Décryptage : la Conférence antiterroriste BRICS+ à Moscou
- cirmafrance
- 4 déc. 2025
- 2 min de lecture
Le 3 décembre 2025, Moscou accueille une grande conférence antiterroriste BRICS+, une initiative portée par la Russie. Dans son allocution d’ouverture, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Dmitri Lioubinski, a qualifié Moscou de « capitale de facto du dialogue international » contre le terrorisme, vantant le quinquennat de mise en œuvre de la stratégie antiterroriste adoptée par les membres historiques du groupement (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) en 2020.
Selon lui, la création du groupe de travail antiterroriste (GTLT) en 2021 et l’intégration des nouveaux membres au format élargi BRICS+ ont jeté les bases d’une coopération internationale renforcée face à l’évolution des menaces, comme Daech, Al-Qaïda, groupes affiliés, cyberterrorisme, aux financements illicites. La conférence rassemble des ministres, des hauts responsables, des représentants de la société civile et de la recherche, venus d’États membres et partenaires. Le message : face à un terrorisme transnational, la riposte doit être collective et coordonnée.

Le choix de Moscou pour accueillir la conférence antiterroriste BRICS+ s’explique par une combinaison de facteurs politiques et stratégiques. D’abord, l’année 2025 marque le cinquième anniversaire de la stratégie antiterroriste adoptée par les BRICS en 2020. Cet anniversaire fournit un moment symbolique pour dresser un bilan, revendiquer des avancées et relancer la dynamique de coopération. Dmitri Lioubinski insiste d’ailleurs sur le caractère « marquant » de cette édition, la présentant comme l’occasion de consolider une action collective face à des formes de terrorisme qui évoluent rapidement, qu’il s’agisse du financement illégal, du terrorisme numérique ou des phénomènes de radicalisation et de manipulation politique. Le contexte géopolitique renforce également l’intérêt de Moscou pour un tel rendez-vous. En accueillant la conférence, la Russie cherche explicitement à se présenter comme un acteur central du dialogue international sur la sécurité, au moment où sa position sur la scène européenne est profondément fragilisée par la guerre en Ukraine.
L’organisation de cette conférence à Moscou, en pleine époque de tensions militaires avec l’Occident et de critiques sur le rôle de la Russie dans la guerre en Ukraine, pose la question de l’usage du thème antiterroriste comme levier diplomatique. Le terrorisme pourrait servir de prétexte à renforcer des alliances au sein du bloc, à légitimer certaines politiques intérieures, voire à instrumentaliser la rhétorique sécuritaire contre des opposants ou des dissidents.



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