Décryptage : le Triangle de Weimar dénonce un durcissement du pouvoir géorgien contre la société civile
- cirmafrance
- 10 mars
- 2 min de lecture
Les ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, de la France et de la Pologne ont exprimé leur inquiétude après l’adoption, le 4 mars 2026, de nouvelles lois par le Parlement géorgien concernant les financements étrangers et les activités politiques. Réunis dans le cadre du Triangle de Weimar, les trois pays estiment que ces amendements traduisent une évolution de plus en plus restrictive des autorités géorgiennes à l’égard de la société civile. Le communiqué souligne que ces textes renforcent fortement le contrôle de l’État sur les organisations politiques et associatives.

Les diplomaties allemande, française et polonaise appuient ainsi la position exprimée par le Union européenne à travers la déclaration du haut représentant pour les affaires étrangères. Selon cette analyse, les nouvelles dispositions législatives élargissent le pouvoir de surveillance de l’État à un niveau inédit et menacent directement plusieurs libertés fondamentales, notamment la liberté d’association et la liberté d’expression. Les médias indépendants, les organisations de défense des droits de l’homme, les experts ou encore les prestataires de services civiques pourraient être particulièrement touchés par ces restrictions.
Le communiqué rappelle d’ailleurs que l’orientation politique adoptée par le gouvernement géorgien depuis 2024 a déjà eu des conséquences concrètes sur ses relations avec Bruxelles. Selon les conclusions du Conseil européen et les évaluations de la Commission européenne dans son rapport sur l’élargissement de 2025, cette trajectoire politique a de facto interrompu la dynamique d’adhésion du pays à l’Union européenne.
Déclaration des dirigeants du Triangle de Weimar sur la situation en Géorgie.
Nous réaffirmons notre préoccupation à l’égard du déroulement des élections législatives en Géorgie comme rapporté dans les conclusions préliminaires publiées par la mission internationale d’observation des élections. Nous sommes notamment vivement préoccupés par les nombreuses irrégularités et l’intimidation des électeurs dont il y est fait état, lesquelles ont eu des répercussions négatives sur la confiance de l’opinion publique dans le processus électoral.
Nous appelons à mener rapidement des enquêtes transparentes pour instruire toutes les plaintes et faire la lumière sur les irrégularités rapportées et nous examinerons avec soin le rapport final de la mission internationale d’observation, qui doit être rendu dans les délais attendus.
Nous soutenons les aspirations démocratiques et européennes du peuple géorgien. Les libertés de rassemblement pacifique et d’expression sont des droits fondamentaux dans les sociétés démocratiques et doivent être défendues et protégées. À cet effet, nous appelons à un dialogue ouvert avec toutes les forces politiques et les organisations de la société civile.
Avant la tenue des élections législatives le 26 octobre, le Conseil européen avait mis en avant le fait que la Géorgie s’éloignait de sa trajectoire européenne et insisté sur la nécessité d’organiser des élections libres et régulières.
Si la Géorgie ne change pas de cap en faisant preuve d’efforts concrets en matière de réforme, notamment en abrogeant sa législation récente qui est contraire aux valeurs et aux principes européens, nous ne serons pas en mesure de soutenir l’ouverture de négociations d’adhésion à l’Union européenne avec ce pays.



Commentaires