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Décryptage : la COP30 se conclut sur un accord minimal malgré les ambitions affichées

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 26 nov. 2025
  • 2 min de lecture

La COP30 s’est achevée le 22 novembre 2025 à Belém, au Brésil, sur un accord considéré comme très insuffisant. Malgré l’implication de la présidence brésilienne, les États n’ont pas réussi à s’entendre sur des mesures à la hauteur de l’urgence climatique. La France, tout comme l’Union européenne, déplore un texte final incapable de remettre le monde sur une trajectoire de réchauffement limitée à 1,5°C.



La conférence a révélé une profonde fatigue du multilatéralisme climatique et une fragmentation politique accentuée par les tensions internationales. L’un des points les plus préoccupants concerne les engagements nationaux : près de 80 pays n’ont toujours pas soumis leurs nouvelles contributions, et ceux présentés à Belém n’apportent aucun redressement significatif. Pour la France, cet immobilisme est alarmant. Elle avait fait de cette COP l'occasion d’obtenir un cadre clair pour engager une sortie progressive des énergies fossiles et mettre un terme à la déforestation, mais ces propositions se sont heurtées à l’opposition résolue d’États dépendants du pétrole, du gaz ou de l’exploitation forestière. Le résultat est un accord à minima, bien en dessous des attentes, qui ne trace aucune feuille de route crédible pour réduire drastiquement les émissions.


La délégation française s’est montrée particulièrement critique, estimant qu’à dix ans de l’accord de Paris, l’absence de mentions claires sur l’abandon des énergies fossiles est un retour en arrière. Paris souligne que tant que cette question essentielle restera bloquée, toute dynamique climatique restera insuffisante. La France et l’Union européenne ont toutefois réussi à préserver certains fondements : réaffirmation du multilatéralisme, reconnaissance du rôle de la science et nécessité pour chaque État de poursuivre la mise en œuvre de ses plans nationaux. Ces garde-fous étaient indispensables pour éviter que la COP30 ne se solde par un échec politique complet.


En marge des négociations, la COP30 a mis en avant l’engagement croissant d’une multitude d’acteurs : société civile, collectivités locales, entreprises et investisseurs. La France a joué un rôle actif dans cet agenda parallèle, en participant à des coalitions sur la lutte contre la désinformation climatique, l’intégration de l’océan dans les politiques nationales ou encore la prise en compte du climat dans la santé publique. Elle a également soutenu des initiatives ambitieuses autour des marchés carbone exigeants, des solutions fondées sur la nature et de la réduction des émissions de méthane. Ces dynamiques montrent que la transition bas carbone progresse, même si les États ne parviennent pas toujours à suivre le rythme.


Face à une COP conclue sur un accord minimaliste, la position française met en évidence un constat inquiétant : sans engagement clair vers la sortie des énergies fossiles, la coopération internationale reste en décalage complet avec les réalités scientifiques. Dans un monde traversé par les crises et les rivalités géopolitiques, la lutte contre le réchauffement apparaît plus que jamais comme un test de la capacité collective à surmonter ces divisions pour préserver un avenir vivable.

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