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Opération de grande envergure pour des armées Résilientes, Interopérables, Orientées vers le combat de haute intensité et Novatrices (ORION26)

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 16 févr.
  • 4 min de lecture

Depuis la publication de la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale en 2017, qui pose le cadre de réflexion de la loi de programmation militaire 2019-2025, force est de constater que la dégradation de l’environnement international nécessite de s’adapter. C’est pourquoi, répondant au besoin d’une nouvelle planification opérationnelle stratégique, l’exercice militaire interarmées ORION 26 se déroule de janvier à avril 2026, en France. Cette opération multidomaine s’inscrit dans un environnement complexe, contesté, avec un scénario fictif et vise à préparer les armées à des engagements majeurs de haute intensité. Ses moyens sont considérables, puisqu'environ 10 000 soldats français sont mobilisés, appuyés par un état-major de niveau corps-d’armée, deux bases navales et 10 bases aériennes.  L’exercice ORION 26 succède à la première édition de 2023, baptisée Orion 23 (février–mai 2023) qui avait déjà mobilisé plusieurs directions, services et organismes interarmées Orion 23 avait pour but d’entraîner les forces à des opérations de grande ampleur dans un scénario multi-domaines. ORION 26 hérite de cet objectif général, tout en accentuant le réalisme de l’environnement et l’échelle de l’engagement.


Les exercices ORION 23 et ORION 26 reposent sur un même socle fictif, à savoir l’agression hybride de l’État Arnland par son voisin expansionniste Mercure. La différence stratégique est qu’ORION 23 mettait en scène une déstabilisation progressive combinant milices, pressions militaires et actions non cinétiques, à laquelle la France répondait par une montée en puissance graduée, d’abord nationale puis multinationale, dans un cadre formalisé sous mandat ONU et OTAN. Désormais, ORION 26 durcit ce scénario, avec une campagne hybride plus longue, structurée et menaçant l’équilibre continental. La France prend dès le départ la tête d’une coalition à la demande d’Arnland, et l’exercice suit la trajectoire progressive, allant de la guerre cyber à l’affrontement de haute intensité sur le continent. Les forces armées passent ainsi d’une logique de gestion de crise à une préparation d’un conflit stratégique en cobéligérance, avec un leadership français renforcé et une intégration plus poussée des dimensions hybrides et interalliées.


Les objectifs clés de l’exercice ORION26 - Multi-domaines et interopérabilité 

Événement central de la préparation opérationnelle française à la guerre de haute intensité, ORION 26 vise à entraîner les armées (actifs et réservistes) à faire face aux configurations les plus exigeantes, dans des environnements hybrides, dégradés et fortement contestés. Pour assurer au mieux, la sécurité et la défense du territoire, pas moins de 15 départements et une partie de la Guyane, sont mobilisés pour l’exercice. 


Les objectifs de l’exercice ORION26 permettent ainsi de développer les capacités de commandement et de résilience des armées françaises. Afin de préparer les armées aux situations les plus extrêmes, ORION 26 vise en premier lieu à tester la capacité de la France à assumer le rôle de nation-cadre dans une coalition engagée dans un conflit de haute intensité. Il s’agit, d’abord, d’améliorer l’interopérabilité avec les nations alliées, puis d’entraîner  les commandements opératifs à planifier et conduire des opérations dans tous les domaines (terre, mer, air, cyber…), mais aussi être capable de valider une planification opérationnelle et améliorer la coordination interministérielle pour la protection du territoire. L’exercice poursuit également un objectif de durcissement des forces, avec un entraînement en environnement contesté, une dégradation simulée des réseaux, une pression logistique et une saturation informationnelle. 


Exercice ORION23 © Ministère des Armées et des Anciens combattants
Exercice ORION23 © Ministère des Armées et des Anciens combattants

Les phases de l’exercice ORION26 - Planifier et déployer des forces interalliées

Par la masse des moyens mobilisés, l’intensité du scénario retenu et le niveau de coordination interarmées et interalliée qu’il exige, ORION 26 place les forces françaises dans les conditions d’un affrontement majeur, afin de les préparer concrètement à la conduite d’un combat de haute intensité. L’exercice ORION 26 se structure selon une montée en puissance progressive. 


Une première phase est consacrée à la planification stratégique et à la montée en alerte. Elle simule la prise de décision politique, l’activation des chaînes de commandement et la préparation des forces face à une dégradation sécuritaire hybride, l’espace et le cyber étant pleinement intégré dans la prise de décisison. La deuxième phase correspond à l’entrée en premier et à la projection des forces. Les composantes terrestre, navale et aérienne sont engagées de manière coordonnée, tandis que les actions cyber et informationnelles se poursuivent en parallèle. Cette phase permet de tester la capacité du commandement à agir rapidement, à sécuriser des points d’appui et à établir un rapport de force favorable, dans un contexte interallié. Une troisième phase introduit un volet politico-militaire et interministériel, en simulant la gestion d’une crise majeure sur le territoire européen, avec interaction entre autorités civiles et militaires. Enfin, la phase finale correspond à l’engagement de haute intensité en coalition. L’ensemble des milieux terrestre, maritime, aérien, spatial, cyber et informationnel, sont mobilisés dans une logique de défense collective. L’exercice valide la capacité à conduire une manœuvre interarmées complexe dans la durée.


Dossier de presse ORION26 © Ministère des Armées et des Anciens combattants
Dossier de presse ORION26 © Ministère des Armées et des Anciens combattants

Les partenaires l’exercice ORION26 - Commander une coalition alliée

Plusieurs nations partenaires ont acté leur engagement dans les différentes séquences de l’exercice, soit comme membres de la coalition, soit dans le rôle des forces opposées. Cette participation de nations alliées permet aux structures de commandement françaises de s’entraîner à intégrer des contingents alliés dans la manœuvre, à coordonner les chaînes décisionnelles et à maintenir un haut niveau d’interopérabilité opérationnelle.


Ainsi, l’exercice ORION 26 associe un nombre significatif de partenaires alliés, principalement européens et nord-américains, auxquels s’ajoutent des contingents coréens, qataris et singapouriens. Plusieurs nations participent aux différentes phases de l’exercice, tant au niveau des états-majors que des unités engagées sur le terrain, pour renforcer la cohérence doctrinale et la capacité d’action conjointe en cas de crise réelle. L’exercice suit une logique de défense collective compatible avec les engagements OTAN et les dynamiques européennes de sécurité. 



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