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Du discours de Starmer à la déclaration de Miliband : continuités et inflexions de la géopolitique britannique

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 21 juil.
  • 2 min de lecture

Le 1er décembre 2025, Keir Starmer, alors PM, prononçait ce qui s'apparente à une doctrine de politique étrangère post-Brexit. Un déclaration structurante, qui articule commerce, sécurité et alliances autour d'un mot d'ordre : un Royaume-Uni « ouvert sur le monde ». Sept mois plus tard, le 20 juillet, la nomination d'Ed Miliband au Foreign, Commonwealth and Development Office (FCDO) donne lieu à une déclaration plus brève, mais dont la tonalité diffère sensiblement, davantage centrée sur l'urgence des crises en cours.



Sans remettre en cause le résultat du référendum, Keir Starmer impute aux gouvernements conservateurs qui l'ont précédé une triple faute. Celles, d'avoir vendu des promesses irréalistes, rompu des alliances essentielles et cultivé un réflexe isolationniste qui a affaibli la voix britannique dans le monde. Le ministre Miliband, dans sa déclaration, considère l'Union et l'Europe comme un tout, des partenaires avec lesquels le Royaume-Uni doit travailler, pour son intérêt. Ce choix permet à Londres de s'inscrire dans un mouvement global, mais traditionnel, pour ses échanges extérieurs et ses alliances.


Je m’efforcerai d’approfondir et de renforcer notre alliance stratégique avec l’Union européenne, si importante pour notre prospérité et notre sécurité, tout en cultivant notre alliance solide, durable et essentielle avec les États-Unis. Je maintiendrai notre engagement envers les institutions multilatérales, de l’OTAN à l’ONU, ainsi que notre collaboration avec nos partenaires internationaux, notamment dans les pays du Sud.

Le pilier des discours de Keir Starmer et Ed Miliband, reste néanmoins l'allaince et la relation transatlantique. Starmer insistait déjà sur le renforcement de la coopération bilatérale avec les États-Unis. La déclaration de Miliband reprend explicitement plusieurs marqueurs de la doctrine Starmer. L'alliance avec les États-Unis y est qualifiée de « solide, durable et essentielle », confirmant la centralité du lien transatlantique déjà affirmée en décembre. Le special relationship sera conservé sous et préservé, comme un levier pragmatique au service de l'innovation, de la défense et de la crédibilité britannique dans les enceintes multilatérales. De même qu'Ed Miliband adopte un ton dicté par l'urgence des conflits en cours. Sa déclaration énumère les foyers de crise auxquels le Royaume-Uni doit répondre, en premier lieu, le soutien continu à l'Ukraine face à l'invasion russe, dans la continuité de l'engagement britannique des quatre dernières années ; la contribution à la résolution du conflit en Iran et à la réouverture du détroit d'Ormuz ; ainsi que la recherche d'une paix durable entre Israël et la Palestine, avec une attention explicite portée aux souffrances de la population de Gaza et à la sécurité d'Israël.


Ed Miliband introduit également des dimensions absentes, ou très secondaires, du discours de Keir Starmer, comme la lutte contre la crise climatique, le renforcement des partenariats de développement international, et la réforme des institutions multilatérales afin qu'elles bénéficient davantage aux pays les plus pauvres. Cette insistance sur les pays du Sud marque une inflexion par rapport à la doctrine Starmer, centrée sur les rapports de puissance entre grands blocs économiques et suggère une volonté de repositionner le Royaume-Uni non seulement comme acteur commercial et sécuritaire, mais aussi comme acteur normatif dans la gouvernance mondiale (NDLR : ce qui manquait cruellement au G7 d'Evian, comme le rapportent les observateurs).





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