Le dossier nord-coréen au cœur de l'axe Moscou-Pyongyang : déclaration de l'ambassadeur Archie Young, représentant permanent adjoint du Royaume-Uni auprès de l'ONU
- Le Paraphe
- 1 mai
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L’ambassadeur Archie Young, représentant permanent adjoint du Royaume-Uni auprès de l'ONU, a officiellement dénoncé devant le Conseil de sécurité la paralysie de la surveillance internationale sur la Corée du Nord. Il a qualifié le veto russe, opposé il y a deux ans au Groupe d’experts de la RPDC, de manœuvre délibérée visant à dissimuler le développement d'armes de destruction massive et les violations de sanctions par Moscou.

Le Groupe d'experts, créé en 2009 par la résolution 1874, constituait l’épine dorsale de la vérification des sanctions imposées à la Corée du Nord pour ses programmes nucléaires. Son rôle était de produire des rapports indépendants et détaillés sur les réseaux de contrebande, le financement par la cybercriminalité et les transferts de technologies interdits. En mars 2024, la Russie a brisé le consensus historique des membres permanents en opposant son veto au renouvellement de ce mandat. Ce revirement marque la fin de la collaboration entre les grandes puissances sur la non-prolifération, transformant le dossier nord-coréen en une extension directe du conflit ukrainien et de la confrontation entre blocs. Selon Londres, cette absence de contrôle a favorisé l'exécution de 80 tirs de missiles par Pyongyang et l'envoi de 11 000 soldats nord-coréens pour soutenir l'effort de guerre russe en Ukraine.

Pour le Royaume-Uni et ses alliés, l'objectif est de dénoncer la disparition d'un système crucial de contrôle et de mettre en évidence la menace claire et croissante que représentent les programmes nucléaires et balistiques de la RPDC. La ligne rouge pour les puissances occidentales réside dans l'opacité totale créée par le veto russe, qui empêche toute réponse collective efficace face à la violation des résolutions du Conseil de sécurité.
En supprimant le Groupe d'experts, la Russie a non seulement protégé le développement des armes de destruction massive de Pyongyang, mais elle a surtout protégé sa propre coopération militaire (NDLR : avec l'accord de partenariat stratégique global entre la Corée du Nord et la Russie est un traité de sécurité et de défense entre la Corée du Nord et la Russie, en juin 2024) illégale avec la RPDC. Cette situation démontre que la menace nord-coréenne est désormais intrinsèquement liée au conflit ukrainien, Pyongyang finançant ses ambitions nucléaires et balistiques par des activités cybercriminelles tout en agissant comme un fournisseur stratégique pour Moscou. La dénonciation britannique souligne enfin que l'utilisation du veto par un membre permanent pour dissimuler des activités illégales vide de sa substance la capacité de l'ONU à maintenir la paix et la sécurité internationales.



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