Sommet Africa Forward : Paris et Nairobi comme nouveau laboratoire des partenariats pour l’innovation et la croissance
- Le Paraphe
- 22 avr.
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Le sommet Africa Forward, qui se tiendra à Nairobi les 11 et 12 mai prochains, marque une rupture historique en étant le premier événement de cette envergure co-présidé par la France et une puissance anglophone africaine. Dix ans après le discours de Ouagadougou, Paris tente de sceller une alliance de nouvelle génération pour contrer les influences prédatrices et les logiques de blocs sur le continent.

Cette rencontre fait suite aux engagements pris lors du Sommet sur le financement des économies africaines de 2021, du Pacte financier mondial de 2023 et, plus récemment, du sommet Union africaine-Union européenne de Luanda en novembre 2025.
Cette succession de rendez-vous témoigne d'une volonté persistante de réformer l'architecture financière internationale et de répondre aux critiques sur l'asymétrie des relations passées. Le choix de Nairobi symbolise le pivot de la France vers l'Afrique de l'Est, une région dynamique où les intérêts économiques et sécuritaires se multiplient loin des zones d'influence traditionnelles.
La France cherche à légitimer une présence renouvelée en se présentant comme un partenaire utile et non hégémonique, tout en préparant le terrain pour le sommet du G7 d'Evian en juin 2026. Le Kenya, sous l'impulsion de sa présidence, ambitionne de consolider son rôle de hub continental pour l'innovation et de porte-parole des économies émergentes. Les chefs d'État africains présents naviguent entre le besoin de financements massifs pour leur développement et la nécessité politique de réaffirmer une souveraineté nationale face aux nouveaux impérialismes. Enfin, les acteurs du secteur privé et les diasporas agissent comme le moteur de la journée Inspire and Connect, visant à transformer les discours diplomatiques en contrats concrets dans le numérique ou l'énergie.
Sur le plan géopolitique, Africa Forward vise à promouvoir une gouvernance mondiale plus inclusive en refusant l'alignement systématique sur les grands blocs mondiaux. En co-organisant cet événement avec le Kenya, la France tente de démontrer que son approche est compatible avec les aspirations de pays n'ayant pas de lien historique direct avec elle. Cette stratégie de coopération horizontale cherche à stabiliser la région en soutenant les médiations portées par l'Union Africaine dans les zones de conflit. Les conclusions de Nairobi serviront de base de travail pour le G7, permettant d'intégrer les priorités africaines dans l'agenda des puissances les plus industrialisées.



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