Financer la transition bleue : Expertise France et la recomposition des espaces maritimes
- cirmafrance
- 13 mai
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Entre 2024 et 2025, l'agence Expertise France, agence publique française de coopération technique internationale, a déployé ou consolidé plusieurs programmes majeurs visant à structurer une économie bleue durable sur le continent africain et en indo-pacifique.

L'émergence de l'économie bleue comme priorité, résulte d'une convergence de dynamiques longtemps sous-estimées, qui sont finalement formalisés par les Objectifs de Développement Durable de l'ONU.
Le déploiement des projets WASOP (West Africa Sustainable Ocean Programme), SWIOP (Sustainable Western Indian Ocean Programme) et SCOPE Africa (Securing Corridors, Ports and Exchanges in Western and Central Africa) au tournant 2024–2025 marque une rupture qualitative dans l'approche de la coopération maritime, entre l'Europe et l'Afrique. Alors, pour la première fois, les trois dimensions de l'économie bleue, à savoir, le développement économique, la sécurité maritime et la préservation environnementale, qui sont articulées au sein d'une architecture globale, couvrant deux façades maritimes distinctes (Atlantique et Indien) avec des budgets d'une ampleur inédite.
Un point sur les projets d'Expertise France
WASOP – West Africa Sustainable Ocean Programme : Financé par l'Union européenne à hauteur de 59 millions d'euros, le WASOP est un programme quinquennal (2024–2029) couvrant 13 pays d'Afrique de l'Ouest, du Cap-Vert au Nigeria. Il vise à allier protection des ressources marines et croissance économique inclusive, en s'articulant autour de la gouvernance océanique, mise en œuvre par l'EFCA et la FAO, l'économie bleue durable et inclusive et la protection et restauration des écosystèmes.
Sustainable Western Indian Ocean Programme : Financé par l'Union européenne, le SWIOP s'adresse à neuf pays de l'océan Indien occidental (Comores, Djibouti, Kenya, Madagascar, Maurice, Mozambique, Seychelles, Somalie et Tanzanie). Il adopte une approche structurelle et intégrée autour de trois piliers complémentaires sur la résilience des écosystèmes marins et côtiers et la préservation de la fonction de captation du carbone bleu.
Securing Corridors, Ports and Exchanges in Western and Central Africa : Financé par l'Union européenne dans le cadre de l'Instrument de Voisinage, de Développement et de Coopération Internationale, SCOPE Africa est mis en œuvre par un consortium piloté par Expertise France en partenariat avec l'agence de coopération belge Enabel. Doté de 12 millions d'euros sur 48 mois, il cible dix ports stratégiques répartis entre neuf pays, de Praia à Pointe-Noire. Inscrit dans la stratégie Global Gateway, pour accompagner la montée en puissance d'infrastructures portuaires africaines dans un contexte où la croissance annuelle du commerce maritime africain est estimée à 7 % et où près de 90 % du commerce du continent transite par ses eaux et ses ports.
Ces projets répondent à des impératifs de développement et à des nécessité de régulation des activités maritimes. De ce fait, L'Afrique subsaharienne dispose de façades maritimes considérables (plus de 38 000 kilomètres de côtes) qui ont longtemps été perçues comme des espaces de vulnérabilité et de non droit, plutôt que de création de richesses. La piraterie dans le Golfe de Guinée, qui a culminé entre 2010 et 2020, avait en effet transformé cette région en zone rouge pour les compagnies d'assurance maritimes, renchérissant le coût du commerce régional et décourageant les investissements.
Mais, selon les territoires, les intérêts sont profondément différents. Pour les pays comme le Tchad ou l'Eswatini, la transition bleue passe par les ressources en eau douce et les corridors terrestres qui mènent aux ports. Pour les États côtiers comme le Sénégal ou la Côte d'Ivoire, l'enjeu est de capter les financements internationaux pour moderniser leurs infrastructures portuaires tout en préservant leur marge de souveraineté dans la gestion des ressources halieutiques



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