Ulaanbaatar élargit sa diplomatie vers l'Asie centrale pour desserrer l'étau sino-russe
- Mathilde Lance
- 4 juin
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La Mongolie, démocratie enclavée entre la Russie et la Chine, dépend de ses deux voisins à un degré écrasant : la Chine absorbe plus de 90 % de ses exportations, la Russie fournit 90 % de son énergie raffinée. Pour relâcher cette contrainte, Ulaanbaatar applique depuis les années 1990 sa doctrine du « troisième voisin », qui consiste à cultiver des partenaires au-delà de ce duopole. Du 20 au 23 avril, le président Khurelsukh Ukhnaa a effectué au Kazakhstan la première visite d'État d'un dirigeant mongol depuis vingt ans. Cette visite a scellé plus d'une douzaine d'accords intergouvernementaux et fixé un objectif commercial de 500 millions de dollars (environ 430 millions d'euros). Un régime de libre-échange temporaire avec l'Union économique eurasiatique soutient cet objectif. Ce déplacement officialise un tournant : la Mongolie étend cette diversification vers l'Asie centrale et le Caucase, et bâtit une solidarité entre puissances moyennes au prédicament partagé.
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