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Décryptage : la France soutient la participation de Taïwan aux COP

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 4 févr.
  • 2 min de lecture

Le soutien exprimé par la France, cette semaine, à la participation de Taïwan aux conférences des Parties sur le climat (COP), est une nouvelle main tendue à son partenaire, malgré les tensions renouvelées avec la Chine. Sur une question initiale de M. Yannick Jadot à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, cette position, assumée, prend place alors que Taïwan a annoncé en 2025 réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 26 à 30 % en 2030 et de 36 à 40 % en 2035 par rapport à 2005, l'année de référence.



D'abord, il faut rappeler que la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée en 1992, constitue le socle de cette gouvernance climatique mondiale. Elle marque l’entrée du climat dans le champ de la coopération internationale structurée et institue les COP comme principal forum de négociation, de suivi et de coordination des politiques climatiques. La France a été un acteur constant de ce processus, depuis les négociations fondatrices jusqu’à l’accueil de la COP21 en 2015, qui a abouti à l’Accord de Paris, référence centrale de l’action climatique internationale. Dans ce cadre institutionnel, Taïwan occupe une position singulière. L’île n’est ni partie à la CCNUCC ni signataire de l’Accord de Paris, en raison de son statut international et de son exclusion des Nations unies. Cette absence juridique ne signifie toutefois pas une absence géopolitique. Par exemple, comme le rappelle le ministre des Affaires Etrangères, en marge de la COP30 à Belém, Taïwan a déployé une délégation active, engagée dans des échanges avec des acteurs institutionnels, scientifiques et des organisations de la société civile. De même que l'île a affirmer vouloir réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 26 à 30 % en 2030 et de 36 à 40 % en 2035 par rapport à 2005, l'année de référence. Une volonté qui, selon le sénateur Yannick Jadot, devrait permettre à Taïwan de pouvoir travailler dans un cadre multilatéral.



Ainsi, la position française, défendue par le ministre des Affaires Etrangères, s’inscrit dans la continuité de la politique dite « d’une seule Chine ». Sur le fond, la France reconnaît le rôle concret de Taïwan dans la lutte contre le changement climatique. L’île dispose de capacités industrielles, technologiques et scientifiques significatives, notamment dans les domaines de la décarbonation industrielle, des semi-conducteurs à faible empreinte carbone et de l’innovation énergétique. Les coopérations scientifiques entretenues avec la France témoignent d’une approche fonctionnelle, fondée sur les résultats et l’expertise plutôt que sur le statut diplomatique. Mais, le ministre, lucide, explique que cette participation doit être limitée, aux intérêts de la communauté internationale et lorsque les statuts des organisations concernées le permettent... notamment pour ménager le partenaire chinois et défendre la politique d'une seule Chine.

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