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Du territoire isolé au point d’appui stratégique : le Groenland dans la géographie militaire de l’OTAN

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 21 janv.
  • 2 min de lecture

Mi-janvier 2026, le Groenland redevient un point de cristallisation de la sécurité euro-atlantique, avec un enchaînement d’initiatives qui signalent une montée en puissance politico-militaire dans le Grand Nord. D'abord, le le 15 janvier 2026, des militaires français, allemands et suédois sont envoyés au Groenland dans le cadre d’exercices conduits à la demande du Danemark. Puis,  le 19 janvier 2026, Troels Lund Poulsen (Défense danoise) et Vivian Motzfeldt (Affaires étrangères et recherche du Groenland) se rendent au siège de l’OTAN à Bruxelles pour un entretien bilatéral avec Mark Rutte, où l’OTAN met en avant l’importance stratégique de l’Arctique et du Groenland pour la sécurité collective et la dissuasion dans le Grand Nord. Parallèlement, la France demande officiellement l’organisation d’un exercice OTAN au Groenland, une initiative présentée comme un moyen de traiter l’Arctique comme une question de sécurité alliée, dans un contexte de tensions transatlantiques liées aux déclarations de Donald Trump sur le contrôle de l’île.



Le Groenland est au cœur des lignes de communication transatlantiques et des architectures de surveillance du Nord, et il s’inscrit dans une géographie militaire classique (Atlantique Nord, espace nordique, accès à l’Arctique). Cette centralité est d’autant plus nette que l’OTAN assume désormais explicitement que la Russie conserve des capacités significatives dans l’Arctique et que, dans le “High North”, la capacité de Moscou à perturber les renforts alliés et la liberté de navigation dans l’Atlantique Nord constitue un défi stratégique. Dans ce cadre, les rencontres et manœuvres militaires s’inscrivent dans une trajectoire précise, où Copenhague a annoncé en 2025 un renforcement majeur de la défense de l’Arctique et de l’Atlantique Nord, avec un effort financier de plusieurs dizaines de milliards de couronnes, incluant des drones, de nouveaux bâtiments, et une capacité d’avion de patrouille maritime, tandis que l’acquisition de F-35 apparaît comme un volet structurant de la modernisation.


Les signaux politiques envoyés par Donald Trump et son entourage ont ravivé l’idée d’un contrôle américain du Groenland, au point que le gouvernement danois et les autorités groenlandaises ont publiquement rejeté ces menaces et rappelé l’absence de base légale à une annexion. Autrement dit, l’effet Trump est réel sur la communication, mais il ne doit pas être confondu avec la hiérarchie des menaces telle qu’elle est formulée dans les documents et discours de l’OTAN, où la Russie reste la référence structurante et où la Chine apparaît de plus en plus comme un adversaire en Arctique, notamment via ses ambitions d’influence et son rapprochement avec Moscou.

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