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Africa CEO Forum à Kigali : la question de l'émergence du Capitalisme Africain partagé

  • Le Paraphe
  • 14 mai
  • 2 min de lecture

L’ouverture de l’Africa CEO Forum 2026 à Kigali marque un tournant doctrinal avec le lancement du concept de « capitalisme africain partagé ». Face à la fragmentation du commerce mondial et à la raréfaction de l'aide publique au développement, les décideurs présents ont acté la nécessité de passer d'une économie de taille à une économie d'échelle.



L'africapitalisme est doctrine économique est fondée sur l'influence du secteur privé et de l'entrepreneuriat africain. Tony Elumelu, entrepreneur nigérian, a qui revient ce concept, s'inspire d'un libéralisme national et veut donner une priorité aux stratégies d'investissements à long terme qui seraient profitables à l'Afrique. (NDLR : En 2010, le milliardaire fonde la fondation Tony Elumelu, dont le but est de soutenir des jeunes entrepreneurs africains).


Depuis, ce projet d'africapitalisme (NDLR : Les effets à long terme de l'africapitalisme ne peuvent pas être observés puisque le phénomène est récent et que les données ne sont pas encore recueillies) a rencontré de nombreux obstacles. Dès le début des années 2020, l'Afrique subit de plein fouet le recul des flux d'aide publique au développement, détournés par les urgences géopolitiques en Europe et au Proche-Orient. Si la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) a posé les bases juridiques de l'intégration, elle se heurte encore au manque de infrastructures physiques et financières. Le moment est donc à la « souveraineté par l'investissement », notamment après avoir cherché des capitaux extérieurs pendant des décennies, le continent tente de structurer son propre capital pour répondre à l'impératif de résilience face à la volatilité des marchés globaux.


L'événement de Kigali, suivant le sommet Africa Forward, formalise cette rupture, où l'Afrique ne se voit plus comme une périphérie du système financier mondial, mais comme un pôle de puissance en devenir qui doit forger ses propres outils de défense.


Les conférences qui se tiennent à Kigali soulignent également que le capitalisme africain de 2026 doit être hybride, à savoir, être capable de financer des projets d'infrastructures massifs, souvent non rentables à court terme mais vitaux pour l'industrie du long terme. Cependant, l'obstacle majeur demeure la fragmentation politique. Pour que le capital circule réellement de Lagos à Nairobi ou de Johannesburg à Casablanca, les États devront accepter de céder une part de leur contrôle national au profit d'une gouvernance économique régionale, voire continentale. Le défi est donc moins financier que politique pour transformer une vision de solidarité économique en des mécanismes techniques de gestion de capital partagé.

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