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Immigration et Europe : Burnham veut rapprocher Londres de Paris sans abandonner la fermeté

Photo du rédacteur: Martin Prouvost
Martin Prouvost
8 sept.
2 min de lecture

La rencontre entre Emmanuel Macron et Andy Burnham à Downing Street, jeudi 3 septembre 2026, a constitué le premier grand rendez-vous diplomatique du nouveau Premier ministre britannique avec son homologue français. Au centre des discussions : l’immigration clandestine dans la Manche, la coopération européenne, la défense et l’Ukraine. Le gouvernement britannique affirme vouloir se rapprocher de ses partenaires européens tout en conservant une ligne particulièrement ferme sur les traversées en petites embarcations.



Le dossier migratoire est devenu l’un des principaux points de contact (NDLR : et de rupture) entre Londres et Paris. Les deux gouvernements ont constaté que la coopération opérationnelle entre les forces françaises et britanniques permettait de réduire certaines traversées, mais ils estiment désormais nécessaire d’intensifier l’action contre les réseaux de passeurs. Andy Burnham a défendu une approche combinant coopération policière, échange de renseignements et coordination européenne. L’objectif est de réduire les départs depuis les côtes françaises tout en évitant que les trafiquants puissent déplacer leurs itinéraires vers d’autres pays européens.


Les travaux récents montrent d’ailleurs que la question des « small boats » ne peut pas être réduite à une simple lutte contre des passeurs. Une étude publiée en septembre 2026 dans Political Geography analyse la Manche comme une véritable « économie de la sécurité frontalière ». Les chercheurs montrent que la multiplication des dispositifs policiers, technologiques et administratifs contribue elle-même à structurer les routes migratoires. Les politiques de contrôle peuvent modifier les itinéraires et les modalités des traversées sans nécessairement supprimer les causes profondes des migrations.


Néanmoins, le rapprochement franco-britannique est également soumis à une contradiction politique. En effet, Londres souhaite davantage de coopération avec l’Europe, mais le Brexit continue de limiter les mécanismes institutionnels disponibles. Burnham entend négocier de nouveaux arrangements avec l’Union européenne tout en protégeant les intérêts britanniques. Lors de son entretien avec Macron, il a notamment évoqué le projet européen de préférence aux productions européennes et ses conséquences potentielles pour l’industrie britannique. De même que la tension est devenue particulièrement visible dès le lendemain de la rencontre. Le 4 septembre, Nigel Farage, dirigeant de Reform UK, et Jordan Bardella, président du Rassemblement national, ont signé à Birmingham un protocole d’accord destiné à lutter contre les traversées de la Manche. Le texte prévoit notamment que, si leurs partis arrivaient au pouvoir, les migrants arrivant au Royaume-Uni pourraient être renvoyés vers la France, qui serait ensuite chargée de leur prise en charge ou de leur éloignement.

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