Décryptage : l’OSCE remet la question des réfugiés et déplacés forcés au cœur de son agenda politique
- cirmafrance
- 5 déc. 2025
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Les 4 et 5 décembre, la 32e réunion du Conseil ministériel de l’OSCE s’est tenue à Vienne, dans un contexte de tensions inédites liées à la guerre en Ukraine et au recul de la coopération régionale. Parmi les sujets abordés, la question de la protection des réfugiés, apatrides et déplacés internes a occupé une place centrale. L’OSCE et le Haut Commissariat aux Réfugiés ont réaffirmé un partenariat engagé depuis près de trente ans afin d’accompagner les États dans le respect de leurs obligations internationales.

Ce Conseil ministériel marque une séquence particulière, alors que l’ordre européen est fragilisé, les intervenants ont souhaité rappeler que les crises humanitaires ne doivent pas être reléguées au second plan.
Depuis les années 1990, l’OSCE et le HCR ont travaillé au plus près des situations de déplacement forcé, en ex-Yougoslavie d’abord, puis dans le Caucase et aujourd’hui en Ukraine. Cette coopération, longtemps perçue comme technique, retrouve une dimension stratégique, car l’instabilité sociale liée aux exodes massifs constitue désormais un facteur supplémentaire d’insécurité. Lors de la session, le Haut-Commissaire adjoint du HCR, Ruven Menikdiwela, a rappelé qu’aucune crise de déplacement ne peut être gérée isolément et que la protection des civils reste un pilier de stabilité régionale. L’idée est claire : les violations du droit international humanitaire ne sont pas seulement des drames humains, elles génèrent des tensions géopolitiques durables et alimentent les cycles de violence.
La délégation britannique a livré un message particulièrement fort. Le ministre Stephen Doughty, a accusé Moscou de violer l’intégralité des engagements constitutifs de l’OSCE et en particulier l’Acte final d’Helsinki. Son intervention a évoqué les conséquences directes de l’agression russe sur les populations civiles : familles réfugiées dans des caves, bombardements répétés de zones résidentielles, et surtout enlèvements d’enfants ukrainiens, considérés comme l’un des points les plus sensibles du dossier humanitaire.



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