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La question d'une diplomatie européenne : l'Allemagne envisage la diplomatie comme une compétence de l'Union

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    cirmafrance
  • il y a 11 minutes
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Le 11 juillet 2026, en amont du Conseil des ministres franco-allemand, le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul annonçait une initiative commune avec Paris sur le Liban, avant d'évoquer, plus discrètement, un assouplissement de l'étau des compétences nationales sur la politique étrangère européenne. Six jours plus tard, les conclusions du Conseil franco-allemand de défense et de sécurité consacraient un paragraphe entier au Liban, mais sans redéfinir les compétences de l'Union en matière de politique étrangère.



Le 11 juillet 2026, dans un entretien accordé au quotidien Der Tagesspiegel, Johann Wadephul annonçait la mise en chantier d'une politique commune franco-allemande à l'égard du Liban, destinée à accroître les chances de paix au Proche et Moyen-Orient. L'annonce s'inscrivait dans l'agenda du 26e Conseil des ministres franco-allemand, prévu la semaine suivante, et venait réaffirmer l'un des engagements du traité d'Aix-la-Chapelle de 2019, qui appelle les deux pays à rapprocher leurs positions diplomatiques et à agir de concert dans les enceintes internationales. Un rapprochement diplomatique, interprété par le ministre, commune une dilution de cette compétence régalienne au profit de l'Union Européenne.


Le projet de faire de la politique étrangère une compétence partagée à l'échelle de l'Union n'est pas une improvisation de la part du ministre. En effet, cette déclaration prolonge et questionne la ligne diplomatique allemande, depuis plusieurs années. Dès mai 2023, Berlin avait pris la tête d'un « groupe des amis » du vote à la majorité qualifiée en matière de politique étrangère et de sécurité commune, rassemblant, aux côtés de l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Slovénie. L'objectif de cette union consistait à sortir l'Union de la règle de l'unanimité, chaque État disposant d'un droit de veto de fait sur les prises de position communes. Néanmoins, si la France a figuré parmi les signataires du « groupe des amis » de 2023, sa position demeure plus ambivalente que celle de l'Allemagne, et ce pour des raisons qui touchent à des éléments constitutifs de sa politique étrangère. Notamment parce que la France est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et une puissance dotée de l'arme nucléaire, ce qui lui confère, dans l'ordre international actuel, des attributs de souveraineté diplomatique et stratégique que l'Allemagne ne possède pas. Toute mutualisation poussée de la compétence diplomatique au niveau de l'Union pose donc, pour Paris, la question de la dilution d'un statut international acquis et d'une mutualisation de moyens régaliens, contre la tradition gaullienne de la République.



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