D'Africa Forward à l'Africa CEO Forum : l'Afrique en quête de puissance, entre récit souverain et enjeux économiques
- cirmafrance
- 14 mai
- 2 min de lecture
En l'espace d'une semaine, le continent africain a concentré deux événements de premier plan qui, ensemble, dessinent les contours d'un renouveau politique et économique.
Les 11 et 12 mai 2026, le sommet Africa Forward s'est tenu à Nairobi, co-présidé par les présidents français Emmanuel Macron et kenyan William Ruto, réunissant des chefs d'État africains, l'Union africaine, des institutions financières internationales et des partenaires de développement. À l'issue de cette rencontre, 23 milliards d'euros d'investissements ont été annoncés, dont 14 milliards d'origine française, ciblant des secteurs présentés comme stratégiques pour la transformation économique du continent.
Suivant ce forum international, les 14 et 15 mai, le Rwanda accueille la 13e édition de l'Africa CEO Forum sous le mot d'ordre « Scale or fail », réunissant plus de 2 500 décideurs venus de plus de 75 pays autour d'une question, comment permettre aux entreprises africaines de changer enfin d'échelle ? La Déclaration de Nairobi, publiée à l'issue du sommet franco-kenyan, fixe le cadre politique ; l'Africa CEO Forum est censé en constituer le relais économique.


La singularité de ce calendrier est frappant. Pour la première fois, deux événements majeurs portant simultanément sur la souveraineté financière, l'intégration économique et la sécurité africaine se tiennent en moins d'une semaine,
La Déclaration de Nairobi, dans sa dimension politique, réaffirme la souveraineté de du continent et rappelle notamment que les États africains « rejettent les ingérences extérieures qui sapent les efforts visant à réaliser les aspirations de l'Agenda 2063 de l'UA, et la privatisation de la sécurité », une formulation qui vise, sans les nommer, les sociétés militaires privées comme le groupe Wagner-Africa Corps, actives au Mali, au Burkina Faso et au Soudan. Elle exige également l'abstention du droit de veto « en cas de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre à grande échelle », une initiative qu'Emmanuel Macron a immédiatement annoncé porter à l'ONU le lendemain même, à Addis-Abeba.
Ces objectifs de souveraineté et de sécuritaire à Nairobi, s'exposent aussi au Rwanda, pour penser une forme de doctrine de l'autonomie stratégique africaine, qui s'articulerait en plusieurs normes. Surtout pour réformer l'architecture internationale du risque pour que le capital africain ne fuie plus vers les places occidentales, mais finance l'Afrique de l'intérieur. Ce qui permettrait de catalyser la formation des champions continentaux capables de rivaliser à l'échelle mondiale, ce que l'Africa CEO Forum traduit en termes de fusions, d'alliances transfrontalières et de co-investissements entre groupes privés africains. L'Afrique, qui affirme sa souveraineté économique et politique, adopte un langage de la puissance.



Commentaires