OTAN : Washington cède, mais choisit ses alliés Européens
- cirmafrance
- 11 févr.
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Au sein de l'OTAN, trois commandements de forces interarmées, Naples en Italie, Brunssum aux Pays-Bas et Norfolk aux États-Unis, sont chargés de planifier les opérations. La France n’apparaît pas directement dans la nouvelle répartition des trois commandements de forces interarmées et ce silence mérite d’être expliqué.

Le 6 février 2026, les Alliés ont acté une évolution dans la répartition des responsabilités au sein de la structure de commandement intégrée de l’OTAN. Cette décision traduit une transformation progressive de l’équilibre interne de l’Alliance, dans un contexte marqué par le retour de la guerre de haute intensité en Europe, l’élargissement récent de l’Organisation et la pression américaine en faveur d’un partage plus équitable du fardeau stratégique.
Ainsi, Le Royaume-Uni et l’Italie prendront le relais des États-Unis à la tête, respectivement, du Commandement allié de forces interarmées de Norfolk et du Commandement allié de forces interarmées de Naples. L’Allemagne et la Pologne assumeront à tour de rôle la direction du Commandement allié de forces interarmées de Brunssum. Les États-Unis vont prendre la tête du Commandement maritime allié et conserveront la direction du Commandement terrestre allié et du Commandement aérien allié. Ils dirigeront donc les trois commandements de composante de théâtre.
Et la France ? Qui pourtant est le 4ème contributeur aux budgets militaires et civil (quote-part de 10,19%) de l’OTAN, après les États-Unis et l’Allemagne (15,88%), le Royaume-Uni (10,96%) et devant l’Italie (8,53%). Qui, pourtant, vient de lancer l'exercice militaire Orion26, déclenché le 8 février dernier, visant à s'assurer que les chaînes de transmission et de logistique fonctionnent, de même que l'interopérabilité avec les forces armées des alliés de l'Otan. Résultat d'une volonté politique d'autonomie stratégique ? Ou décision politique américaine ?
La relative absence française dans cette nouvelle distribution s’explique aussi par un facteur doctrinal. Depuis plusieurs décennies, Paris défend une vision d’autonomie stratégique européenne, qui se veut complémentaire mais non subordonnée à l’OTAN. Cette posture suscite un respect certain, mais aussi une forme de prudence chez plusieurs alliés, notamment en Europe centrale et orientale, qui perçoivent la garantie américaine comme l’ultime assurance sécuritaire face à la Russie. En confiant des responsabilités accrues au Royaume-Uni, à l’Italie, à l’Allemagne ou à la Pologne, Washington privilégie des États dont l’ancrage atlantiste est perçu comme plus stable, politiquement.



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