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Décryptage : la prise de présidence américaine du G20 en 2026

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 2 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Depuis le 1er décembre 2025, les États-Unis assument officiellement la présidence du G20 pour l’année 2026. Dans son communiqué de lancement, l’administration américaine annonce vouloir « recentrer le G20 sur sa mission première » : la croissance économique, la prospérité et des résultats concrets. Trois priorités structurent l’agenda annoncé par Washington : réduire les contraintes réglementaires pour libérer le potentiel économique, sécuriser des chaînes d’approvisionnement énergétiques fiables et abordables, et accélérer le développement de technologies innovantes. Le sommet des dirigeants du G20 se tiendra à Miami, en Floride, et coïncidera avec le 250ᵉ anniversaire des États-Unis.



Un peu d'histoire... Le G20 rassemble les principales puissances économiques du monde (19 États et l’Union européenne) qui représentent environ 85 % du PIB mondial et l’essentiel du commerce international. Créé en 1999 et porté au niveau des chefs d’État en 2008, le groupe est devenu l’arène centrale de la coopération économique mondiale. Mais contrairement aux organisations internationales classiques, le G20 n’a ni secrétariat ni pouvoir contraignant : tout repose sur la volonté politique des membres et sur l’orientation donnée chaque année par la présidence tournante.


En prenant la présidence, les États-Unis, sous l’autorité du président Donald Trump, affichent une ligne très claire : faire du G20 un instrument au service d’une vision économique libérale, centrée sur la dérégulation, la fluidité des échanges, l’énergie et l’innovation. Cette orientation rompt avec les priorités portées ces dernières années par d’autres présidences, notamment concernant la justice climatique, la réforme de la dette ou le financement du développement. La présidence américaine marque donc un retour à un agenda plus national, plus sectoriel, et parfois en décalage avec les attentes des pays émergents.


La tâche s’annonce d’autant plus délicate que le dernier sommet a mis en lumière de fortes divisions internes.


L’absence américaine avait laissé le champ libre à d’autres puissances, et la déclaration finale, adoptée sans Washington, insistait sur le climat, les inégalités et la solidarité financière. Les États-Unis devront donc composer avec un G20 qui a appris à fonctionner sans eux, et avec une majorité de membres désormais beaucoup plus exigeants en matière de climat, de financement du développement et de justice économique. De même que Les pays dits du « Sud global », comme l’Inde, l’Indonésie, le Brésil ou l’Afrique du Sud, jouent désormais un rôle structurant dans les négociations. Ils attendent du G20 qu’il s’attaque à la question de la dette, des prix alimentaires, des transferts technologiques et de la transition énergétique. Une présidence américaine focalisée sur les intérêts économiques occidentaux devra donc éviter l’écueil d’un G20 perçu comme trop déséquilibré ou trop orienté vers le Nord. Chacun devrait donc y aller de ses propres revendications...


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