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Décryptage : De l’Atlantique à la Baltique : ce que la doctrine britannique peut changer dans la protection du flanc nord-est européen

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 21 janv.
  • 2 min de lecture

Tandis que la Pologne assure la présidence du Conseil des Etats de la Mer Baltique (CBSS), les relations entre Varsovie et Londres commencent sous le signe de la coopération en matière de défense, pour l'année 2026. En effet, début janvier 2026, Londres et Varsovie affichent en parallèle une intensification de leur coopération sécuritaire : le 13 janvier, le Premier ministre britannique et le président polonais Karol Nawrocki mettent en avant des projets de défense (dont entraînement et intégration opérationnelle), et le 16 janvier, Radosław Sikorski reçoit à Varsovie David Lammy pour traiter de l’Ukraine et du partenariat bilatéral.


Le contexte du déploiement de l'Atlantic Bastion, en décembre 2025, n'est pas à laisser de côté. Le programme présenté par le ministère britannique de la Défense comme une « force hybride » combinant navires autonomes, capteurs et analyse assistés par IA, bâtiments de combat et aéronefs afin de protéger les câbles et pipelines sous-marins, peut (et doit) intéresser les pays bordant la mer Baltique.



La mer Baltique présente une problématique différente mais compatible les enjeux britanniques. C’est une mer fermée, dense en trafic, saturée d’infrastructures et proche des zones de contact OTAN–Russie. Or, depuis fin 2023, les incidents de dommages sur câbles et interconnexions s’y sont multipliés, alimentant des enquêtes et une pression politique constante sur la protection des fonds marins.  L’OTAN a répondu en lançant Baltic Sentry, précisément avec une combinaison de patrouilles, de moyens aériens, de drones navals et de bâtiments, et en assumant la nécessité de mieux détecter et répondre aux "actes déstabilisateurs" visant les infrastructures critiques.


Sur le fond, on voit la parenté des deux opérations : Atlantic Bastion et Baltic Sentry relèvent de la même idée-force, celle d’une surveillance persistante et d’une capacité de réaction dans un environnement où l’adversaire cherche à rester sous le seuil de l’affrontement ouvert. En effet,  dans la Baltique, la question n’est pas seulement de surveiller le trafic, mais de savoir quand et comment intervenir contre un navire suspect, dans des zones relevant d’eaux territoriales, de ZEE ou d’eaux internationales. Reuters a notamment rapporté en 2025 que certains États baltes se déclaraient prêts à intervenir contre des navires jugés menaçants, signe que la dimension juridique et politico-militaire est déjà au centre des débats.  Sur ce point, l’expérience britannique de l'Atlantic Bastion serait utile, puisque présentée comme un dispositif permettant d’identifier, suivre et répondre, mais il s’inscrit dans des cadres nationaux et alliés qui peuvent nourrir des doctrines plus robustes côté baltique.


C'est là que la séquence Royaume-Uni–Pologne compte. Les échanges du 13 janvier 2026 entre Londres et Varsovie et ceux du 16 janvier entre Sikorski et Lammy montrent une volonté d’approfondir l’intégration opérationnelle (accueil d’un escadron britannique en Pologne, entraînement d’hélicoptéristes polonais au Royaume-Uni, coopération sur la défense aérienne et antimissile) et de l’inscrire dans la sécurité européenne et le soutien à l’Ukraine. La diffusion de méthodes dites "Atlantic Bastion" vers la Baltique est d’autant plus plausible qu’elle s’appuierait sur des partenariats déjà actifs, notamment avec un acteur clé de la région comme la Pologne.

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