Décryptage : en Afrique de l'Est, le retour calculé des diplomaties occidentales face à des États désormais en position de force
- cirmafrance
- 24 janv.
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La séquence diplomatique qui s’ouvre, fin janvier 2026, en Afrique de l'Est, marque un moment stratégique pour la diplomatie occidentale. Le renforcement de la coopération entre le Kenya et l’Éthiopie, combiné aux déplacements simultanés du ministre allemand des Affaires étrangères et du secrétaire d’État adjoint américain, révèle une tentative coordonnée de réinvestissement politique, sécuritaire et économique dans une région devenue centrale.
La Corne de l’Afrique concentre aujourd’hui des enjeux majeurs, comme le contrôle des routes maritimes, l'accès aux marchés africains, ce qui explique les enjeux de lutte contre le terrorisme et la compétition d’influence avec la Chine et la Russie qui s'y exerce. Dans ce contexte, Nairobi et Addis-Abeba cherchent à se positionner comme piliers régionaux, tandis que Berlin et Washington tentent de reconstruire des leviers d’influence plus crédibles, moins fondés sur l’aide, davantage sur le commerce, la formation et la sécurité.


Ainsi, les agendas diplomatiques étasuniens et allemands se rejoignent sur la question de la sécurité, de la coopération et du développement avec des partenaires stratégiques.
D'abord, la tournée de Christopher Landau, accompagnée sur une partie du parcours par le commandant d’AFRICOM, est plus directement géopolitique. Elle articule trois priorités, à savoir, la lutte contre le terrorisme, le rééquilibrage commercial et la consolidation des alliés régionaux. Le Kenya est présenté comme un partenaire modèle, fiable, notamment à travers son engagement en Haïti, que Washington utilise comme vitrine de coopération sécuritaire “sous-traitée”. Mais, la mission américaine s'engage dans un espace qui, ces dernières années, a largement coopéré avec la Chine et les Russie. Rappelons que l'Ethiopie est membre des BRICS +.
Quant à la tournée de Johann Wadephul, elle s’inscrit dans une logique de partenariat, typique de la diplomatie allemande en Afrique. À Nairobi, le choix de mettre en avant la formation professionnelle, les PME et le Centre international de formation pour le soutien de la paix, permettrait à Berlin d'investir dans des leviers de long terme, capables de produire de l’influence. Le Kenya est traité comme un partenaire stable, utile à la fois pour la sécurité régionale et pour la gestion indirecte des enjeux migratoires.




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