Africa CEO Forum : le « Plafond de Verre » du Capital-Croissance pour l'Entrepreneuriat Féminin Africain
- Le Paraphe
- 14 mai
- 2 min de lecture
La question de l'inclusion des femmes dans le tissu socio-économique, objectif clairement affiché par les Objectifs de Développement Durable fixé par l'ONU, est au coeur d'une des conférences d'Africa CEO Forum.

Les événements traiatant de cette thématique, à Africa Forward (11-12 mai) avaient mis en lumière ce paradoxe d'un entrepreneuriat féminin africain numériquement puissant mais structurellement bridé. Si le continent affiche le plus haut taux mondial de femmes entrepreneures, seules 25 % d'entre elles atteignent le statut d'employeur, la majorité restant cantonnée à l'informel et à la sécurisation des revenus familiaux.
« L’Afrique est probablement le continent où il y a le plus de femmes qui entreprennent », Khady Koné Dicoh, senior associée chez Amethis, dans une interview pour BigMedia
Malgré des taux de réussite comparables à ceux des hommes lors des demandes de crédit, les femmes sollicitent deux fois moins de financements bancaires et restent cantonnées à des levées de fonds médianes de 500 000 dollars, contre près de 10 millions pour leurs homologues masculins. Ce déficit d'allocation du capital entraîne une perte de productivité annuelle estimée à 95 milliards de dollars pour l'économie de l'Afrique subsaharienne.
Factuellement, l'écosystème empêche à l'entrepreneuriat féminin d'éclore. Ce paradigme a évolué avec l'émergence d'une nouvelle génération de femmes leaders dans la tech, l'agrobusiness et l'industrie, mais les structures de financement n'ont pas suivi cette mutation. La situation actuelle cristallise une transition inachevée, alors que les barrières juridiques tombent sous l'impulsion des réformes de l'Union Africaine, les barrières psychologiques et structurelles persistent.
L'enjeu du capital-croissance (NDLR : Financement ou investissement fourni à une entreprise dans le but principal de soutenir ses initiatives d'expansion et de croissance) mobilise des acteurs dont les intérêts convergent vers la performance, mais divergent sur la gestion du risque.
L'enjeu des échanges et des conférences de Kigali, va être d'inverser la tendance et de permettre une meilleur inclusion des femmes dans l'entrepreneuriat. La transformation de cette vision, en réalité économique et politique, passe par une mutation technique. Si l'Afrique parvient à briser ce circuit fermé en 2026, elle débloquera un moteur de croissance interne capable de rivaliser avec les flux de capitaux étrangers les plus volatils. Le passage de l'intuition à la donnée standardisée est le dernier verrou à faire sauter pour que le capitalisme africain soit réellement souverain et paritaire.



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