Décryptage : Berlin presse Moscou de rejoindre les discussions de paix malgré les réserves de Kiev et de l’UE
- cirmafrance
- 25 nov. 2025
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Le chancelier allemand a appelé la Russie à reprendre place à la table des négociations sur un plan de paix pour l’Ukraine, au moment où les discussions menées à Genève semblent avoir ravivé, au moins partiellement, une dynamique diplomatique. Pour Berlin, l’opportunité d’un « nouvel élan » ne doit pas être gâchée et la Russie demeure un interlocuteur incontournable si l’objectif est d’obtenir un accord crédible et durable. Pourtant, cet appel met en lumière des divergences persistantes entre les capitales occidentales, l’Ukraine et Bruxelles quant à la méthode et au rythme à adopter.

Les pourparlers de Genève ont laissé entrevoir un regain d’activité diplomatique après des mois d’impasse. Plusieurs participants ont salué une atmosphère un peu plus constructive, signe que l’idée d’explorer des voies de désescalade gagne progressivement du terrain. Pour autant, aucun élément concret n’est encore acquis, et les autorités ukrainiennes comme les représentants de l’Union européenne se sont montrés particulièrement prudents. Pour Kiev, les échanges n’ont fait que confirmer combien les obstacles restent nombreux, à commencer par l’absence de la Russie elle-même, qui prive toute discussion de son poids réel.
L’appel du chancelier allemand traduit l’inquiétude croissante de Berlin face à une guerre qui s’enlise, pèse sur les économies européennes et fragilise la sécurité du continent. L’Allemagne, traditionnellement attachée au dialogue, estime que les efforts diplomatiques doivent reprendre même si les conditions ne sont pas idéales. Elle considère que la Russie devra inévitablement être associée à toute tentative sérieuse de règlement, ne serait-ce que pour tester la réalité de sa volonté de négocier.
Cette position ne fait toutefois pas l’unanimité. Kiev redoute une reprise prématurée du dialogue, tant que Moscou maintient une posture de confrontation sur le terrain et affirme que tout processus de paix doit reposer sur le retrait des forces russes. Une exigence que le Kremlin rejette catégoriquement.
Du côté de Bruxelles, on rappelle que le « nouvel élan » observé à Genève reste embryonnaire et qu’il faut éviter de se précipiter dans une phase de négociations tant que les conditions de sécurité et de souveraineté ne sont pas réunies.




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