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Décryptage : Artemis contre ILRS, de la Guerre froide à la Guerre des étoiles

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 3 déc. 2025
  • 2 min de lecture

En octobre, la Hongrie, la Malaisie et les Philippines ont signé les Accords Artemis, portant à 59 le nombre de pays engagés dans ce cadre juridique qui accompagne le programme américain d’exploration lunaire. Ces adhésions successives renforcent la coalition construite autour des États-Unis pour le retour de l’humanité sur la Lune et l’établissement d’une présence durable dans l’espace extra-atmosphérique. Dans le même temps, la Chine et la Russie poursuivent le développement de leur grand projet lunaire concurrent, la Station internationale de recherche lunaire (ILRS), qui rassemble désormais une douzaine de pays, parmi lesquels le Venezuela, le Pakistan, l’Afrique du Sud, l’Égypte ou encore le Kazakhstan.



Les Accords Artemis définissent les principes qui doivent régir l’exploration lunaire et martienne, sous des normes américaines, à savoir l'utilisation pacifique de l’espace, transparence des activités, partage des données, normes de sécurité, coordination pour éviter les interférences. En clair, c'est un petit peu comme si W. Wislon dictait ses 14 points et ses buts de paix, cette fois dans l'espace. Chaque signature supplémentaire consolide l’idée d’une gouvernance spatiale structurée autour des ces standards. Le fait que la Hongrie, membre de l’UE et de l’OTAN, rejoigne les Accords, tout comme deux États d’Asie du Sud-Est, illustre une réalité stratégique : Washington gagne du terrain dans un espace où Moscou cherche activement à étendre son influence.


Face à cela, la Chine et la Russie défendent leur propre architecture, l’ILRS, présentée comme une alternative à la « domination américaine ». Là où Artemis repose sur un large partenariat ouvert, l’ILRS avance davantage comme un bloc politique, mobilisant des pays proches géopolitiquement de Moscou ou de Pékin, parfois pour des raisons idéologiques ou stratégiques. L’ambition, cependant, est comparable : installer une station scientifique durable sur la Lune, accueillir des équipages humains, tester des technologies pour des missions plus lointaines. Les objectifs se chevauchent presque point par point. La compétition est donc frontale.


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