Décryptage : le projet de paix en 19 points ravive les tensions entre Washington, Kiev et Bruxelles
- cirmafrance
- 25 nov. 2025
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La présentation d’un projet de paix en 19 points pour mettre fin à la guerre en Ukraine a provoqué un vif débat entre les alliés occidentaux. Conçu comme une base de réflexion diplomatique, le document, dont l’origine exacte fait encore l’objet de discussions, expose une série de propositions sur la sécurité européenne, le statut des territoires occupés et les garanties à offrir à Kiev. Mais loin d’apaiser les divergences, il a mis en lumière des visions profondément différentes entre Washington, Kiev et Bruxelles.

Aux États-Unis, certains cercles politiques estiment qu’il est temps d’explorer des solutions de sortie de crise, notamment en raison de la fatigue de l’opinion publique et de la rivalité croissante avec la Chine, qui pousse à reconsidérer les priorités stratégiques. Cette position n’est pas uniformément partagée à Washington, mais elle gagne du terrain et nourrit l’idée qu’un compromis, même imparfait, pourrait être préférable à un conflit prolongé sans perspective de victoire nette.
En Ukraine, le projet est perçu avec beaucoup plus de méfiance. Kiev rejette toute proposition qui impliquerait une reconnaissance, même indirecte, des gains territoriaux russes depuis 2014 ou 2022. Pour les autorités ukrainiennes, accepter un tel cadre reviendrait à légitimer l’agression et à encourager Moscou à poursuivre sa stratégie de pression militaire. Le gouvernement ukrainien insiste sur le fait que toute paix durable doit passer par un retrait complet des forces russes, des garanties de sécurité solides et une responsabilité claire pour les crimes commis.
Du côté de Bruxelles, l’initiative suscite à la fois intérêt et inquiétude. Certains États membres voient dans ce projet un moyen de relancer la diplomatie et d’éviter que la guerre s’installe durablement au cœur de l’Europe. D’autres, notamment les pays d’Europe centrale et orientale, redoutent qu’un accord trop conciliant compromette la sécurité du continent et ouvre la voie à de nouvelles agressions russes. L’Union européenne se retrouve ainsi tiraillée entre la volonté de soutenir indéfectiblement Kiev et la pression croissante pour stabiliser une situation qui pèse sur l’économie et la cohésion interne du bloc.
La Russie, bien qu’officiellement distante, observe ces divisions avec attention. Le Kremlin sait que tout signe de désaccord entre les alliés occidentaux lui offre un avantage stratégique. Moscou continue de maintenir une position inflexible, affirmant que les territoires annexés font désormais partie de la Fédération de Russie, ce qui complique encore davantage toute perspective de négociation.




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