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Décryptage : Trump, l'OTAN et le Groenland, que prévoit la Charte si deux alliés entrent en conflit ?

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 6 janv.
  • 2 min de lecture

La Charte de l’Atlantique du 14 août 1941 ne prévoit aucune règle spécifique pour gérer un conflit entre alliés. Il s’agit d’un texte politique de principes, et non d’un traité d’alliance doté de mécanismes juridiques de règlement des différends. Les cadres contraignants en matière de règlement pacifique existent ailleurs, notamment dans la Charte des Nations unies.



La Charte de l’Atlantique, signée par Franklin D. Roosevelt et Winston Churchill, énonce huit principes fondateurs destinés à structurer l’ordre international d’après-guerre. Elle traite de la non-annexion territoriale, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de la liberté des mers et de la coopération économique. Le point 8 évoque l’objectif d’un abandon du recours à la force et la mise en place future d’un système de sécurité collective, mais sans créer de procédure de règlement des différends ni de clause de non-agression entre signataires. Les engagements opérationnels entre alliés durant la Seconde Guerre mondiale reposent surtout sur la Déclaration des Nations Unies du 1er janvier 1942, qui impose la lutte commune contre l’Axe et interdit toute paix séparée. Là encore, l’objectif est la discipline stratégique face à l’ennemi, non la gestion de conflits internes. Les propos de la Première ministre danoise sur une éventuelle attaque américaine contre un allié de l’OTAN illustrent précisément cette lacune historique : ni la Charte de l’Atlantique ni les textes alliés de guerre n’ont été conçus pour traiter une crise majeure entre partenaires.


L’épisode groenlandais met en lumière une réalité structurelle, à l'heure où l'administration Trump multiplie les menaces. Les alliances reposent autant sur des équilibres politiques que sur des textes juridiques et la Charte de l’Atlantique n’offre aucune protection procédurale face à un comportement coercitif d’un allié majeur. Même aujourd’hui, le droit international ne prévoit pas de mécanisme automatique pour empêcher une crise grave au sein d’une alliance comme l’OTAN. En cas de conflit, aucune procédure clairement définie ne détermine la marche à suivre. Selon certains, l'article 8 entraînerait la suspension du traité par les deux États membres ; d'autres affirment que l'article 5 conduirait les alliés de l'OTAN à entrer en guerre contre la partie adverse.



Les déclarations danoises traduisent moins une référence juridique qu’un signal politique puisque la survie de l’ordre allié dépend avant tout de la retenue stratégique et du respect des normes par ses membres les plus puissants. La crise politique autour du Groenland met en lumière la fragilité des alliances face à un comportement coercitif d’un allié majeur. En déclarant à la chaîne TV2, « Si les États-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays de l’Otan, alors tout s’arrête. Y compris notre Otan et donc la sécurité mise en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », Mette Frederiksen, cheffe du gouvernement danois.



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