Décryptage : à l’OSCE, Moscou multiplie les accusations contre l’Europe pour infléchir la narration du conflit ukrainien
- cirmafrance
- 29 nov. 2025
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Le 27 novembre 2025, lors d’une intervention au Conseil permanent de l’OSCE, le représentant permanent adjoint russe, Maxim Bouïakevitch, a accusé les États européens d’entretenir une « hystérie militaire » contre la Russie et de bloquer toute avancée diplomatique autour du conflit ukrainien. Il a également opposé l’attitude des Européens à celle de l’administration américaine, affirmant que Washington serait désormais davantage tourné vers une solution négociée. Son discours reprend plusieurs éléments centraux de la rhétorique russe : dénonciation des sanctions, mise en cause du soutien militaire occidental et remise en question de l’unité européenne.

Dans sa déclaration, Moscou accuse les Européens de détourner l’attention de leurs citoyens en instrumentalisant le conflit ukrainien pour masquer des difficultés économiques internes. Cette critique n’est pas nouvelle : elle fait partie d’une stratégie narrative russe visant à délégitimer les décisions prises à Bruxelles, Berlin, Paris ou Londres, notamment l’adoption successive de sanctions et la livraison d’armements à Kiev.
Ce discours cherche aussi à fragiliser la cohésion des États membres de l’UE en présentant leurs gouvernements comme incapables d’assumer les conséquences économiques de leur politique étrangère.
Maxim Bouïakevitch oppose cette prétendue posture « hystérique » de l’Europe à ce qu’il décrit comme une attitude plus responsable de Washington. Selon lui, l’administration américaine chercherait des solutions diplomatiques tandis que certains acteurs européens saboteraient les accords de négociation, notamment ceux liés aux discussions dites « d’Alaska ». Cette mise en scène d’un Washington pragmatique et d’une Europe belliciste sert un objectif clair : isoler les Européens, affaiblir leur unité stratégique et tenter de déstabiliser la coopération transatlantique, alors même que celle-ci reste essentielle au soutien militaire à l’Ukraine.
Moscou cherche enfin à opposer les capitales européennes « hostiles » (France, Allemagne, Royaume-Uni) aux gouvernements jugés plus conciliants envers le Kremlin, en citant la Hongrie et la Slovaquie comme des modèles de « réalisme ». Cette stratégie s’inscrit dans une tentative d’exploiter les failles politiques au sein de l’Union européenne, alors que certains pays contestent ponctuellement le rythme ou la nature de l’aide à l’Ukraine. En mettant en avant ces divisions, la Russie espère fragiliser la capacité de décision collective de l’UE.




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