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Nouvelle-Zélande : Wellington soutient l’aquaculture

  • Eliot Dubois
  • 6 juil.
  • 5 min de lecture

Le mercredi 1er juillet 2026, Wellington a annoncé son soutien à la création d’une nurserie  mytilicole à Houhora Bay, dans le nord du pays. Cet important projet régional devrait coûter 4,5  millions de dollars au gouvernement néo-zélandais et sera également financé à hauteur de 1,3  million de dollars par cinq partenaires iwi. Cet investissement massif s’inscrit dans un plan global de développement de l’aquaculture dans le pays. Lancé en 2025, le New Zealand  Aquaculture Development Plan est un projet ambitieux qui concentre des enjeux économiques et  socio-environnementaux. En ce sens, il s’inscrit parfaitement dans une nouvelle économie  régionale qui tient compte des problèmes climatiques et sociaux. 


La ferme d’Houhora Bay 

Située dans la région du Northland, dans une sorte d’estuaire très tranquille, la baie d’Houhora  accueillera très bientôt une grande ferme mytilicole. Le projet prévoit, dans un premier temps, la  construction de 90 lignes de moules qui produiront 700 tonnes de moules par an, puis, à terme, la  construction de 60 lignes supplémentaires, ce qui devrait porter la production totale à environ 1  150 tonnes de moules chaque année. La ferme devrait être rentable sur le long terme tout en  permettant de dynamiser l’économie locale : les travaux mobiliseront 10 personnes et, à terme, la  ferme emploiera cinq travailleurs. 


Des débuts de l’aquaculture au New Zealand Aquaculture Development Plan 

En Nouvelle-Zélande, l’aquaculture se compose essentiellement de la production et de la  transformation des moules, de l’élevage des huîtres, ainsi que de l’élevage du saumon Chinook,  introduit dans le pays au début du XXe siècle. Dans les années 1960, cette nouvelle forme de  culture se développe autour de la moule verte néo-zélandaise. Puis, dans les années 1970, la  culture est élargie aux huîtres avec l’introduction de l’huître du Pacifique. Si les trois secteurs  cohabitent, la culture de la moule domine, avec près de 93 000 tonnes produites en 2023, contre  14 500 tonnes de saumon et 1 500 tonnes d’huîtres.



Depuis des années, l’aquaculture fait l’objet de politiques de développement. Le dernier plan en  date est le New Zealand Aquaculture Development Plan, dans lequel s’inscrit la construction de la  ferme d’Houhora Bay. Ce projet a pour but de faire de l’aquaculture une activité de premier plan  dans le pays. Selon les mots du ministre des Océans et de la Pêche, Hon Shane Jones, l’objectif  est de passer de 750 millions à « 3 milliards de dollars » générés chaque année par l’industrie d’ici  2035. Pour arriver à ce résultat, l’État compte investir afin que le revenu des fermes existantes  atteigne 1,5 million de dollars, celui des nouvelles fermes 1,4 milliard de dollars, et compte enfin  sur les nouvelles opportunités aquacoles pour rapporter quelques centaines de millions  supplémentaires. Aujourd’hui, les fermes sont concentrées dans le nord du pays, mais ce grand  projet prévoit la construction d’infrastructures dans d’autres régions, afin de créer une dynamique  économique plus uniforme sur l’ensemble du territoire. 


L’aquaculture est d’autant plus importante qu’elle permet de renforcer les exportations du pays, en  misant notamment sur l’endémisme de la moule verte néo-zélandaise, qui en fait un produit  relativement prisé. Ainsi, entre octobre 2023 et septembre 2024, les exportations aquacoles étaient  composées de 257 millions de dollars de demi-moules congelées, 130 millions de dollars de  saumon réfrigéré, ébranché et éviscéré, 57 millions de dollars d’huile de moule, 31 millions de  dollars de filets de saumon congelés et 19 millions de dollars de moules entières congelées, ce qui  porte le total à presque 400 millions de dollars d’exportations. Ainsi, si les besoins en produits  aquacoles restent inchangés dans le pays, les prévisions pour 2035, dans le cadre du New  Zealand Aquaculture Development Plan, seraient de l’ordre d’environ 2,5 milliards de dollars  d’exportations. Cela représenterait environ 1 % du PIB actuel de la Nouvelle-Zélande. 


Une économie qui répond aux enjeux socio-environnementaux 

Le développement de l’aquaculture répond également à des dynamiques sociales et  environnementales auxquelles la région océanienne est de plus en plus sensible dans le cadre des  mouvements des peuples autochtones et du réchauffement climatique. L’aquaculture a justement  créé beaucoup d’emplois depuis son lancement, notamment chez les peuples autochtones. En  effet, les peuples maoris ont souvent été impliqués dans la production aquacole et une loi de 2004  prévoit d’ailleurs que 20 % du parc aquacole soit attribué aux tribus locales. Le développement de  l’industrie représente donc un enjeu majeur pour ces peuples, puisqu’il pourrait constituer un  vecteur de développement économique, d’enrichissement local, mais aussi un moyen de lutter  contre le chômage chez les populations autochtones. D’autant plus que l’industrie, qui emploie  aujourd’hui près de 3 000 personnes, devrait en employer le double d’ici 2035. 


L’aquaculture est aussi une source de nourriture animale plus écologique que le poisson issu de la  pêche ou la viande d’élevage. En Nouvelle-Zélande, le saumon, l’huître et la moule émettent  respectivement 3,8, 3,7 et 1,8 kg de CO₂ pour 100 grammes de protéines, contre 10 pour le bœuf,  7 pour l’agneau et 5,7 pour le poisson. L’aquaculture permettrait donc de diviser par trois la  production de CO₂ pour un même apport en protéines. De plus, l’aquaculture nécessite un  environnement sain pour prospérer. En effet, les moules sont issues de naissains sauvages captés  sur des cordes ou récupérés sur des algues échouées, puis elles sont transférées vers des sites  de grossissement où elles grandissent pendant 15 à 18 mois. La pollution des écosystèmes et le  réchauffement des eaux sont donc des facteurs à risque pour l’élevage de moules. C’est donc une  industrie à vocation autorégulatrice, qui a vocation à protéger l’environnement pour prospérer.  Ainsi, promouvoir l’aquaculture, c’est limiter directement les effets environnementaux néfastes,  mais c’est également parier sur un secteur durable qui agira en faveur de la protection de la  planète. Or, dans le contexte océanien de montée des eaux et de destruction des écosystèmes,  cette logique environnementale est d’autant plus appréciée et légitime aux yeux des acteurs  régionaux. 


Conclusion

La construction de la ferme mytilicole d’Houhora Bay, soutenue financièrement par le  gouvernement kiwi, s’inscrit donc dans le New Zealand Aquaculture Development Plan, un projet  de développement de l’aquaculture sur le territoire. Ce plan est une opportunité économique qui  rejoint des préoccupations sociales et environnementales ayant gagné en importance dans la  région ces dernières années. 



Bibliographie  

Stenton-Dozey, J., Heath, P., Ren, J. S., & Zamora, L. N. (2020). New Zealand aquaculture  industry: Research, opportunities and constraints for integrative multitrophic farming. New  Z e a l a n d J o u r n a l o f M a r i n e a n d F r e s h w a t e r R e s e a r c h . https://doi.org/ 10.1080/00288330.2020.1752266 

Patterson, M. (2026, July 1). Government backs new mussel spat nursery. Beehive.govt.nzhttps://www.beehive.govt.nz/release/government-backs-new-mussel-spat-nursery 

Ministry for Primary Industries. (2025). NZ Aquaculture Development Plan 2025–2030. New  Zealand Government. https://www.mpi.govt.nz/dmsdocument/67776-NZ-Aquaculture Development-Plan-2025-2030


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