Décryptage : Le virage énergétique de l’Europe centrale, pression américaine ou choix souverain?
- cirmafrance
- 16 févr.
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Le secrétaire d’État Marco Rubio l’avait exprimé lors d’une conférence de presse avant son départ pour la Conférence de Munich. La question de la souveraineté énergétique des pays d’Europe centrale était au cœur de l’agenda politique du secrétaire d’État, en déplacement en Allemagne, en Slovaquie et en Hongrie. À Bratislava et à Budapest, les 15 et 16 février, le secrétaire d’État Marco Rubio a annoncé des mesures concrètes en vue de la construction de centrales nucléaires en Europe centrale, utilisant des technologies nucléaires américaines de pointe et renforçant ainsi les intérêts communs en matière de sécurité dans la région. Alors, la question de la dépendance énergétique est-elle réellement réglée ?

Depuis l’invasion russe de l’Ukraine, la vulnérabilité énergétique de l’Europe centrale est devenue un enjeu central pour l'administration américaine et, surtout, pour Donald Trump. Plusieurs États de la région dépendaient historiquement du gaz russe et, pour certains, de technologies nucléaires russes (notamment via Rosatom). En soutenant des projets nucléaires américains en Slovaquie et en Hongrie, Washington cherche donc à réduire l’espace d’influence technologique russe dans la région. Il s’agit d’un prolongement stratégique de la politique de sanctions et de diversification engagée depuis 2022.
D'abord, en Slovaquie, la mise en œuvre de l’accord intergouvernemental signé le 16 janvier marque une étape concrète, avec le financement américain pour la phase FEED (Front-End Engineering and Design). Cette phase d’ingénierie préliminaire est stratégique, puisqu'elle conditionne la faisabilité technique, les coûts et le calendrier du projet. De même que la signature d’un accord nucléaire civil bilatéral avec la Hongrie, ouvre la voie à des décennies de coopération. Washington pousse activement Budapest à privilégier des petits réacteurs modulaires (SMR) américains plutôt que d’autres options, notamment russes, ou européennes.
Toutefois, ces accords réduisent, certes, la dépendance vis-à-vis de la Russie, mais ils créent une nouvelle interdépendance transatlantique. Le nucléaire civil n’est jamais neutre politiquement et suppose des engagements de long terme, une coopération réglementaire et des chaînes d’approvisionnement technologiques.



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