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Le couple franco-allemand tente de relancer sa coopération stratégique

Photo du rédacteur: Martin Prouvost
Martin Prouvost
7 sept.
2 min de lecture

Une revue de presse par Martin Prouvost


Le 17 juillet, à Brühl, Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont voulu donner une nouvelle impulsion au couple franco-allemand, lors du 26e Conseil des ministres franco-allemand qui s’est tenu après une période particulièrement délicate pour la coopération bilatérale. Une période marquée notamment par l’échec du programme SCAF/FCAS d’avion de combat du futur, un nouveau projet entre les deux pays qui n'a pas abouti La rencontre devait donc afficher l’unité retrouvée que remettre la relation franco-allemande au centre de la construction européenne.



De ce fait, à l'issue de cette rencontre de juillet 2026, Paris et Berlin ont décidé d’approfondir leur coopération stratégique, notamment en matière de défense antimissile, de frappes conventionnelles à longue portée, d’alerte avancée et de capacités spatiales. Les deux pays souhaitent également améliorer l’interopérabilité de leurs systèmes militaires et poursuivre leurs coopérations autour d’ArianeGroup, d’IRIS² et du programme JEWEL. Surtout, l’Allemagne doit participer à un exercice nucléaire français, tandis que les deux pays entendent articuler davantage leurs capacités conventionnelles avec la dissuasion nucléaire française. Entre Emmanuel Macron et Friedrich Merz, la question du pilotage nucléaire franco-allemand (NDLR : à partir des capacités de dissuasion françaises) est destiné à organiser un dialogue stratégique sur les capacités françaises, la défense antimissile et les moyens conventionnels européens.


Pour autant, cette énième relance du couple, en crise depuis plusieurs décennies, ne doit pas masquer les divergences. Une analyse de l’Ifri publiée à la veille du sommet souligne la nécessité pour Paris et Berlin de « dépasser les différends » s’ils veulent réellement faire de leur relation le moteur de la souveraineté européenne. L'échec du projet SCAF ayant largement contribué à un désintéressement des industriels allemands, vis-à-vis de ce type de programme (NDLR : même si un projet de char du futur est déjà sur les rails, les allemands ont déjà émis l'idée que ce projet n'aboutirait pas).


Ainsi, le 17 juillet apparaît donc comme un moment de tempérance, plutôt que comme l'épanouissement du couple franco-allemand. Les deux Etats convergent davantage face à la menace russe, mais ils doivent encore transformer cette convergence politique en programmes militaires réellement opérationnels.

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