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Décryptage : la présidence française du G7 en 2026, la fin d'une ère géopolitique pour la France ?

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 2 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Le 17 juin 2025, lors du G7 de Kananaskis, le président de la République a annoncé que la France assurerait la présidence du G7 à partir du 1ᵉʳ janvier 2026 et que le Sommet des dirigeants se tiendrait à Évian-les-Bains en juin 2026. Ce choix n’est pas anodin : Évian avait déjà accueilli un sommet du G8 en 2003, à une époque où la Russie siégeait encore au sein du groupe avant d’en être exclue en 2014. Après le semi-échec de l'édition 2025, la présidence française du groupe intervient dans un contexte particulièrement tendu.



Un peu d'histoire... Le G7, créé en 1975 pour répondre au choc pétrolier et stabiliser l’économie mondiale, a évolué bien au-delà de sa fonction initiale. Conçu comme un cadre informel de coordination entre les grandes puissances industrialisées (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada, rejoints par l’Union européenne) il avait pour vocation d’être un espace souple, affranchi des lourdeurs protocolaires des organisations internationales. Avec le temps, son agenda s’est élargi : climat, développement, sécurité internationale, santé mondiale, technologies émergentes ou encore régulation de la mondialisation.


Exercer la présidence du G7 confère au pays hôte un rôle d'hôte et d'administrateur. La France pourra fixer les priorités, organiser le calendrier des réunions ministérielles et préparer les compromis qui seront endossés par les dirigeants.


Paris entend profiter de cette position pour pousser plusieurs dossiers emblématiques : réforme de l’architecture financière internationale, coordination des politiques climatiques, renforcement de la régulation des technologies de rupture, protection de l’espace informationnel, soutien aux droits des femmes et à l’égalité, et adaptation des mécanismes de solidarité globale face aux crises humanitaires grandissantes.


La présidence française souhaite également articuler le G7 avec d’autres rendez-vous majeurs passés, notamment le Forum de Paris sur la Paix ou la COP30 au Brésil, afin d’inscrire le sommet d’Évian dans une vision cohérente de gouvernance mondiale. Mais la présidence française intervient surtout dans un contexte de fractures profondes au sein du camp occidental. Le G7 de Kananaskis a montré des divergences entre Européens et Américains sur la conduite de la guerre en Ukraine, l’usage des sanctions contre la Russie ou l’attitude à adopter face aux crises au Moyen-Orient. La France, cherchant à maintenir une ligne de fermeté sur le droit international tout en évitant une escalade incontrôlée, devra jouer le rôle de médiateur entre les approches différentes des partenaires du G7... mais comment entretenir un cadre de discussions multilatéral, sans les représentants des principaux pays concernés ? Le G7 est avant tout un moyen de coordonner les actions et lignes internationales des grandes puissances.


Ainsi, la présidence française du G7 offre à la France l’occasion de promouvoir ses priorités, déjà défendues d'en d'autres forum et instances internationales : défense du multilatéralisme, soutien à l’Ukraine, réforme du financement du développement, action climatique et encadrement des technologies sensibles, tout en affirmant la pertinence du G7 face à l’essor des BRICS et du Sud global. Le groupe fera face à trois défis majeurs : maintenir sa cohésion interne malgré les divergences sur la Chine, la Russie ou les sanctions ; restaurer sa crédibilité auprès du Sud global ; et prouver qu’il peut produire des résultats concrets, au-delà des déclarations de principe.


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