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Décryptage : le Canada entre dans le programme SAFE... mais inquiète les industries européennes

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 5 déc. 2025
  • 2 min de lecture

L’Union européenne a officialisé, le 1ᵉʳ décembre, la participation du Canada au programme SAFE, le mécanisme européen de réarmement doté de 150 milliards d’euros destiné à financer des achats conjoints d’équipements militaires. Cet accord marque un approfondissement inédit de la coopération UE-Canada dans le domaine de la défense et intervient alors que les mêmes négociations menées avec Londres ont échoué.



SAFE est conçu comme l’un des piliers du virage stratégique engagé par l’Europe depuis 2022. En quelques mots, l’Instrument SAFE autorise la Commission européenne à lever jusqu’à 150 milliards d'euros sur les marchés financiers, ensuite distribués aux États membres sous forme de prêts, sur demande et sur la base de plans nationaux. L’objectif est de soutenir la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE).


Dans ce contexte, la participation canadienne revêt un caractère à la fois opérationnel et politique. Ottawa apportera un accès à des filières industrielles complémentaires, notamment dans les blindés, l’aéronautique spécialisée, la cybersécurité et les technologies de détection, tout en bénéficiant, à son tour, d’un marché européen élargi. Pour l’UE, c’est l’assurance de diversifier ses chaînes d’approvisionnement, fragilisées depuis la guerre en Ukraine, et d’associer un allié réputé fiable et pleinement intégré dans les dispositifs de l’OTAN.


Ce rapprochement s’inscrit dans une trajectoire déjà visible depuis deux ans : soutien canadien inédit à l’Ukraine (livraisons d’artillerie, modernisation de capacités industrielles, formation des forces ukrainiennes), participation renforcée aux missions européennes en Europe centrale, et alignement diplomatique sur la stratégie de sécurité continentale.


Cependant, cette ouverture se heurte aux inquiétudes déjà exprimées par le secteur européen de l’armement, puisque les industriels européens ont déjà investi pour augmenter leurs capacités de production et que les financements européens doivent prioritairement leur bénéficier. Même si cette alliance avec le Canada semble important, il n'empêche qu'il pose question sur le plafond dont pourra bénéficier Ottawa et si les industries canadiennes ne vont pas entrer en concurrence avec les européens. Ces derniers plaident pour une préférence stricte en matière d’équipements sensibles, comme les missiles, la cybersécurité, infrastructures critiques, afin de garantir la souveraineté technologique.

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