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Du Caire à Nairobi, Emmanuel Macron commence sa tournée en Afrique

  • Le Paraphe
  • 10 mai
  • 2 min de lecture

Emmanuel Macron a quitté Paris le 9 mai pour une tournée de cinq jours qui l'emmène d'Alexandrie à Nairobi, en passant par Addis-Abeba. Ce périple, le dernier d'envergure africaine avant la fin de son second mandat en mai 2027, est présenté par l'Élysée comme le "bilan" d'une politique de rupture avec la Françafrique. Mais derrière les discours sur le renouveau et les inaugurations symboliques, chaque étape révèle la fragilité d'une position française sur un continent qui n'attend plus Paris pour se redéfinir.



Cette tournée parachève le mandat présidentiel (2017-2027). À Ouagadougou, en 2017, tout juste élu, Macron promettait alors la "génération africaine", une relation débarrassée des logiques néocoloniales et fondée sur le respect mutuel (NDLR : la posture adoptée par le chef de l'Etat lors de ce sommet est très critiquée par les parties prenantes et un rapport du Sénat pointe les dérives du président sur sa façon de gérer les relations entre la France et l'Afrique). Neuf ans plus tard, le bilan est douloureux. La France a perdu sa base au Mali, été expulsée du Burkina Faso et du Niger, et voit son influence en Afrique centrale durablement contestée. Le sommet de Montpellier en octobre 2021, premier du genre organisé sans chefs d'État africains mais avec la société civile du continent, avait tenté de réinitialiser le dialogue.


Le choix de Nairobi comme ville hôte d'Africa Forward est en soi une déclaration. Le sommet Africa Forward est le premier sous l'égide du président français à réunir des chefs d'État africains depuis son arrivée au pouvoir en 2017, et aussi le premier dans un pays anglophone, ancienne colonie britannique. Ce pivot vers l'Afrique anglophone et orientale répond à une logique stratégique, alors que le pré carré francophone s'est effondré, il faut trouver de nouveaux alliés crédibles.


La présence annoncée de Félix Tshisekedi (RDC) et Paul Kagame (Rwanda) donne à l'événement une dimension panafricaine réelle, même si l'absence remarquée des dirigeants sahéliens (Mali, Burkina, Niger) dit beaucoup sur l'état réel des relations françaises avec cette sous-région. C'est la dernière occasion pour Emmanuel Macron de démontrer que la France peut encore proposer quelque chose d'original à un continent qui a décidé, irréversiblement, de multiplier ses options.

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