Goodbye Evian, welcome to Miami : les priorités du G20 sous présidence américaine
- cirmafrance
- 17 juin
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En juin 2026, la France préside le G7 d'Évian-les-Bains (15-17 juin), réunissant les sept grandes démocraties industrialisées (NDLR : en date de 1975) autour d'un agenda ambitieux centré sur la réduction des déséquilibres mondiaux, le soutien à l'Ukraine, la protection de l'enfance en ligne et la lutte contre la criminalité organisée.
Mais, six mois plus tôt, le 1er décembre 2025, les États-Unis de Donald Trump avaient repris la présidence du G20, qu'ils exerceront jusqu'au sommet de Miami de décembre 2026, avec une feuille de route radicalement différente, centrée sur la déréglementation économique, la souveraineté énergétique et le développement des technologies émergentes.

L'importance accordée à la venue du président Donald Trump, au G7 d'Evian, n'est pas passée inaperçue. Beaucoup se réjouissent de l'implication du président des Etats-Unis dans les discussions et les échanges. Néanmoins, le sommet d'Evian pourrait bien être renversé par les futurs G20 et G7, tous deux sous présidence américaine.
De ce fait, l'articulation entre le G7 d'Évian et le G20 de Miami dessine les contours d'un ordre mondial en recomposition, mais surtout fragmenté. La France espère que les "diagnostics partagés" d'Évian alimenteront les décisions de Miami et c'est le pari de la continuité institutionnelle. Mais rien ne garantit que Donald Trump, entre juin et décembre 2026, ne modifiera pas son rapport de force avec les autres membres du G20, qui inclut la Chine, le Brésil, l'Inde, l'Indonésie ou l'Arabie Saoudite.
La différence la plus notable se trouve dans la composition des groupes. Là où le G7 d'Evian fait le choix d'inviter Volodymyr Zelensky, le G20 de Miami attend avec l'impatience, la venue de Vladimir Poutine.


Ce qui se dessine, au fond, est une gouvernance mondiale à deux vitesses et peut-être à deux registres. D'un côté, un G7 rénové sous influence française qui tente de maintenir une coordination normative sur les grandes crises (Ukraine, enfance, crime organisé, IA) ; de l'autre, un G20 américanisé qui réduit la gouvernance économique mondiale à ses fonctions de base, en expurgeant les engagements qui contraignent la liberté de manœuvre des grandes puissances. La question qui restera ouverte bien au-delà de l'année 2026 est de savoir si ces deux formats peuvent continuer à coexister sans que leur contradiction de fond ne finisse par les vider tous les deux de leur substance.

Le G20 de Miami, prévu pour décembre 2026 au Trump National Doral, incarne une philosophie radicalement opposée. En choisissant sa propre propriété comme lieu du sommet, reprenant un projet avorté de son premier mandat, Donald Trump brouille délibérément les frontières entre intérêt national, intérêt personnel et agenda multilatéral.
Ce choix est d'ailleurs décrié par de nombreux observateurs et est aussi un signal de gouvernance, car le G20 de Miami sera un sommet "à l'américaine", pour un agenda américain du G20. Washington pense en termes de "compétitivité à restaurer unilatéralement", là où Paris cherche à réformer l'aide au développement pour en faire des "partenariats mutuellement bénéfiques", Trump supprime simplement les thématiques de développement de l'agenda du G20. C'est moins une vision alternative du multilatéralisme qu'un retrait de facto de la logique multilatérale elle-même.
Ainsi, dans ses orientations, l'agenda américain du G20 s'articule autour de trois axes. D'abord, la prospérité économique par la déréglementation constitue, pour, les États-Unis, le moyen de réduire les contraintes réglementaires jugées inutiles, promouvoir une gouvernance efficace et transparente favorable à l'investissement, et encourager les meilleures pratiques en matière de création d'emplois et de productivité.
La souveraineté énergétique forme le deuxième pilier, sur lequel se repose Washington, qui cherche à élargir l'accès à une énergie abordable, fiable et sécurisée, à renforcer l'indépendance énergétique américaine et celle de ses partenaires, tout en garantissant que l'offre répond à une demande mondiale en constante croissance.
Enfin, l'innovation technologique complète ce cycle, avec la volonté de déployer les technologies émergentes (et américaines) pour stimuler la croissance, consolider les chaînes d'approvisionnement technologiques et former les talents qualifiés nécessaires à l'écosystème d'innovation américain, notamment pour libérer un potentiel technologique qui renforce simultanément la sécurité nationale et le bien-être des individus comme des entreprises.



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