Décryptage : 50 ans de l’Acte final d’Helsinki, l’ordre européen à l’épreuve de la guerre
- cirmafrance
- 3 déc. 2025
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Signé le 1ᵉʳ août 1975 par 35 États, l’Acte final d’Helsinki marque un tournant majeur dans les relations Est-Ouest. Ce texte, adopté dans le cadre de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE), réunit États-Unis, URSS, pays européens et Canada autour d’une vision commune de la sécurité sur le continent. Non contraignant juridiquement, il repose pourtant sur un compromis politique profond : accepter les frontières issues de 1945, en échange d’engagements explicites sur les droits de l’homme, la coopération économique et le dialogue. Cinquante ans plus tard, alors que la Russie mène une guerre d’agression contre l’Ukraine et que l’OSCE traverse une crise profonde, cet anniversaire met au défi l’organisation de préserver la raison même pour laquelle elle a été créée.

D’un côté, l’OSCE et plusieurs États rappellent que les principes d’Helsinki, à savoir, la souveraineté, l'intégrité territoriale, le non-recours à la force, restent la meilleure base pour organiser la sécurité européenne. De l’autre, la guerre en Ukraine, l’annexion de territoires par la Russie et le blocage de nombreuses décisions à l’OSCE démontrent que ces mêmes principes sont aujourd’hui ouvertement violés par l’un des signataires historiques du texte.
La Troïka de l’OSCE (présidence en exercice, précédente et suivante) a profité de l’anniversaire pour condamner l’agression russe et rappeler que l’Acte final ne reconnaît ni les annexions, ni les changements de frontières obtenus par la force. L’OSCE réaffirme son soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues, en s’appuyant explicitement sur les principes de 1975.
Le président finlandais Alexander Stubb a résumé l’enjeu en opposant un « moment Yalta » et un « moment Helsinki ». Soit l’Europe accepte un partage de facto en zones d’influence, soit elle tient la ligne des trois principes clés d’Helsinki et du droit des États à choisir leurs alliances.




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