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Nausicaá, 35 ans de découverte : quand un aquarium devient un acteur géopolitique de l'Océan

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 18 mai
  • 2 min de lecture

Le 18 mai 2026, le Centre National de la Mer de Boulogne-sur-Mer, connu sous le nom de Nausicaá, célèbre le 35e anniversaire de son ouverture, en 1991. L'institution, qui se présente comme le plus grand aquarium d'Europe, a accueilli plus de 23 millions de visiteurs depuis sa création.




À cette occasion, le centre réaffirme sa mission fondatrice : faire aimer l'océan pour mieux le protéger. Cet anniversaire est l'occasion d'un bilan institutionnel autant que d'un acte de positionnement dans le débat mondial sur la gouvernance des océans. En 1990, le rapport du GIEC venait de poser les premières pierres d'une alerte climatique globale ; la même décennie verra le Sommet de la Terre de Rio (1992) institutionnaliser la notion de développement durable à l'échelle internationale. L'idée de faire d'un aquarium non pas un simple lieu de divertissement, mais un outil de sensibilisation citoyenne à vocation planétaire, était en soi un pari audacieux.


Trente-cinq ans plus tard, le contexte, dégradé, invoque la nécessité, vitale, de continuer à préserver les milieux marins. Nausicaá occupe une position hybride et de plus en plus stratégique. En effet, la géopolitique des océans, qu'elle soit environnementale ou politique, est aujourd'hui l'une des arènes les plus conflictuelles du système international.


Depuis la COP15 sur la biodiversité, qui a acté l'objectif dit "30x30", protéger 30 % des terres et des mers d'ici 2030, jusqu'au récent Traité de Haute Mer (dit BBNJ), ratifié en 2025 sous l'égide des Nations Unies, l'éducation aux enjeux marins est devenue un levier incontournable de la diplomatie environnementale. Si cet anniversaire revêt une importance particulière, c'est aussi parce que la fenêtre d'action s'est dramatiquement rétrécie. Le GIEC estime que les récifs coralliens pourraient disparaître à 99 % si le réchauffement atteint +2°C. L'océan, qui absorbe 90 % de la chaleur excédentaire produite par les activités humaines et 25 % du CO₂, est à la fois la première victime et le dernier rempart du système climatique terrestre.


La question est désormais de savoir si les enjeux stratégiques, qui poussent sans cesse les États à l'affrontement, n'absorbent pas trop le débat public, au détriment d'une diplomatie environnementale cohérente. Les tensions en mer de Chine méridionale, les disputes sur les zones économiques exclusives en Arctique, la surpêche industrielle dans les eaux ouest-africaines, la ruée vers les fonds marins pour les métaux rares nécessaires à la transition énergétique : tous ces dossiers convergent vers une même question de fond : qui décide de l'usage et de la protection des océans, et au nom de quoi ?


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