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Décryptage : le POSEI, un pilier essentiel du soutien agricole européen aux territoires d’outre-mer

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 27 nov. 2025
  • 2 min de lecture

Le POSEI constitue l’un des dispositifs européens les plus essentiels pour soutenir l’agriculture dans les régions ultrapériphériques. Pensé pour compenser les handicaps structurels des territoires éloignés, il assure la viabilité des productions locales et contribue à préserver leur autonomie alimentaire. Alors que la Commission européenne prépare le prochain cadre financier pluriannuel, le budget de l’Union pour les sept années à venir, l’avenir du POSEI est directement au cœur des négociations en cours.



Ce programme occupe une place particulière au sein de la politique agricole. Les outre-mer cumulent des contraintes lourdes : éloignement et insularité, forte dépendance aux importations, coûts de production plus élevés, exposition directe aux aléas climatiques extrêmes et pression concurrentielle de pays tiers. Le POSEI permet de soutenir les filières structurantes de ces régions (banane, canne à sucre, élevage, maraîchage, horticulture ou encore fruits tropicaux) en agissant sur la production, la transformation, la logistique et la structuration des marchés locaux. Il s’agit d’un instrument distinct de la PAC, taillé sur mesure pour des agricultures fragiles mais indispensables à l’équilibre social et économique local.


Cet appui repose sur des moyens financiers conséquents : pour la seule France, le POSEI représente environ 320 millions d’euros par an, financés majoritairement par les crédits du Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) à hauteur d’environ 280 millions, complétés par un apport du budget national. Cette enveloppe garantit des revenus stables aux agriculteurs ultramarins, soutient l’emploi local et limite la dépendance à des importations coûteuses ou à bas standards.


L’ouverture des discussions budgétaires européennes donne à ce dispositif un relief particulier. Les arbitrages du futur cadre pluriannuel définiront le niveau d’aide accordé à ces territoires pour les sept prochaines années. La France défend une position claire : maintenir, voire renforcer le POSEI face à la montée des coûts du fret, à la volatilité des marchés mondiaux et à l’intensification des phénomènes climatiques. Les filières ultramarines demandent aussi d’adapter le programme aux enjeux actuels, notamment en accompagnant la transition écologique, la diversification agricole, les circuits courts et l’agroécologie.


Les négociations doivent ainsi répondre à une réalité incontournable : les outre-mer sont à la fois parmi les territoires les plus vulnérables au changement climatique et parmi les plus dépendants à l’égard de l’agriculture locale. Sans un POSEI solide, une grande partie des exploitations serait fragilisée, et la sécurité alimentaire régionale s’affaiblirait. Les acteurs locaux soulignent également que les normes européennes doivent rester cohérentes avec les enjeux ultramarins, notamment face à la concurrence de produits importés qui ne respectent pas les mêmes standards environnementaux ou sociaux.


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