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Sécuriser les chaînes de valeur : la stratégie française au cœur de la présidence du G7

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 8 mars
  • 3 min de lecture

Dans un contexte international marqué par la fragmentation économique et les tensions géopolitiques, la France cherche à faire de la sécurisation des chaînes de production et de valeur* l’un des axes majeurs de sa présidence du G7.


Les crises, multiples, qui traversent le monde et la recherche croissante de captation de tout type de ressources, embrasent une partie de la scène internationale. Des minéraux critiques à l'agriculture, la recherche d'une sécurisation de ces chaînes de valeur est un programme que la France soutien, au G7 et dans les instances internationales. En effet, l’objectif est d'abord d'assurer un dialogue entre grandes puissances économiques capable d’anticiper les déséquilibres du commerce mondial et de coordonner les réponses face aux crises. Au-delà des membres du G7, Paris souhaite également ouvrir la réflexion à d’autres partenaires internationaux afin de renforcer la stabilité du système économique global.



Pour atteindre cet objectif, l’État français s’appuie sur une architecture administrative et diplomatique globale. D'abord, au sein du forum G7, qui fait de cette question un enjeu stratégique. Ainsi, la Direction générale du Trésor pilote les travaux de la filière Finances en lien avec la Banque de France, tout en co-pilotant la filière Commerce avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Cette organisation vise à articuler les dimensions financières et commerciales d’un même enjeu, à savoir, renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement face aux crises politiques, aux conflits armés ou aux ruptures logistiques.


Une première étape de cette stratégie a été franchie le 23 février 2026, lors de la première réunion ministérielle de la filière Commerce organisée dans le cadre de la présidence française. Cette rencontre a réuni le ministre français chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, ses homologues d’Allemagne, du Canada, des États-Unis, d’Italie, du Japon et du Royaume-Uni, ainsi que le commissaire européen au Commerce. Les discussions ont porté sur deux priorités principales, d'une part, renforcer la résilience des chaînes de valeur internationales, d'autre part, moderniser le système commercial multilatéral afin de le rendre plus stable et plus prévisible.



Mais, la question dépasse le seul cadre du Forum et la France plaide à l'international. Pour la diplomatie française, la compétition mondiale pour l’accès aux ressources et aux infrastructures logistiques,  très complexe face aux Etats-Unis, constitue désormais un facteur direct de tensions internationales. C'est pourquoi, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le représentant permanent adjoint de la France, Jay Dharmadhikari, a récemment rappelé que la rivalité pour le contrôle des ressources stratégiques pouvait alimenter conflits et instabilité. Cette intervention intervient dans la continuité des discussions menées quelques mois plus tôt lors d’une réunion en format Arria consacrée aux liens entre ressources naturelles, sécurité et gouvernance internationale.



En cherchant à renforcer leur résilience, la France, les pays du G7, tentent de limiter leur dépendance à des circuits vulnérables ou politiquement sensibles, tout en réduisant les risques de ruptures d’approvisionnement dans des secteurs clés tels que l’énergie, les matières premières ou les technologies critiques. Mais la compétition et la coopération s'annoncent très difficile, alors que les Etats-Unis et l'administration Trump tente déjà de contrôler les chaînes d'approvisionnement de terre-rares (Pax Silica),. La prédation des grandes puissances se fait dors-et-déjà ressentir sur la scène internationale.


La démarche française vise donc à inscrire la question commerciale dans une réflexion plus large sur la stabilité internationale. En plaçant les chaînes de valeur au centre de l’agenda du G7 et en liant cette problématique aux débats menés à l’ONU, Paris cherche à faire reconnaître que la sécurité économique est désormais indissociable de la sécurité internationale. Dans un monde marqué par la concurrence stratégique et la multiplication des crises, la maîtrise des flux commerciaux et des ressources devient un levier central de puissance et de stabilité.


*La Chaîne de valeur désigne l’ensemble des étapes nécessaires à la production d’un bien ou d’un service, de sa conception jusqu’à sa distribution. Elle peut être interne à une entreprise ou externalisée auprès de fournisseurs et de sous-traitants.

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