : le français devient la langue de l’autorité et de la mobilité sociale, sans pour autant s’imposer comme langue du quotidien pour l’ensemble de la population. Cette tension entre diffusion et appropriation constitue un enjeu central de la période.
L’insurrection du 29 mars 1947 marque un tournant majeur. Concentrée, essentiellement, dans la région de Moramanga (sur la côte est de la Grande île), elle est portée notamment par le Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM) et s’inscrit dans un contexte de contestation du système colonial donnant lieu à une répression d’une extrême violence, faisant plusieurs dizaines de milliers de morts. Cet événement contribue à associer la langue française aux structures de domination coloniale, alimentant une défiance durable, particulièrement dans les régions touchées par les violences.
Ainsi, entre diffusion institutionnelle et rejet politique, le français s’impose comme une langue à la fois dominante et contestée, dont les usages et les significations sociales restent profondément ambivalents. Cette ambivalence ouvre la voie à une analyse des pratiques sociales et culturelles du français dans le Madagascar de l’après-indépendance.

II - De l’indépendance à la rupture : contestations et réappropriations
A- Usages sociaux et culturels du français (1950-1960)
Cette partie est largement inspirée par les travaux de Faly Andriantsietena-Bouchez, sur les recherches des loisirs des jeunes à Madagascar entre les années 1950 et 1970 (6). Durant ces années, les usages sociaux et culturels à Madagascar demeurent fortement structurés par l’héritage colonial français, particulièrement dans l’espace urbain d’Antananarivo. Les loisirs, la culture médiatique et les pratiques éducatives participent à la diffusion de modèles culturels occidentaux qui s’imposent comme références dominantes, notamment au sein des élites urbaines. La radio (7), introduite et développée dans le cadre des infrastructures coloniales, occupe une place centrale dans ces pratiques : elle diffuse massivement des contenus français (musique, romans radiophoniques, informations), contribuant à ancrer un imaginaire culturel largement francisé dans les classes supérieures et moyennes.
Cependant, ces usages sociaux et culturels français ne s’exercent pas de manière homogène sur l’ensemble de la population. Ils s’inscrivent dans une logique de hiérarchisation sociale. Les élites, souvent formées dans les établissements prestigieux de la capitale et parfois passées par des cursus en France, adoptent pleinement les codes culturels français à travers les bals, les associations mondaines et les sociabilités étudiantes. À l’inverse, les classes moyennes et populaires connaissent des formes d’encadrement plus indirectes, notamment par les institutions religieuses (catéchisme, scoutisme), qui relaient en partie les normes sociales héritées de la période coloniale tout en laissant émerger des pratiques plus autonomes.
Dans les bas quartiers, les usages culturels se construisent davantage en marge des modèles dominants. Les loisirs populaires, centrés sur les sociabilités de groupe, la musique, le sport ou encore l’usage croissant de la radio, témoignent d’une appropriation partielle et détournée des outils culturels modernes. La démocratisation progressive de la radio dans les années 1960 favorise ainsi l’émergence de nouveaux espaces de diffusion culturelle, où les contenus occidentaux coexistent avec des productions en langue malgache, marquant une première forme de réappropriation locale.
Ainsi, les usages sociaux et culturels français dans les années 1950-1960 apparaissent à la fois comme un instrument de diffusion culturelle et comme un révélateur des inégalités sociales. Ils participent à la structuration des hiérarchies urbaines tout en amorçant un processus d’hybridation culturelle qui accompagne la transition politique de la fin de la période coloniale.
Dans ce contexte, l’indépendance ne marque pas une rupture nette, mais plutôt un déplacement des tensions, désormais cristallisées autour de la langue et de son rôle dans la société malgache.
B- Contester la langue du pouvoir sans la rejeter : la francophonie en tension à Madagascar (1960–1972)
Lorsque la Grande Île accède à l’indépendance le 26 juin 1960, la question linguistique s’impose comme un enjeu central dans la redéfinition de l’Etat et de son identité nationale. Sous la présidence de Philibert Tsiranana (1958-1972), ancien instituteur formé à Montpellier et élu député socialiste (Parti Social-Démocrate), Madagascar ne connaît pas de “révolution anticoloniale” à proprement parler. En effet, l’indépendance est accordée suite à la mise en place d’un petit groupe d’élite malgache favorisé par l’ex-puissance coloniale (8). Sous le pouvoir de Tsiranana, le français est maintenu comme deuxième langue officielle consacrant la continuité d’un modèle administratif, éducatif et politique largement hérité de la période coloniale. Malgré l’indépendance formelle, la France demeure un partenaire privilégié, notamment dans les domaines institutionnels, économiques et culturels, ce qui contribue à renforcer la place du français comme langue du pouvoir.
Cette situation alimente progressivement des tensions croissantes au sein de la société malgache. Le français, loin d’apparaître comme un simple outil de communication, est de plus en plus perçu comme un instrument de domination culturelle prolongée. Cette perception s’enracine dans une histoire coloniale marquée par la marginalisation active de la langue malgache, pourtant unifiée et écrite avant la conquête, ce qui confère à la politique linguistique française une dimension particulièrement conflictuelle. Dans ce contexte, la contestation linguistique prend une dimension politique explicite, comme en témoignent les mobilisations étudiantes du début des années 1970, au cours desquelles le français est dénoncé comme une « langue d’esclaves », révélant une critique radicale de l’aliénation culturelle des élites dirigeantes.
La crise atteint son paroxysme lors des événements de mai 1972. L’insurrection, qui prend naissance dans les établissements scolaires d’Antananarivo, notamment à Befelatanana, met en lumière les profondes inégalités d’un système éducatif encore largement structuré par l’héritage colonial. Les étudiants dénoncent un enseignement élitiste et inégalitaire, dans lequel la maîtrise du français fonctionne comme un puissant mécanisme de sélection sociale, dans un contexte de massification scolaire et de montée du chômage intellectuel. Selon Yves Person dans un article publié dans le Monde Diplomatique en juin 1972 :
Le recours au français comme moyen de sélection, au moment où l’accroissement rapide des effectifs de l’université (de 3 600 en 1968 à 6 600 en 1971) créait des problèmes de débouchés, était pour le moins maladroit. Un nombre croissant d’étudiants se sentirent promis à l’état de chômeurs intellectuels et en ressentirent de l’angoisse (9).
Le mouvement, initié par la jeunesse étudiante et scolaire, s’élargit rapidement grâce au soutien des travailleurs urbains, révélant l’imbrication étroite entre revendications culturelles, sociales et politiques. Face à cette mobilisation, le pouvoir de Tsiranana apparaît fragilisé, tandis que l’armée joue un rôle décisif dans la transition politique. La répression violente des manifestations, causant plusieurs dizaines de morts, précipite la chute du régime.

La revendication de la « malgachisation » de l’enseignement traduit ainsi une volonté de réappropriation culturelle et politique, visant à rompre avec les logiques de dépendance héritées de la colonisation. Toutefois, cette remise en cause demeure profondément ambivalente. Si le français est contesté comme langue du pouvoir et symbole d’une domination persistante, il reste simultanément un outil d’accès au savoir, à l’administration et à l’espace international. Dès lors, la francophonie à Madagascar ne peut être pensée ni comme une simple survivance coloniale, ni comme un choix pleinement assumé, mais bien comme un espace de tensions, où se négocient en permanence les rapports entre héritage colonial, aspirations nationales et contraintes structurelles.
Cette ambivalence vis-à-vis du français est un fait que nous pouvons retrouver dans l’ensemble des pays colonisés par la France durant le XIXe. En effet, la langue du colonisateur installée par la force, structure le système des sociétés coloniales au dépend des langues originellement présentes sur les territoires. C’est le cas pour toute la région de l’Afrique de l’Ouest qui s’est vu “unifiée” sous la langue française au détriment de sa diversité linguistique, de l’Algérie ou de l’Indochine. Enfin nous retrouvons le principe de l’école comme outil central de domination et de formation d’élites au service de la puissance coloniale française avec la présence de missions religieuses ou des Alliances françaises. (10)
Quand sonne l’heure des indépendances, les tensions politiques concernant la langue française ne sont pas, seulement, visibles à Madagascar. Effectivement, même si la durée de la domination coloniale varie fortement selon les territoires, allant de quelques décennies à plus d’un siècle, le français s’y installe durablement. De ce fait, les gouvernements des différents Etats nouvellement indépendants ne peuvent composer sans cette réalité, ce qui amène à des formes de cohabitations plus ou moins acceptées. Par exemple, l’Algérie en 1962, fait de la langue arabe, la langue nationale et officielle dans son article 5 de sa Constitution en 1963. Pourtant, son article 76, permet une dérogation pour utiliser de façon provisoire la langue française. A l’inverse, le Sénégal en la figure de son président Léopold Sédar Senghor (11) va garder le français comme langue officielle. En effet, lors de l’indépendance du pays en 1960, Senghor essaye de faire coexister le français et le sénégalais mais, il est vite rattrapé par la complexité de la gestion des langues plurielles présentes sur le territoire. Et c’est ainsi que dans l’article 1 de la Constitution de 1963, le français devient langue officielle au détriment du wolof dont l’avantage était nettement visible vis-à-vis des autres langues nationales. Pour Senghor, le français est une “langue de raisonnement” ainsi que source de modernité. En 1962, il disait déjà :
Troisième raison : la syntaxe. Parce que pourvu d’un vocabulaire abondant, grâce, en partie aux réserves du latin et du grec, le français est une langue concise. Par le même fait, c’est une langue précise et nuancée, donc claire. Il est, partant, une langue discursive, qui place chaque fait, chaque argument à sa place, sans en oublier un. Langue d’analyse, le français n’est pas moins langue de synthèse. On n’analyse pas sans synthétiser, on ne dénombre pas sans rassembler, on ne fait pas éclater la contradiction sans la dépasser. Si, du latin, le français n’a pas conservé toute la rigueur technique, il a hérité toute une série de mots-pierre d’angle, de mots-ciment, de mots-gonds. Mots-outils, les conjonctions et les locutions conjonctives lient une proposition à l’autre, une idée à l’autre, les subordonnant l’une à l’autre. Elles indiquent les étapes nécessaires de la pensée active : du raisonnement. À preuve que les intellectuels noirs ont dû emprunter ces outils au français pour vertébrer les langues vernaculaires. (Senghor, 1962, p. 839-840)
Pour Senghor, les langues africaines en tant que “langue d’intuition” ne sont là que pour transmettre l’âme de leur peuple et ne peuvent prétendre être porteuse de civilisation, de culture ou des valeurs de la modernité à l'instar de la langue française. Senghor l’explique ainsi :
Tout d’abord remplacer le français, comme langue officielle et comme langue d’enseignement, n’est ni souhaitable, ni possible. Si du moins nous ne voulons pas être en retard au rendez-vous de l’An 2000. En effet, il nous faudrait au moins deux générations pour faire d’une de nos langues nationales un instrument efficace pour l’enseignement des sciences et des techniques. Et à condition que nous en eussions les moyens financiers et humains, c’est-à-dire des savants et des techniciens assez qualifiés. Or, en cette seconde moitié du xxe siècle, quarante à cinquante ans de retard, cela ne se rattrape pas. (Cité par Dumont, 1983, p. 207)
Beaucoup voient en Senghor, au vu de son éducation lettrée effectuée en France, un homme aux idées assimilationnistes portées par la colonisation. Face à cette pensée, des nationalistes africains ont cherché à rendre ses lettres de noblesse au wolof en effectuant des travaux afin de revitaliser les langues nationales. Des intellectuels tels que Cheikh Anta Diop ou Sembène Ousmane se sont organisés à travers des organes de presses afin de contrer la politique de Senghor et empêcher la tentative d’imposition du français. Finalement, en 1978, la Constitution sénégalaise de 1968 est révisée et nous pouvons y lire que, même si le français restait langue nationale, le Sénégal reconnaît six “langues véhiculaires” comme langues nationales. Ces langues présentées en ordre alphabétique en gage de neutralité sont : le diola, le poular, le soninké, le sérère et le wolof. Pour certains linguistes, leur avènement en tant que langue nationale reste symbolique puisque le concept même de langue nationale reste floue.
Si nous revenons au cas de Madagascar, stricto sensu, la particularité de l’île réside dans l’unification de sa langue. En effet, avant les diverses installations coloniales, la langue malgache était totalement unifiée. C’est-à-dire que la base linguistique était la même sur l’entièreté du territoire, même si, nous avons quelques structures grammaticales différentes.
III- Reconfigurations contemporaines : entre diplomatie, éducation et contestations.
A- De la malgachisation du président D.Ratsiraka à une réorganisation linguistique (1975-2000)
Après l’insurrection de 1972, appelée aussi “la seconde indépendance”, le président Philibert Tsiranana est contraint de démissionner et est remplacé par un gouvernement de transition dirigé par Gabriel Ramanantsoa (1972-1975). Au ministère des Affaires Étrangères, Didier Ratsiraka cherche à mettre en avant la souveraineté malgache faisant sortir Madagascar de la zone franc. Parallèlement, il renégocie en 1973, les accords de coopérations franco-malgache de 1960. Suite à la démission de Ramanantsoa, Ratsiraka (à l’issue d’une période de transition) est porté à la présidence de la II République malgache. Sa première initiative est d’installer un modèle socialiste à l’image de l’idéologie du bloc de l’Est. En effet, celui-ci veut rompre avec le modèle pro-occidental du gouvernement Tsiranana. Dans son livre Boky Mena ou Charte de la Révolution socialiste malagasy, publié en 1975, il définit son projet politique, économique et social pour Madagascar. Soumis au vote populaire, la charte obtient 94% des voix. Concernant la malgachisation, il explique :
Malgachiser l’enseignement signifie harmoniser le contenu et les méthodes de cet enseignement avec les impératifs de la Révolution, c’est-à-dire l’édification d’un Etat socialiste et véritablement malgache. C’est une entreprise difficile qui doit être menée de manière progressive, notamment en ce qui concerne la langue d’enseignement et l’organisation des différents ordres d’enseignement (...) En ce domaine, nous devons éviter les malentendus sur l’utilisation de la langue française (...) Il ne faut jamais perdre de vue que “parler une autre langue n’est pas dire sa pensée avec d’autres mots, mais penser autrement et, du même coup, penser autre chose.” C’est pourquoi le bilingue (et même le polylinguisme car il serait souhaitable que chaque Malgache parle deux ou trois langues étrangères) et un bilinguisme circonstanciel, dicté par le réalisme le plus réaliste, et ce, dans l’intérêt même de notre pays. Mais en revanche, nous sommes totalement opposés à toute division du tiers monde en anglophones et francophones. Nous sommes tout aussi opposés à ce mouvement dit “Francophonie”, car objectivement il a des relents de paternalisme et de néocolonialisme que nous récusons… dussions-nous choquer certaines bonnes âmes thuriféraires de cette Francophonie.

Pour comprendre ce texte, il faut le situer dans un contexte international plus large. En effet, nous sommes en pleine période de Guerre Froide, de décolonisation et de critique du néocolonialisme. Cette pensée sur la malgachisation rentre en résonance avec ce qui a pu se passer en Algérie en 1962 et le projet d’arabisation du territoire. Ou bien en Tanzanie avec l’idée, menée par le président Julius Nyerere, de faire du swahili une langue panafricaine. En effet, celui-ci, dès les années 60, utilise cette langue pour unifier sa nation après l’indépendance. Ce que nous observons derrière ce besoin de remettre sur le devant de la scène les langues d’origines, c’est une réelle initiative de reprise du pouvoir et de construction d'une identité nationale postcoloniale afin de sortir de cette domination symbolique qu’est la langue du colonisateur. Ensuite, comme dans tous les autres pays colonisés, le rejet du français n’est pas total. Effectivement, cette tension entre appropriation de la langue native - ou des langues natives - et maintien de la langue coloniale est, comme nous l’avons vu tout le long de cet article, un élément structurant des Etats postcoloniaux. Enfin, nous voyons une critique frontale de la francophonie comme perpétuant le système coloniale sous une autre forme. Ratsiraka, par son refus de voir le monde “en bloc”, s’inscrit dans la pensée majeure des années 70 qu’est : l’héritage du mouvement des non-alignés (12) qui cherche à affirmer une troisième voie face aux logiques de domination bloc de l’Est ou bloc de l’Ouest. Ce que ce texte nous donne à voir c’est, une fois de plus, toute la complexité des politiques linguistiques au sortir de la colonisation. Ni un rejet, ni une continuité, c’est tout une stratégie d’équilibre afin de tendre vers l'affirmation d’une politique de souveraineté mais aussi d’insertion dans le système international. Concernant la politique interne, Ratsiraka doit faire face à de nombreux mouvements populaires jalonnant ses différents mandats dûes, en partie, à des dégradations du niveau de vie causées par une politique économique radicale et peu productive. Il sera président jusqu’en 2002 où après un bras de fer de longue haleine, il est évincé par Marc Ravalomanana. Ce nouveau président va effectuer un virage concernant la politique extérieure malgache. De part son arrivée au pouvoir, la place du français à Madagascar va entrer dans une nouvelle ère. Les années 2000 vont être marquées par des oscillations entre ouverture anglophone et réaffirmation francophone.
B- Entre oscillations anglophone et francophone : la politique du “je t’aime, moi non plus” malgache (2001-2025)
L’arrivée au pouvoir de Marc Ravalomanana en 2001 s’accompagne d’une volonté de diversification des partenariats internationaux, ce qui se traduit par l’introduction de l’anglais comme troisième langue officielle en 2007 (13). Le premier ministre de l’époque Charles Rabemananjara le justifie en invoquant des raisons géographiques. Pour lui, Madagascar fait partie d’une zone linguistique anglophone et est intégrée à des organisations régionales qui utilisent l’anglais comme langue de travail. Effectivement, la Grande Île appartient au Marché commun orientale et australe (COMESA) et s’est vue, le 18 août 2005, devenir membre de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Pour M.Ravalomanana, l’objectif est de développer des échanges commerciaux avec l’Afrique du Sud rentrant dans la droite lignée d’une politique libéraliste. Son appétence pour l’anglais se cristallise avec l’utilisation accrue de termes anglophones dans beaucoup de services de l’Etat avec, par exemple, le Central Intelligency Service (services de renseignements malgaches) ou alors the chief of staff qui est le titre donné à son chef de cabinet. Nombreux sont ceux qui voient une lubie présidentielle qui n’est pas représentative de la réalité du territoire : 80% des Malgaches ne parlent que malgache et le français reste la langue administrative. Du côté de l’Organisation Internationale de la Francophonie, cela n’a pas donné lieu à une position ferme puisque beaucoup de membres de l’OIF font partie intégrante du Commonwealth. Toutefois, dans le milieu de la diplomatie francophone, cela soulève des interrogations quant à la prétention qu’à Madagascar d’accueillir sur son sol le sommet de la Francophonie de 2010.
À l’inverse, lorsque Andry Rajoelina arrive au pouvoir en 2009, après une longue crise politique entre lui et le président M.Ravalomanana, il réoriente le pays vers la francophonie afin de renforcer les relations diplomatiques avec la France et les institutions internationales. Andry Rajoelina n’opère pas une rupture avec la politique de son prédécesseur. Même s’il (ré)introduit Madagascar dans les circuits de la francophonie institutionnelle, il reste partie prenante d’une ouverture commerciale diversifiée afin de ne pas dépendre totalement de ce réseau francophone. En effet, cela reste un levier diplomatique parmi d’autres. Madagascar reste membre actif de l’OIF et mobilise cet espace pour renforcer sa visibilité internationale, accéder aux réseaux de coopérations éducatives, culturelles et politiques, et consolider ses relations avec les partenaires historiques, tel que la France. En parallèle, l’Etat malgache entretient une stratégie de diversification de ses partenariats en se tournant vers l’Amérique du Nord, la Chine ou l’Inde. En effet, beaucoup de ces investisseurs étrangers vont se retrouver à la tête de grands projets industriels sur l’île. Après deux élections, Andry Rajoelina voit son pouvoir remis en cause le 25 septembre 2025 par un mouvement populaire porté par la génération Z. Cette mobilisation met en lumière des revendications sociales fortes, notamment l’accès aux besoins fondamentaux tels que l’eau et l’électricité, ainsi que la lutte contre la corruption. La question des coopérations internationales et des dépendances économiques est également remise en débat, notamment à travers la critique de la présence d’investisseurs étrangers. Dans ce contexte, la langue française devient un objet de réflexion politique. Bien que omniprésente dans l’espace public, elle n’est maîtrisée que par une minorité de la population. Elle apparaît ainsi comme un marqueur d’entre-soi, associé aux élites économiques et politiques. La présence d’un réseau dense d’institutions francophones renforce ces dynamiques, tout en offrant des opportunités d’ouverture internationale.
Dans ce contexte, le rôle de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) apparaît central. Elle constitue un espace de coopération politique, éducative et culturelle, permettant à Madagascar de s’inscrire dans des réseaux internationaux, comme en témoigne l’organisation du sommet de la francophonie à Antananarivo en 2016. La langue française devient ainsi un outil de négociation et d’influence dans les relations internationales. Parallèlement, la francophonie se matérialise à travers des dispositifs éducatifs concrets, notamment via l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). À Madagascar, ces initiatives prennent la forme de projets pédagogiques comme la « Dictée géante » ou le programme francophone « À la force des mots », qui valorisent la maîtrise du français comme outil d’expression, de créativité et d’intégration dans un espace culturel globalisé. Cependant, l’accès à ces dispositifs reste souvent limité aux catégories sociales les plus favorisées, renforçant le rôle du français comme marqueur d’élite.
C- Malgré des réseaux régionaux et internationaux : le modeste poids malgache sur la scène mondiale
Malgré ce vaste réseau francophone, Madagascar reste un acteur modeste sur le plan international. En effet, même si elle est présente dans les différentes organisations régionales (SADC, COMESA) ou internationales (OIF,ONU), la pauvreté structurelle de l’île constitue un facteur déterminant dans sa politique internationale. Selon la Banque mondiale, plus de 80% des Malgaches vivent avec moins de 2 dollars par mois, ce qui réduit considérablement ses marges de manœuvre, inscrivant, par là même, le pays dans des logiques de dépendances vis-à-vis des partenaires extérieurs et des institutions internationales. Véritable jeu d’équilibriste entre un poids géostratégique intéressant (routes maritimes de l’océan indien, ressources naturelles nombreuses, proximité de l’Afrique et de l’Asie) et une nécessité imposée par des contraintes économiques fortes, nous ne pouvons voir l’usage de la langue française et l’insertion dans les réseaux francophones comme, uniquement, une simple continuité héritée de la période coloniale. Elle apparaît aussi, à mon sens, comme une ressource pragmatique, mobilisée dans un ensemble de stratégies d’adaptation. Cela permet à Madagascar de maintenir sa présence dans les échanges internationaux, d’accéder à des financements et de préserver des marges de négociation dans un système mondial structurellement inégal. Dès lors, la francophonie ne se comprend ni comme un espace figé d’influence, ni comme une adhésion passive, mais comme un champ fait de tensions et d’ajustements permanents afin de construire la place du pays dans un ordre mondial contemporain, devenu incertain.
L’histoire de la francophonie à Madagascar met en lumière la complexité des héritages coloniaux. Introduite comme instrument de domination, la langue française s’est progressivement transformée en ressource stratégique, sans jamais se détacher complètement de son passé. Entre outil diplomatique, vecteur d’influence et marqueur social, elle s’inscrit dans des dynamiques ambivalentes qui révèlent les tensions entre histoire, identité et pouvoir. La francophonie apparaît ainsi comme un espace en constante redéfinition, où se négocient les équilibres entre héritage colonial et aspirations contemporaines dans un système international profondément asymétrique.
Notes de bas de page
1 - Roi qui règne de 1787 à 1810 et qui est à l’origine de l’unification de l’Imerina.
2 - Ganiage Jean. L'Angleterre et Madagascar (1880- 1885), Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 86, n°322-323, https://www.persee.fr/doc/outre_0300-9513_1999_num_86_322_3725
3 - M. Esoavelomandroso, « Madagascar de 1880 à 1939 : initiatives et réactions africaines à la conquête et la domination coloniales », dans Histoire générale de l’Afrique, vol. VII : L’Afrique sous domination coloniale, 1880-1935, Comité scientifique international pour la rédaction d’une Histoire générale de l’Afrique, Paris, UNESCO, 1985, p. 245-271.
4 - Mena signifie “rouge” et “lamba” désigne un tissu faisant partie de l’appareil vestimentaire malgache. Les menalamba sont, selon, les dires des colons français, des anciens membres de l’élite Merina qui se seraient révoltés. Pourtant, nous retrouvons, parmi ces insurgés, des personnages venant du nord de Madagascar (Ellis, 1990, p 42). Afin de diviser pour mieux régner, Gallieni fait croire, aux populations malgaches, que ce sont des pillards.
5 - Université de Poitiers, Madagascar, dans L’éducation à la citoyenneté dans colonies (XIXème-XXème), Institut d’Histoire du Droit - CPER INSECT, 2015-2022, en ligne : https://ihd.labo.univ-poitiers.fr/educationcitoyennetecolonies/les-sources/madagascar/
6 - Faly Andriantsietena-Bouchez, « Jeunes et loisirs à Madagascar entre les années 1950-1970 », entretien publié sur le blog Africa4, 21 décembre 2020. En ligne : https://www.liberation.fr/debats/2019/09/29/jeunes-et-loisirs-a-madagascar-entre-les-annees-1950-1970_1815968/
7 - “Radio Tananarive” est créée le 29 avril 1931 et est inaugurée par le Général Cayla, gouverneur en place à l’époque. Elle diffuse 12 heures par semaine soit 2 heures par jour du mardi au vendredi. Les émissions sont en français jusqu’en 1945, puis à partir de 1950, elle se divise en deux avec une chaîne malgache et une chaîne française. Elle devient Radio Nasionaly Malagasy en 1960.
8 - Yves Person, « Madagascar : un tournant, mais non une révolution », Le Monde diplomatique, juin 1972, p. 1 et 15. https://www.monde-diplomatique.fr/1972/06/PERSON/30950
9 - Yves Person, « Madagascar : un tournant, mais non une révolution », Le Monde diplomatique, juin 1972, p. 1 et 15. En ligne : https://www.monde-diplomatique.fr/1972/06/PERSON/30950
10 - Créées en 1883, ce sont des lieux qui participent à la diffusion de la langue et de la culture françaises à l’étranger et participent à la formation d’élites francophones.
11 - L.S.Senghor est le premier président du Sénégal, après son indépendance, de 1960 à 1980. Homme d'État, poète et écrivain. Il est, aussi, le premier noir à siéger à l’Académie Française. Il est, parallèlement, celui qui porte le mouvement de la négritude aux côtés d’autres intellectuels africains et caribéens.
12 - Le terme de “non-alignement” vient du premier ministre indien Nehru lors de son discours en 1954 à Colombo. Nous pouvons considérer que la constitution du mouvement des non-alignés vient de la conférence de Bandung en 1955, qui en fait une étape importante. En effet, celle-ci a réuni une trentaine de pays d’Afrique et d’Asie.
13 - “Et Mada devint anglophone”, Jeune Afrique, 22 avr. 2007. En ligne : https://www.jeuneafrique.com/212709/archives-thematique/et-mada-devint-anglophone/
Bibliographie
Ouvrages / Chapitres
Lanly, André, “Le français dans les “colonies” et “territoires français.” Histoire de la langue française 1880-1914, CNRS Editions pp. 397-413. OpenEdition Books, Histoire de la langue française 1880-1914 - Le français dans les « colonies » et « territoires français - CNRS Éditions. Consulté le 24 mars 2026
Tirefort, Alain, “La “pacification” de Madagascar : septembre 1896 - ma 1905. Les représentations photographiques du fonds FTM à Antananarivo.” Guerres et paix en Afrique noire et à Madagascar, XIXe et XXe siècles, Presses universitaires de Rennes pp. 187-203. OpenEdition Books,Guerres et paix en Afrique noire et à Madagascar - La « pacification » de Madagascar : septembre 1896 - mai 1905 - Presses universitaires de Rennes Consulté le 24 mars 2026
Rabearimanana Lucile, “Les malgaches et l’idée d’indépendance de 1945 à 1956.” Les chemins de la décolonisation de l’empire français, 1936-1956, CNRS Editions, pp.263-274, OpenEdition Books, Les chemins de la décolonisation de l’empire colonial français, 1936-1956 - Les malgaches et l’idée d’indépendance de 1945 à 1956 - CNRS Éditions Consulté le 24 mars 2026
Rasoloniaina, Brigitte, “Madagascar, Mai 1972 : regards et perspectives historiques et sociolangagières”, Hémisphères, 2023.
Articles scientifiques
L’Hôte, Philippe , « Madagascar et la Francophonie : Un pas de deux mouvementé », Revue internationale des francophonies [En ligne], 6 | 2019, mis en ligne le 12 décembre 2019, consulté le 25 mars 2026. URL : https://publications prairial.fr/rif/index.php?id=956
Articles de presse en ligne
Floch, Fabrice, “Madagascar : le Président et trois ministres présents à Paris pour le 19e sommet de la Francophonie.” franceinfo, 26 Sept. 2024, www.francetvinfo.fr.
Le Troquier, Pauline, “A Madagascar, la délicate place de la langue maternelle chez les étudiants.” Radio France internationale (RFI), 23 Mar. 2025, www.rfi.fr.
Contenus audiovisuels
Kaci, Mohamed, “‘A la force des mots’, quand la jeunesse francophone prend la plume.” TV5 Monde, 30 Oct. 2025, www.tv5monde.com.




Commentaires