Décryptage : la Russie dénoncent les propositions de la coalition des volontaires
- cirmafrance
- il y a 7 jours
- 2 min de lecture
Le commentaire de Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, vise à délégitimer politiquement et juridiquement la dynamique engagée par la coalition des volontaires, réunie à Paris le 6 janvier autour de la France et du Royaume-Uni, et à transformer toute initiative occidentale de sécurisation de l’après-guerre en Ukraine en menace directe contre la Russie.

Le narratif russe à la dent dure... Moscou affirme que le cœur du dispositif réside dans le déploiement de forces multinationales occidentales en Ukraine, non pour garantir la stabilité, mais pour reconstruire les forces armées ukrainiennes et contenir durablement la Russie après un éventuel cessez-le-feu. La porte-parole va plus loin en dénonçant une « fusion » des complexes militaro-industriels ukrainien et de l’OTAN. Cet argument s’inscrit dans une rhétorique alarmiste, visant à présenter l’Ukraine non comme un acteur souverain, mais comme un simple prolongement militaire de l’Alliance atlantique. En réalité, Moscou cherche ici à effacer toute distinction entre soutien militaire défensif et intégration formelle à l’OTAN, afin de justifier a posteriori son intervention armée.
Les propos attribués au Premier ministre britannique Keir Starmer et au président français Emmanuel Macron, évoquant la possibilité de bases militaires ou d’infrastructures logistiques après le cessez-le-feu, sont exploités par la diplomatie russe comme preuve d’une « occupation occidentale » déguisée. Moscou agite ici la menace d’une ligne rouge : toute présence militaire occidentale en Ukraine serait considérée comme une intervention étrangère directe et transformerait ces installations en cibles légitimes pour les forces russes. Concrètement, le Kremlin accuse directement les occidentaux de vouloir prolonger la guerre et de menacer les intérêts russes.
Le cœur idéologique du discours russe reste cependant inchangé. La Russie conditionne toute paix à l’élimination de ce qu’elle appelle les « causes profondes » du conflit, à savoir, la neutralité de l’Ukraine, démilitarisation, « dénazification », reconnaissance des annexions territoriales et redéfinition des droits linguistiques et culturels. Ces exigences ne constituent pas une base de négociation, mais une capitulation déguisée de Kiev. Elles traduisent une vision impériale du règlement du conflit, fondée sur le fait accompli militaire et la négation de la souveraineté ukrainienne.




Commentaires