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La Guinée, un modèle de développement régional et mondial grâce au projet Kounki centré sur l’économie bleue.

  • Ismael West
  • 22 mai
  • 3 min de lecture

Le 27 avril 2026, le ministère de la Pêche et de l’Économie maritime de la Guinée a lancé le projet Kounki. Ce projet vise à améliorer la gestion des pêches, à soutenir la pêche artisanale, à développer l’aquaculture, à faciliter l’accès aux financements pour les entreprises du secteur et à renforcer la résilience climatique des communautés rurales et côtières. 



Ce projet, placé sous la direction du président de la République, S.E.M. Mamadi Doumbouya, et du Premier ministre Amadou Oury Bah, s’articule autour de quatre composantes, pour renforcer la gestion durable et communautaire des pêches, avec un accent mis sur la gouvernance, les plans de gestion, le suivi scientifique des stocks et l’inclusion des femmes dans les instances locales.


Ce projet est en partie financé par des instances internationales, telles que l’Agence française de développement (AFD), Banque mondiale ou encore par une subvention de 5 millions de dollars de PROBLUE, 4 millions d’euros issus du Contrat de Désendettement et de Développement France-Guinée (C2D), portant le montant total à 132 millions de dollars. Des financements qui entrent  dans le cadre d’une recherche de stabilité régionale par le développement de projets économiques et le respect des engagements de développement durable de l’ONU. Par ailleurs, Issa Diaw, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale pour la Guinée précise que l’institution  s’engage à :


« soutenir la Guinée dans son parcours vers le développement durable. En investissant dans la résilience des communautés de pêche et d'aquaculture, nous répondons aux défis immédiats, et nous posons également les bases de la croissance économique à long terme et de la sécurité alimentaire, ».

Notamment parce que le projet Kounki contribue à la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement de la Guinée "Simandou 2040" et de la Stratégie Halieutique (2022-2027).  


Ce projet prévoit aussi le renforcement des systèmes de suivi, de contrôle et de surveillance des activités de pêche, la modernisation des ressources de patrouille, ainsi que l’amélioration de la transparence grâce à des systèmes d’information complets et à la conformité aux initiatives internationales. Enfin, il inclut un volet de renforcement des capacités institutionnelles des acteurs publics, par la formation, l’assistance juridique et des études stratégiques pour évaluer le potentiel halieutique et délimiter la zone économique exclusive de la Guinée.


En ensemble de mesures destiné au golfe de Guinée et à l’archipel des Bijagos, un espace stratégique au carrefour des grandes routes maritimes où transitent chaque jour près de 4 000 navires en proie à la piraterie, au brigandage, à la pêche illicite, au trafic de drogue et à l’immigration clandestine (ministère de la Défense français).


Cette annonce s’inscrit dans un contexte plus global de développement de l’économie bleue, en lien avec l’ODD 14 (Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines pour un développement durable), ainsi que dans une prise de conscience de l’importance de la mer et de l’océan pour le développement économique des pays côtiers africains. En ce sens, le projet synthétise l’ensemble des enjeux régionaux : d’abord, le développement d’un secteur durable et résilient, modèle alternatif mondial de croissance économique ; ensuite, la lutte contre la pêche illégale, qui coûte à l’Afrique 11,5 milliards de dollars par an (Financial Transparency Coalition) ; enfin, la volonté d’un encadrement législatif plus rigoureux pour une meilleure maîtrise du territoire maritime.


Au-delà du développement économique de la Guinée, le projet Kounki est conçu pour être multiforme et répondre à plusieurs problématiques à la fois, avec une approche multisectorielle et multiscalaire. En effet, le développement de l’économie bleue répond à des besoins nationaux et régionaux en matière de sécurité alimentaire, d’emplois et de lutte contre l’immigration clandestine. Par la stabilisation locale, nationale et régionale, la Guinée, voisine de pays comme le Mali ou le Nigeria, où l’instabilité est chronique, cherche à limiter les mouvements de populations et les périodes de troubles frumentaires.


C’est dans ce cadre qu’a aussi été signé un accord de pêche entre l’Union européenne et la Guinée-Bissau, le 2 avril 2025, autorisant l’accès des bateaux européens aux eaux poissonneuses du pays en échange de fonds monétaires à hauteur de 85 millions d’euros sur 5 ans, dont 4,5 millions spécifiquement dédiés à la gestion durable des pêcheries locales et aux communautés de pêcheurs locales.


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