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Le coq, le soleil blanc et la patate douce : une petite histoire des relations entre la France et la République de Chine (Taïwan) : Série 1/ 4

Alex Desmules
24 sept.
22 min de lecture

Chapitre 1 – Difficiles frères d’armes : la République de Chine et la France face à l’impérialisme japonais et à la Guerre civile


Le 27 janvier 1964, citant le poids de « l’évidence et de la raison » et l’impossibilité de continuer à ignorer l’établissement de la République Populaire de Chine (RPC)1, le Président français, Charles de Gaulle (1890-1970), abandonnait les relations diplomatiques avec la République de Chine (RdC) du Généralissime Chiang Kai-shek (1887-1975). Ce dernier était, depuis 1949, replié sur l’île de Taïwan et avait perdu le contrôle du Continent. C’est généralement par ce seul fait, lapidaire et par ailleurs inexact, que les relations entre la France et le régime de la RdC sont expédiées dans la plupart des monographies consacrées à l’histoire diplomatique française ou au Général. Cette lecture prive largement Taipei (et même Pékin) d’agentivité alors même que la reconnaissance française du régime de Mao Zedong (1893-1976) sonne comme un coup de tonnerre sur la scène diplomatique asiatique. Elle met fin à presque 40 années d’échanges diplomatiques officiels entre Paris et Nanjing puis Taipei sans, cela dit, mettre pour autant fin à des contacts officieux qui se poursuivent jusqu’à nos jours.


Pour mieux comprendre les relations actuelles, en vérité quasi d’État à État (elles en ont tous les atours, sauf le nom), entre la France et Taïwan, il s’agit de replonger dans cette histoire diplomatique peu connue et pourtant foisonnante. Il faut se demander comment ces relations se sont bâties à l’aune des volontés d’unification de la Chine, mais aussi des volontés d’indépendance, marquées à Taïwan depuis les années 1980. L’objectif de cette série d’articles est donc de regrouper et de contextualiser tous les éléments de rapports diplomatiques et politiques, économiques et culturels entre la France et la République de Chine, d’abord sur le « Continent » (大陸, dàlù, sous-entendu ici la Chine Continentale), puis à Taïwan.


Il s’agit alors, dans un premier temps, de revenir en arrière et d’étudier les relations entre la France et le régime de la République de Chine dès l’établissement du pouvoir nationaliste de Chiang Kai-shek à Nanjing en 1926 et alors que le Généralissime peut encore prétendre à diriger la Chine. La France entretient alors un rapport impérialiste à la Chine, qui se trouve dans une position de subjugation face aux puissances occidentales. Les relations entre Paris et le Kuomintang (Parti nationaliste chinois – KMT) sont marquées en particulier par l’implantation de la France à Shanghai et en Indochine. Les deux pays se retrouvent cependant dans une situation comparable pendant la Seconde Guerre mondiale, avec l’établissement de régimes fantoches de l’Axe (l’État français et le Gouvernement réorganisé de la RdC fondés tous deux en 1940). Le poids de la question indochinoise marque par la suite largement les relations entre Paris et le régime du KMT dans la première partie de la Guerre Froide, jusqu’à l’exil des troupes de Chiang Kai-shek sur l’île de Taïwan. Ce premier chapitre tend donc à étudier cette période qui s’étend de la fin du XIXe siècle jusqu’à la victoire de 1945 afin de contextualiser des relations ancrées dans le colonialisme européen en Asie et sur l’épreuve commune de la guerre face aux Puissances de l’Axe.


Une France impérialiste dans une Chine post-impériale


              Comme la plupart des puissances occidentales, la France a largement profité de l’affaissement de l’empire mandchou des Qing pour s’installer en Asie de l’Est. La France est la troisième puissance à imposer un traité inégal à l’Empire en 1844 (le Traité de Huangpu) pour obtenir des concessions similaires à celles imposées par le Royaume-Uni en 1842 dans le cadre du Traité de Nanjing mettant fin à la Première guerre de l’opium. Paris participe à la coalition qui frappe l’Empire et met à sac le Palais d’Été en 1858 lors de la Seconde guerre de l’opium et obtient, de fil en aiguille, des concessions territoriales à Shanghai (1849), Guangzhou (1861), Tianjin (1861) et Hankou (1896). Entre 1884 et 1885, les flottes de la IIIe République frappent l’Empire de nouveau pour faire refluer les intérêts mandchous et chinois en Indochine et tenter de s’emparer de l’île de Taïwan. En 1899, Paris obtient aussi, près de l’île de Hainan, le bail de la ville de Guangzhouwan (Kouang-Tchéou-Wan, Fort-Bayard) qu’elle compte exploiter comme son Hong Kong personnel. Enfin, en 1900, la France fait partie de la Ligue des huit nations qui « punit » les fameux rebelles boxers anti-occidentaux et la Cour impériale qui les avait soutenus, tirant, par le Protocole de paix Boxer (1901), de nouveaux avantages financiers et politiques. En sus, depuis 1910, la France a terminé la construction d’un chemin de fer Indochine-Yunnan, long de 855 km et l’un des principaux avoirs de Paris en Chine.


Le Maréchal Joffre rencontre le Seigneur de la Guerre Zhang Zuolin, Mukden, février 1922. Photographie officielle, Service historique de la Défense, Vincennes, Fonds Joffre, Sous-série GR 14 N.
Le Maréchal Joffre rencontre le Seigneur de la Guerre Zhang Zuolin, Mukden, février 1922. Photographie officielle, Service historique de la Défense, Vincennes, Fonds Joffre, Sous-série GR 14 N.

Autant dire que lorsque l’Empire s’effondre en 1911, Paris a de substantiels intérêts sur le territoire chinois. En sus, elle exerce une influence importante sur les provinces du Fujian et du Yunnan où ses intérêts économiques sont largement présents.


Paris reconnaît en 1913 la nouvelle République de Chine qui s’est établie sur les décombres de la Dynastie Qing. L’ambassade française à Pékin s’emploie alors à convaincre le nouveau gouvernement, dominé par des seigneurs de la guerre, de s’engager du côté de l’Entente dans la Grande Guerre2. C’est chose faite en 1916 lorsque le général et Premier ministre Duan Qirui (1865-1936) autorise l’envoi de combattants et surtout de travailleurs chinois en France. À partir de 1919, la France accueille aussi le mouvement Travail-Études (留法勤工儉學運動, Liú Fǎ qíngōng jiǎnxué yùndòng) qui accueille de jeunes Chinois à Montargis, à Lyon et à Paris, parmi lesquels Zhou Enlai (1898-1976), Deng Xiaoping (1904-1997) et Chen Yi (1901-1972).


Alors que le pays s’enfonce dans la division, la France soigne ses relations avec les potentats locaux comme Zhang Zuolin (1875-1928), le seigneur de la guerre de Mandchourie, qui accueille une visite du Maréchal Joffre (1852-1931)3, en 1922, ou Tang Jiyao (1883-1927), maître du Yunnan qui pourrait menacer les intérêts français. La situation est périlleuse pour la France qui essaie d’éviter d’insulter l’avenir en soutenant un parti potentiellement perdant. Le retour du révolutionnaire républicain Sun Yat-sen (1866-1925)4, à la tête d’un gouvernement rival, proche des Soviétiques, installé à Guangzhou, complexifie d’autant plus la situation. L’inquiétude occidentale face à ce nouveau mouvement, de surcroît anti-occidental, couplée au zénith de la puissance de Zhang Zuolin qui s’impose à Pékin, voit la France faire, finalement, le pari du seigneur de guerre de Mandchourie. Les incidents anti-étrangers qui émaillent la montée en puissance de Sun Yat-sen et de son parti, le KMT, semblent conforter, dans un premier temps, le choix de la légation française en Chine. C’est un pari perdant5. Sun Yat-sen disparu en 1925, il est remplacé par un duumvirat énergique mené par le politicien Wang Jingwei (1883-1944) et le militaire Chiang Kai-shek qui chassent les seigneurs de la guerre de la côte6. Zhang Zuolin, en fuite, finit même assassiné par les Japonais en 19287.


Du point de vue des nationalistes qui s’installent à Nankin en 1927, la France est à la fois un partenaire potentiel, un adversaire et un colon qui émiette la Chine. Chiang Kai-shek, qui a éliminé politiquement Wang Jingwei et qui a lancé une violente répression contre ses anciens alliés communistes, cite à l’envie Napoléon et connaît très bien la Concession française de Shanghai, mais les accointances s’arrêtent là8. De fait, les puissances occidentales hésitent à déplacer leurs ambassades à Nankin, ville marécageuse et peu avenante, préférant Pékin9, surtout qu’un déménagement pourrait s’avérer coûteux si la réalité du pouvoir nationaliste s’avérait aussi friable que celle de ses prédécesseurs. Malgré tout, à l’initiative du ministre plénipotentiaire Damien de Martel (1878-1940), la France demande l’ouverture d’un consulat à Nankin en 192910. Le gouvernement de Chiang Kai-shek, à cette époque, renégocie avec toutes les puissances, la validité des traités inégaux. Nankin fait abroger tous les traités arrivés à expiration en 1930 et retrouve son indépendance douanière. L’arrivée des nationalistes confirme aussi l’application du Traité des Neuf puissances, signé en 1922 notamment par la France, qui garantit l’intégrité du territoire chinois11. Puissance majeure, la France réussit cependant à conserver l’essentiel de ses privilèges (dont l’extraterritorialité) et surtout ses concessions. La Chine insiste cependant pour réviser les traités de 1886, 1887 et 1895 qui régentent ses relations avec l’Indochine.


L’influence nationaliste sur le Vietnam est notable, Sun Yat-sen ayant largement influencé l’indépendantiste Phan Bội Châu (1867-1940), fondateur du parti nationaliste Việt Nam Quốc Dân Đảng (VNQDD) qui adopte l’idéologie tridémiste du KMT12. Chiang Kai-shek lui-même avait formé quelques partisans du VNQDD à l’Académie militaire de Huangpu en 1925 et offert un refuge au parti, interdit par les autorités coloniales après l’échec du soulèvement de Yen Bai en 193013. La tentative de révision en 1930 se bute à des intérêts contraires des deux côtés, Nankin voyant l’Indochine comme son arrière-cour et Paris craignant une subversion nationaliste au Vietnam. Le traité franco-chinois du 16 mai 1930 se contente ainsi de régulariser les relations diplomatiques et douanières14. Un nouveau traité finit par être adopté le 4 mai 1935, régularisant notamment les tarifs douaniers indochinois et permettant à la Chine d’ouvrir des consulats au Tonkin15.


La France et la Chine face à l’impérialisme japonais


              Le gouvernement nationaliste de Nankin, en manque de stabilité, est l’une des premières victimes de la désagrégation générale de l’ordre international au début des années 1930. En 1931, un groupe de généraux japonais conjurés organise l’Incident de Mukden et provoque l’invasion généralisée des provinces de Mandchourie16. Tōkyō place l’ancien empereur Qing Aisin Gioro Puyi (1906-1967) à la tête du nouvel État fantoche sécessionniste du Mandchoukouo. Le KMT, incapable de fédérer les seigneurs de la guerre et toujours handicapé par les insurrections communistes, échoue à repousser un ennemi plus puissant et mieux organisé. Chiang Kai-shek juge alors nécessaire de gagner du temps. Il souhaite éliminer les guérillas communistes et renforcer l’armée avant de se retourner contre le Japon.


Chars Renault FT appartenant au Détachement français de Changhaï, chargé de la protection de la Concession française de Shanghaï, Shanghai, 1938. Domaine public, Wikimedia Commons.
Chars Renault FT appartenant au Détachement français de Changhaï, chargé de la protection de la Concession française de Shanghaï, Shanghai, 1938. Domaine public, Wikimedia Commons.

À ces fins, il cherche à mobiliser les puissances occidentales contre ses ennemis. Cela tombe bien, la France est justement, au même moment, en train de bâtir son concept de sécurité collective afin d’empêcher un nouveau conflit mondial. Elle a, de plus, été spectatrice des combats que se sont livrés Chinois et Japonais à Shanghai en 1932 (dans le cadre de la crise mandchoue), en tant que puissance concessionnaire de la ville. Chiang dépêche à Paris l’un des quatre anciens du KMT, Li Shizeng (1881-1973), fondateur des programmes Travail-Études, pour essayer d’obtenir un soutien financier en France17. Il accepte aussi de faire revenir Wang Jingwei (1883-1944), politicien populaire mais surtout très favorable à la France, où il a passé de nombreuses années pendant la Première Guerre mondiale18. Mais le gouvernement de Nankin finit par renforcer sa collaboration avec l’Allemagne, qui a avancé ses pions en Chine bien plus efficacement que la France. De fait, Nankin et Paris sont aux prises dans un conflit territorial de base intensité concernant les îles Spratley et Paracel, en mer de Chine méridionale, revendiquées comme partie de l’Indochine française par le gouvernement français19.


La coopération sino-française s’illustre ainsi plus dans le domaine économique que dans les domaines politico-militaires. Le ministre des Finances chinois et beau-frère de Chiang Kai-shek, T.V. Soong (1894-1971), fait appel à un banquier français pour aider le pays à se reconstruire. Jean Monnet (1888-1979), à l’époque, revient des États-Unis où il a fait fortune dans la contrebande d’alcools. Il n’est pas encore l’un des pères de l’Europe, mais il est déjà un grand nom des milieux financiers internationaux. En Chine, Monnet devient le créateur de la China Development Finance Corporation, un syndicat interbancaire chargé de financer les projets du gouvernement nationaliste. Essentiellement infrastructurels, les projets sont rapidement concentrés, à partir de 1937, dans la région sud-ouest de la Chine et permettent de financer les voies de ravitaillement avec le monde extérieur, via la Birmanie et l’Indochine. Il reste un intermédiaire pour la Chine jusqu’en 1940, date après laquelle il n’aura plus véritablement de relations avec l’Asie20.


Le déclenchement, en 1937, de la Seconde guerre sino-japonaise rebat les cartes. Le régime de Chiang Kai-shek est battu dans le nord de la Chine et, après une lutte acharnée à Shanghai, est obligé de se replier vers le centre et le sud de la Chine. Le gouvernement s’installe à Wuhan puis à Chongqing où il reste jusqu’en 1946. La délégation diplomatique française ne suit cependant pas. Certes, un groupe consulaire est envoyé au consulat de Chongqing, mais l’ambassade reste à Pékin. Cette décision est logique. L’écrasante majorité (2 360 individus) des quelque 2 600 Français en Chine réside, en 1940, sur le territoire chinois occupé21.


Les missions de l’ambassade sont largement bouleversées par le conflit. Le Japon représente un nouveau danger à la présence française dans la région. L’attaché militaire adjoint de l’ambassade, le lieutenant-général Jacques Guillermaz (1911-1998), arrivé quelques mois plus tôt, est chargé de suivre l’évolution de la guerre et multiplie les déplacements, notamment en Chine du Nord, où il visite Kalgan et la Mongolie intérieure avec l’attaché américain22, le général Joseph Stilwell (1883-1946)23. Mais, la France ne possède pas autant d’intérêts dans la région que les puissances anglo-américaines et, surtout, se sent largement menacée en Europe. Dès lors, le personnel diplomatique français joue l’apaisement et la neutralité, malgré une sympathie interpersonnelle pour les Chinois résistants. La diplomatie française accepte largement les invitations de négociations et de discussions de l’état-major de l’armée japonaise en Chine du Nord d’un côté, mais de l’autre, refuse catégoriquement de reconnaître l’État fantoche du Gouvernement provisoire de la République de Chine fondé par le politicien désœuvré Wang Kemin (1879-1945)24.


Le soutien matériel français à la Chine est peu important, surtout par rapport aux livraisons britanniques envoyées depuis la Birmanie, mais il est tout de même notable. Le gouvernement de Camille Chautemps (1885-1963) valide dès octobre 1937 l’autorisation d’envoi de matériel militaire par le Tonkin puis par la ligne de chemin de fer du Yunnan. Le soutien français varie cependant en fonction des gouvernements et des pressions japonaises sur une Indochine très vulnérable aux appétits tokyoïtes. De nouveau, en janvier 1938, les transferts sont interdits après protestation diplomatique du Japon, même si les trafics sont largement ignorés25.  Les principales figures soutenant la Chine à Paris sont le ministre des Colonies Georges Mandel (1885-1944) et le gouverneur général d’Indochine à partir de 1939, le général Georges Catroux (1877-1969)26. Mandel, en particulier, souhaite lancer un « Plan Mandel » pour mettre à disposition des Chinois des avions, des usines d’armement et de munitions en Indochine27. Si le projet est bloqué, de peur de provoquer l’ire nipponne, Mandel parvient à relancer les livraisons au mitan 1938.

Du côté chinois, Chiang Kai-shek est plus concentré sur l’obtention des aides soviétiques et américaines, mais il s’enquiert tout de même du soutien français. Depuis 1936, l’ancien président de la République et francophile Wellington Koo (1888-1985) était devenu ambassadeur en France. Le travail de Koo consistait essentiellement à maintenir la ligne du Yunnan ouverte et à faire connaître la situation de la guerre en Chine. De même, en 1938, T.V. Soong est dépêché en Indochine pour soutenir l’idée du Plan Mandel et acheter des avions français28.


La multiplication des Frances et des Chines : Vichy, Wang Jingwei, Chiang Kai-shek et De Gaulle

               La défaite de 1940 percute la politique extrême-orientale française. L’Indochine, désormais totalement vulnérable aux appétits japonais, devient un véritable théâtre d’ombres. La prise de l’île de Hainan par Tōkyō menace directement Guangzhouwhan et le golfe du Tonkin. De surcroît, la présence depuis 1939 de Wang Jingwei à Hanoï complique les relations avec la Chine, surtout que celui-ci reçoit assez ouvertement des émissaires japonais29. Le général Catroux, jugé peu fiable par Vichy, est remplacé par l’Amiral Decoux (1884-1963). Les routes vers la Chine sont fermées pour apaiser le Japon, mais la décision de collaborer avec Tōkyō ne vient que plus tard. En août 1940, un conseil secret a lieu à Vichy, alors que Wellington Koo tente de faire pression sur le régime. Le ministre aux Colonies Henri Lémery (1874-1972) et certains officiers supérieurs tentent de convaincre Vichy de continuer dans la solidarité sino-française contre le Japon et de s’engager à soutenir le gouvernement nationaliste30. La proposition est accueillie frileusement par le ministre des Affaires étrangères Paul Baudouin (1894-1964) qui adopte une politique d’apaisement avec le Japon. Une convention spéciale, qui octroie, entre autres, un droit de passage et un accès aux aérodromes du Tonkin aux Japonais, est signée le 30 août 1940. Les pro-japonais prennent le pas sur le gouvernement. Lémery est remplacé par l’Amiral Platon (1886-1944), zélé collaborationniste antisémite, qui considère Chiang Kai-shek comme somme dérisoire. Avec le soutien de Platon, Decoux va jusqu’à proposer à Vichy d’agir hostilement contre le gouvernement nationaliste et tenter d’obtenir, à la faveur du Japon, le détachement et la collaboration du seigneur de la guerre du Yunnan, Long Yun (1884-1962)31. La signature de la convention militaire franco-japonaise d’octobre 1940 s’inscrit dans cette donnée, offrant au Japon la possibilité d’utiliser le Tonkin comme rampe de lancement contre les territoires chinois libres. La guerre contre la Thaïlande joue d’autant plus dans l’ancrage de l’Indochine du côté de l’Axe, surtout que Decoux et une majorité de la population française de la colonie sont viscéralement maréchalistes. Jusqu’à la fin, l’Indochine restera la colonie modèle de Vichy où les fonctionnaires de l’État français appliqueront avec zèle les lois antisémites et planifieront même une attaque contre la Nouvelle-Calédonie gaulliste32.


L’Amiral vichyste Jean Decoux (centre) en négociations avec les généraux Kyōji Tominaga (gauche) et Issaku Nishihara (droite), 30 août 1940. Domaine public, Wikimedia Commons.
L’Amiral vichyste Jean Decoux (centre) en négociations avec les généraux Kyōji Tominaga (gauche) et Issaku Nishihara (droite), 30 août 1940. Domaine public, Wikimedia Commons.

Shanghai devient un véritable panier de crabes. L’arrivée du très vichyste Roland de Margerie (1899-1990) au poste de gouverneur de la concession traduit bien l’évolution du climat. Les Français d’Asie sont ainsi pour l’essentiel tiraillés entre neutralisme et loyalisme vichyste, les quelques gaullistes se regroupant autour de l’entrepreneur Rodérick Egal (1892-1947) qui fonde le groupe « France Quand Même »33. Ancien combattant, il représente L’Oréal et les Grands Magasins du Louvre à Shanghai et fait partie des notables de la colonie. Sa cause jouit, cela dit, de peu de sympathies à Shanghai mais réussit à recruter 65 hommes, essentiellement des policiers de la Concession, dont le numéro 2 de la police concessionnaire, Robert Jobez (1898-1979), pour rejoindre les FFL34. Malgré tout, il reçoit le soutien d’un des hommes les plus importants de la communauté française de la ville, le « Roi français de Shanghai », le très riche entrepreneur Félix Bouvier (1888- ?)35, largement engagé dans la cause française libre. En contact avec Egal, le consul de France à Hong Kong, Louis Reynaud (?-1943) réussit à placer l’essentiel de la communauté française de la colonie britannique derrière les Alliés36. Face à cette Résistance embryonnaire, le baron Reginald d’Auxion de Ruffé (1878-1941), avocat et auteur, fonde le journal Extrême-Orient et devient un propagandiste zélé des forces de l’Axe jusqu’à son mystérieux assassinat de juin 1941. La haine tenace entre Bouvier et le Baron et les obscures relations du premier avec les Triades font de l’entrepreneur le plus idéal commanditaire de ce meurtre37. Les ambassadeurs français, Henri Cosme (1885-1952), puis de Margerie lui-même, restent, eux, des indéfectibles du régime de Vichy et vont jusqu’à purger le service de toute personne refusant de jurer une fidélité personnelle à Philippe Pétain.


La Chine aussi connaît un mouvement de scission collaborationniste similaire à la France au même moment. Le Japon avait longtemps appliqué au territoire chinois une pratique de division en créant des États-scions. D’abord le Mandchoukouo en 1931, puis un gouvernement collaborateur mongol, le Mengjiang en 1936, une autorité anticommuniste au Hebei oriental à la même époque, puis le gouvernement provisoire de la RdC de Wang Kemin que l’on a déjà mentionné, le gouvernement municipal de Shanghai puis le gouvernement réformé de la RdC, contrôlant la zone de Nanjing, sous la houlette de Liang Hongzhi (1886-1946). Cette stratégie ne porte cependant pas ses fruits. Seul le Mandchoukouo jouit d’une reconnaissance internationale limitée. Les autres fantoches existent dans un vide géopolitique, animés par des politiciens sur le retour, écartés par le KMT en 1926. Le Japon joue alors à plein pour essayer de faire venir des transfuges politiques du KMT. Tōkyō obtient finalement en 1939 la rupture entre Chiang Kai-shek et Wang Jingwei, partisan de la négociation. Réfugié en Indochine française, il est repêché par des émissaires nippons et amené à Nanjing où on lui propose de fonder un nouveau gouvernement chinois sous la protection du Japon. Le 30 mars 1940, Wang et ses camarades du Groupe de la Réorganisation (改組派) fondent le Gouvernement Réorganisé de la République de Chine qui aspire toutes les précédentes entités à l’exception du Mandchoukouo.


Wang Jingwei, francophile « Pétain chinois » à la tête du fantoche Gouvernement réorganisé de la République de Chine, Guangdong, 18 avril 1940. Domaine public, Wikimedia Commons.
Wang Jingwei, francophile « Pétain chinois » à la tête du fantoche Gouvernement réorganisé de la République de Chine, Guangdong, 18 avril 1940. Domaine public, Wikimedia Commons.

Chiang Kai-shek, qui se retrouve face à un véritable gouvernement rival, comprend que le risque d’abandon diplomatique est clair. La Chine nationaliste n’est effectivement pas membre des Alliés et les guerres en Europe et en Asie évoluent encore, pour les années 1940 et 1941, dans deux mondes différents. L’option d’abandonner les relations avec la France de Vichy, malgré les vexations multiples observées entre juin et octobre 1940, devient alors impossible. Malgré tout, Chiang Kai-shek est bien déterminé à faire pression sur Decoux afin de miner la collaboration franco-japonaise. Plusieurs incidents de frontière ont lieu au niveau du Tonkin entre octobre et décembre 1940, dans l’optique d’intimider Vichy38. Chiang essaie d’obtenir le déménagement de l’ambassadeur Cosme à Chongqing, l’ambassade étant restée jusque-là à Pékin, sous coupe nippone. Les Accords Darlan-Kato de juillet 1941, qui organisent une défense mutuelle nippo-indochinoise, provoquent l’ire de Chongqing. Chiang Kai-shek met en garde Decoux contre une éventuelle prise de contrôle totale de l’Indochine par le Japon mais refuse de franchir les limites qui verraient la rupture totale entre Vichy et Chongqing. En réalité, les deux gouvernements se trouvent dans une position de chantage mutuel : Chiang Kai-shek craint que Vichy ne reconnaisse le gouvernement de Wang Jingwei. Il agite donc en retour la menace d’une reconnaissance du général De Gaulle et d’une prise de contrôle des intérêts économiques français au Yunnan et au Sichuan. Pour renforcer sa position, Chiang accueille à Chongqing l’alpiniste Jean Escarra (1885-1955), représentant de la France Libre, pour faire pression sur Vichy39.


Ce difficile équilibre est démoli par l’attaque généralisée du Japon dans le Pacifique en décembre 1941 qui amène les États-Unis et les puissances alliées dans le conflit asiatique. L’isolement diplomatique de Chiang Kai-shek vole en éclats et les moyens de pression de Vichy s’amenuisent. Le gouvernement de Chongqing prend les autorités de Decoux par surprise en imposant un ultimatum : soit la France et la Chine signent un accord secret qui neutralise le Tonkin, soit les forces chinoises envahissent le nord de l’Indochine. Le coup de bluff n’aboutit à rien mais prouve deux choses : le niveau de tension entre les deux pays et, malgré cela, l’impossibilité pour Chongqing et Vichy de rompre40. Chiang fait, tout de même, de timides pas vers la reconnaissance du comité de la France Libre avec des accords ouvrant des contacts officieux le 22 janvier 1942. L’effet secondaire de cet accord est cependant surtout l’apparition d’une interface entre le personnel diplomatique de Vichy et les membres de la mission de la France Libre. Loin du regard de l’ambassadeur Cosme, devenu un afficionado du gouvernement de Nanjing, les Français de Chongqing débutent des échanges à bas bruit41. 


Au début de l’année 1943, le Japon et le gouvernement de Wang Jingwei déclarent l’abolition des concessions étrangères en Chine. Tōkyō avait saisi les concessions anglo-américaines en 1942 et décidé de les transférer à Nanjing. Chiang Kai-shek, qui planchait sur un traité similaire, obtient de Londres et de Washington, la signature d’un accord équivalent. L’État français se retrouve alors sous une pression conjointe, seul pays ayant maintenu son extraterritorialité en Chine.


Finalement, après de nombreuses tergiversations, Tōkyō obtient de l’armée allemande l’expulsion du personnel diplomatique chinois à Vichy le 28 janvier 1943, première étape du chemin final vers le réalignement de l’État français sur le gouvernement nankinois42. En février, l’occupation japonaise de Guangzhouwan est avalisée par Vichy qui, dans une déclaration du 23 février, liquide ses concessions. Pierre Laval (1883-1945) et l’ambassadeur Cosme sont à la manœuvre pour se rapprocher de Nanjing. Le 1er août, Chongqing prend l’initiative et rompt ses relations avec Vichy. Chiang Kai-shek a joué sa partition avec subtilité : il a conservé ses intérêts politiques et économiques jusqu’au moment de rupture, provoqué par Vichy, après que l’État français ait littéralement bradé ses avantages en Chine occupée. Il s’empare immédiatement du chemin de fer du Yunnan et des intérêts économiques français en Chine Libre qu’il n’a pas à rétrocéder à un Comité d’Alger dont il a simplement « noté » l’existence43.


La reconnaissance de la France Libre n’est cependant qu’une question de temps. De Gaulle a dépêché un nouveau représentant dès mai 1943 à Chongqing, le général Zinovi Pechkoff (1884-1966), un flamboyant légionnaire. Il accueille à bras ouverts le basculement de la mission vichyste de la ville, en rupture avec Cosme, représentée par le diplomate Jean Paul-Boncour et le militaire Jacques Guillermaz44. Un combat s’engage alors entre le gouverneur Decoux, vichyste désespéré à l’idée de maintenir langue avec Chongqing pour éviter une invasion de l’Indochine et Pechkoff, qui tente d’obtenir un alignement franc de Chiang Kai-shek derrière De Gaulle. La lenteur de cette décision peut se comprendre à l’aune des intérêts chinois en Indochine mais aussi à l’attentisme de Chongqing face à la lutte de pouvoir entre De Gaulle et Henri Giraud (1879-1949), soutenu jusqu’ici par les Américains. Effectivement, une mission giraudiste menée par le capitaine de corvette Meynier s’était installée au Guangxi en août 194345. Loin de collaborer, les deux groupes avaient obtenu des soutiens différenciés dans l’appareil d’État chinois. Pechkoff trouve l’aide du héros de guerre Zhang Fakui (1896-1980)46. Meynier, soutenu logistiquement par les Américains de la Sino-American Cooperative Organization (SACO), une officine de renseignement, est, lui, chaleureusement pris sous l’aile de Dai Li (1897-1946), l’ombrageux homme-lige de Chiang Kai-shek et du général américain Claire Lee Chennault (1893-1953). Le capitaine de corvette, de surcroît, entretient des liens avec les milieux indochinois et, avec ses hommes, tente en vain de retourner le gouverneur Decoux47. C’est René Massigli (1888-1988) qui finit par trancher en novembre 1943, à la faveur de la disgrâce de Giraud après l’Opération Vésuve, en nommant Pechkoff ambassadeur. Quelques mois plus tard, en avril 1944, Chongqing reconnaît définitivement Pechkoff comme délégué officiel du gouvernement provisoire français. Il présente ses lettres de créance le 1er mai dans une courte cérémonie48.


Le débarquement de Normandie et l’élimination progressive de Vichy permettent finalement à la France Libre et à la Chine Libre à placer leurs relations sous le signe de l’amitié. Les intérêts chinois et français sont suffisamment sécurisés pour pouvoir enfin voir le parallélisme de la situation entre la France et la Chine, jusque-là masqué par le difficile jeu d’équilibre sino-français. La libération de Paris est l’occasion pour Chiang de faire part d’une chaleureuse déclaration à l’attention de De Gaulle : « Pendant quatre ans, nous avons suivi avec une sympathie et une admiration profondes la bataille dans laquelle les Français se sont engagés sous votre brillante direction. La délivrance de votre vénérable capitale de l’occupation nazie, prélude à la libération complète de votre patrie, est la récompense bien méritée de vos nobles efforts. »49 Le 23 octobre, Chongqing reconnaît enfin officiellement le Gouvernement provisoire et, entre le 20 et le 24 novembre, les deux pays réouvrent leurs consulats après deux mois de négociation. Les intérêts économiques français sont revenus à l’avant-plan, Pechkoff ayant bien précisé que tous les accords signés par Vichy sont caducs et non avenus. Chiang Kai-shek, qui rencontre personnellement l’ambassadeur français, qu’il semble apprécier, opine du chef. De fait, la côte chinoise où les concessions se trouvent est encore loin d’être libérée et le Généralissime cherche à obtenir de nouveaux soutiens pour contrebalancer l’influence américaine. Chiang se répand en amabilités, confirme que la Chine n’a aucune prétention sur l’Indochine, exprime son souhait de rencontrer De Gaulle, à qui il offre une photo dédicacée. Pechkoff devient un habitué de l’entourage du chef nationaliste et notamment de la polyglotte Première Dame, Song Meiling (1898-2003)50.


Le Généralissime Chiang Kai-shek, dirigeant de la République de Chine, signant la Charte des Nations Unies, 24 août 1945. Domaine Public, Wikimedia Commons.
Le Généralissime Chiang Kai-shek, dirigeant de la République de Chine, signant la Charte des Nations Unies, 24 août 1945. Domaine Public, Wikimedia Commons.

La question indochinoise est cependant brûlante. La chute de Vichy et le déménagement de Pétain et de ses ouailles vers Sigmaringen créent un véritable vide politique pour Decoux : il n’est plus lié à l’État français ni n’a jamais été lié à De Gaulle. Le 31 août 1944, Decoux, Cosme et de Margerie font parvenir un télégramme à la France Libre, déclarant avoir tout fait pour maintenir, pendant quatre ans, les intérêts français en Asie et encourageant Paris à conserver une neutralité contre le Japon51. Le théâtre d’ombres indochinois reprend : Pechkoff reçoit des rapports inquiétants qui voient les résistants de la colonie travailler avec les Américains, profilant une occupation états-unienne du territoire. Decoux maintient la façade d’un régime de Vichy flottant pour essayer d’éviter une mainmise japonaise tout en ordonnant à ses hommes de se préparer à faciliter un débarquement allié. Les réseaux de résistance antijaponais et antifrançais, soit nationalistes, communistes ou pro-chinois, se développent à l’ombre des forêts tropicales de la péninsule52. Cet état de fait se poursuit jusqu’en mars 1945. Sur la défensive et inquiets d’une capitulation allemande, ils orchestrent un coup de force entre le 9 et le 10. Les forces françaises sont placées en détention, à l’exception d’une colonne, menée par le Général Marcel Alessandri (1895-1968), qui parvient à s’extraire et à rejoindre Kunming, au Yunnan.


La question indochinoise va rapidement devenir le centre névralgique des relations entre la France et la Chine alors que le monde s’extrait lourdement de la Seconde Guerre mondiale. Personne ne s’y attend encore, mais le régime nationaliste s’effondre par la suite en moins de cinq ans alors que la Guerre Froide s’amène. L’exil de Chiang Kai-shek et de ses hommes sur Taïwan va largement modifier l’équilibre des relations franco-chinoises, tiraillées désormais entre alignement idéologique dans le bloc occidental et intérêts politico-commerciaux français en Chine continentale.


Notes de bas de page


  1. Laignel Sauvage, « 1964 : la France reconnaît la République populaire de Chine » [en ligne], site de l’Institut National de l’Audiovisuel, 11 avril 2023 : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/reconnaissance-republique-populaire-chine-france.  

  2. Bensacq-Tixier Nicole, La France en Chine de Sun Yat-sen à Mao Zedong 1918-1953, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014, pp. 21-88.

  3. Joseph Joffre est, par ailleurs, un vétéran de la campagne de Taïwan et des Pescadores de 1884.

  4. Révolutionnaire républicain pro-actif dans le dernier quart du XIXe siècle, il organise la Ligue Jurée (Tongmenghui) qui lutte contre les Mandchous. Il organise plusieurs soulèvements ratés avant de mettre ses forces derrière la révolte de Wuchang qui débouche sur l’effondrement de l’Empire. Premier Président de la République de Chine.

  5. Bensacq-Tixier Nicole, op. cit, pp. 21-88. 

  6. Chiang Kai-shek et Wang Jingwei sont tous deux des disciples de Sun Yat-sen de longue date. Ils représentent respectivement les factions centriste et gauchiste du KMT et viennent d’éliminer la faction droitiste menée par Hu Hanmin. Ce dernier défend une révolution nationaliste « de droite » fondée sur l’exemple du kémalisme turc et insiste sur une position anticommuniste. La gauche du parti, menée par Wang, insiste sur une réforme sociale et économique majeure du pays et une collaboration extensive avec l’URSS. Chiang, au centre, insiste sur la primauté du fait militaire sur le politique et joue un jeu d’équilibriste entre la droite et la gauche.

  7. Paulès Xavier, La République de Chine, Paris, Les Belles Lettres, 2019.

  8. Chiang Kai-shek a passé les années 1913-1920 à lever des fonds à destination du KMT par des moyens extra-légaux à Shanghai.

  9. La ville est renommée Beiping (北平, Běipíng ou “La paix du Nord”) par le KMT qui lui fait perdre son statut de capitale en s’installant à Nankin (南京, Nánjīng ou “La Capitale du Sud”). Elle ne retrouve son nom de Pékin, (北京, Běijīng ou “Capitale du nord”) qu’à la prise de pouvoir du PCC. Les français produisent l’orthographe “Peiping” pour désigner l’ancienne capitale impériale. Ce vocable est conservé pendant des années par le gouvernement de Chiang Kai-shek en exil à Taïwan.

  10. Bensacq-Tixier Nicole, op. cit, pp. 21-88. 

  11. 百年傳承走出活路 : 中華民國外交史料特展 (Bai nian chuan cheng zou chu huo lu : Zhonghua Minguo wai jiao shi liao te zhan ), [Un siècle de tradition de résilience : Exposition des archives diplomatiques de la République de Chine], Taipei, Maison d’édition du Musée du Palais, 2011, pp. 144-145.

  12. Le tridémisme se rapporte aux Trois Principes du Peuple de Sun Yat-sen : Démocratie, Nationalisme et Bien-être (ou Socialisme selon les traductions).

  13. Joyaux François, Nouvelle histoire de l’Indochine française, Paris, Perrin, 2022, pp. 232-249.

  14. Binoche Jacques, « La politique extrême-orientale française et les relations franco-japonaises de 1919 à 1939 », Outre-Mers. Revue d’histoire, N° 284-285 (1989), pp. 263-275. 

  15. Blanchard de la Brosse Paul, « Les derniers accords franco-chinois », L’Asie Française, N° 331 (juin-juillet 1935), pp. 171-177.  

  16. Immortalisés par ailleurs dans Tintin et le Lotus Bleu

  17. Bensacq-Tixier Nicole, op. cit, pp. 21-88. 

  18. Pour plus de détails: Yang Zhiyi, « A Humanist in Wartime France: Wang Jingwei during the First World War », Poetica, Vol. 49, No. 1/2 (2017/2018), pp. 163-192. 

  19. « Intelligence Report No. 7283: Islands of the South China Sea », Washington D.C., CREST, 20 juillet 1971, numéro de collection digitale: CIA-RDP08C01297R000300180019-2.

  20. Miyashita Yuichiro, « Jean Monnet et l’Asie (1933-1940) », in Bossuat Gérard (dir.), Jean Monnet, banquier, 1914-1945 : Intérêts privés et intérêt général, Paris, Institut de la gestion publique et du développement économique, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 2014, pp. 19-42.  

  21. Mercier Fabienne, Vichy face à Chiang Kai-shek : Histoire diplomatique, Paris, Perspectives Asiatiques, 1995.

  22. Guillermaz Jacques, Une vie pour la Chine : Mémoires 1937-1989, Paris, Robert Laffont, 1989, pp. 47-50.

  23. Futur chef des forces américaines et chinoises en Birmanie, Stillwell est connu pour son caractère orageux. Il s’entendra très mal avec Chiang Kai-shek.

  24. Guillermaz Jacques, op. cit., pp. 62-66.

  25. Barthel Alexandre, « ‘Bad luck for the Chinese’: France and the Transit of War Materiel to China During the Sino-Japanese War (1937-1939) », Manusya: Journal of Humanities, Vol. 25, No. 1 (Juin 2022), pp. 1-18. 

  26. Barthel Alexandre, op. cit. 

  27. Joyaux François, op. cit., pp. 256-259.

  28. Barthel Alexandre, op. cit. 

  29. Le francophile Wang n’a pas cru en la possibilité d’une victoire dans la guerre au Japon et, après l’échec de sa ligne de conciliation, a décidé de fuir vers l’Indochine française.

  30. Mercier Fabienne, op. cit. 

  31. Ibid.

  32. Jennings Eric, Vichy sous les tropiques : La Révolution nationale à Madagascar, en Guadeloupe, en Indochine, 1940-1944, Paris, Grasset, 2004.

  33. Guillermaz Jacques, op. cit., pp. 68-70.

  34. Wasserstein Bernard, Secret War in Shanghai: Treachery, subversion and collaboration in the Second World War, New York, Tauris Parke Paperbacks, 1998, pp. 75-79.

  35. Félix Bouvier a eu le temps de voir son empire économique s’effondrer à Shanghai avec l’arrivée au pouvoir des communistes chinois en 1949. En 1952, il vivait à Monaco. La date de sa disparition est inconnue.

  36. Drémeaux François, « Les Français Libres à Hong Kong, identités en conflit(s) », in Faucher Charlotte, Humbert Laure, Piketty Guillaume et Vaisset Thomas (dir.), Françaises et Français Libres : Une identité née de la pluralité, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2024, pp. 69-84. 

  37. Wasserstein Bernard, op. cit. 

  38. Mercier Fabienne, op. cit., pp. 104-111.

  39. Ibid., pp. 125-131.

  40. Mercier Fabienne, op. cit., pp. 154-156.

  41. Guillermaz Jacques, op. cit., pp. 105-107.

  42. Mercier Fabienne, op. cit., pp. 192-199.

  43. Guillermaz Jacques, op. cit., p. 113.

  44. Ibid., pp. 112-117.

  45. Bensacq-Tixier Nicole, op. cit., pp. 425-452.

  46. De Sairigné Guillemette, Pechkoff, le manchot magnifique, Paris, Texto, 2019, p. 526.

  47. Bensacq-Tixier Nicole, op. cit., pp. 425-452.

  48. De Sairigné Guillemette, op. cit., pp. 521-531.

  49. Ibid., p. 532.

  50. Ibid., pp. 532-534.

  51. Mercier Fabienne, p. 319.

  52. Joyaux François, pp. 290-293.

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