Décryptage : Moscou dénonce la « menace » de l’OTAN après les propos du général Cavo Dragone
- cirmafrance
- 2 déc. 2025
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Le 1ᵉʳ décembre, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a réagi avec virulence à une déclaration du président du Comité militaire de l’OTAN, le général Giuseppe Cavo Dragone. Celui-ci avait évoqué, dans un entretien accordé au Financial Times, la possibilité pour l’Alliance d’envisager des frappes préventives contre certaines « attaques hybrides » attribuées à la Russie. Moscou y a vu « un acte d’extrême irresponsabilité » et une preuve de l’escalade voulue par l’OTAN.

Dans sa déclaration, Maria Zakharova s’indigne de l’idée même de frappes préventives, présentées par Cavo Dragone comme susceptibles « d’être considérées comme défensives ». Pour Moscou, cette formulation est une ligne rouge. La Russie affirme que de telles paroles révèlent les « intentions agressives » de l’OTAN et constituent une tentative de « saper les efforts » en faveur d’une résolution du conflit ukrainien. Ce positionnement s’inscrit parfaitement dans le discours russe bien rodé... Depuis le début de la guerre, Moscou construit méthodiquement l’image d’une Alliance atlantique qui se préparerait à attaquer la Russie, afin de légitimer sa propre posture militaire, justifier la poursuite de la guerre et entretenir une mobilisation politique intérieure. La dénonciation de « l’hystérie antirusse » et des « accusations sans preuve » fait partie de ce cadre narratif, qui transforme chaque déclaration occidentale en menace existentielle.
Cette séquence survient alors que les relations entre Moscou et l’OTAN ont atteint leur point le plus bas depuis la fin de la guerre froide. L’Alliance a consolidé son flanc est, renforcé sa présence en mer Baltique et en mer Noire, et accueilli la Finlande puis la Suède, un élargissement que Moscou décrit comme une “menace stratégique”. Elle intervient aussi à un moment délicat, où des efforts diplomatiques sont en cours pour tenter d’esquisser une voie de sortie au conflit en Ukraine, rendant ce type de déclaration encore plus sensible.



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